Ch 6 : Royaume Uni, les petites prostituées blanches de Bradford

Au Royaume Uni, le problème des viols collectifs commis par des groupes de jeunes issus de l'immigration se posent depuis plusieurs années. Un des premiers incidents de ce type à avoir été documenté dans les médias anglais remonte à l'année 1997. Cette année là, Alexandra Sablatig, une touriste autrichienne en visite à Londres avait été attirée dans une ruelle par huit adolescents d'origine philippaine, antillaise, colombienne et chypriote. Les adolescents l'avaient contraint à se déshabiller puis avaient commencé à la violer aux cris de «Nique la pute blanche!». Pendant le procès de ses agresseurs, elle avait fait le récit de son calvaire.

«J'étais terrifiée, j'ai réalisé ce qui allait arriver. J'ai essayer de trouver une façon de m'en tirer mais c'était sans espoir. Ils m'ont frappé avec leurs pieds et leurs poings, plus d'une personne m'a donné des coups de pieds et plus du personne m'a frappé à la tête et sur le corps. Aucun n'a essayé d'arrêter les autres. »
« Quatre me tenaient à terre et les autres baissaient leurs pantalons »
« Chaque garçon m'a violé plusieurs fois, l'un après l'autre. Aucun ne m'a témoigné de sympathie et de sentiment. Je me fatiguais, je ne pouvais plus lutter.»

Au bout d'une heure, ils lui demandent si elle sait nager :

«J'ai dit non – parce que j'espérais qu'ils me jetteraient à l'eau. Ils m'ont encore violé un peu et ils m'ont poussé vers l'eau. Ils continuaient à me violer. J'avais dit que je ne savais pas nager – ils m'ont pousséà l'eau.»

Le cas d'Alexandra Sablatnig n'est pas atypique.

En 2004, Scotland Yard a tiré la sonnette d'alarme après avoir constaté, depuis 2001, une augmentation du nombre de viols collectifs commis par des adolescents dans les secteurs urbains de Grande Bretagne fortement peuplés par les minorités ethniques. A londres, où Scotland Yard a recensé un viol collectif par jour en 2003, une étude menée par ses services pendant 5 mois montrait que 49 % des suspects identifiés étaient des Noirs et que 13 % étaient d'origine indo-pakistanaise. 59 % des victimes étaient de race blanche, et 28 % d'origine afro-antillaise. 70 % de ces victimes avaient été attaquées en extérieur, 75 % avaient moins de trente ans et la moitié avaient moins de 21 ans. Plus de la moitié des agressions impliquaient trois violeurs ou plus.

A la même époque s'est déroulée, à Bradford, une affaire de proxénétisme à grande échelle caractérisée par sa dimension ethnique.

Fin février 2005, Shabir Ahmed, un garagiste de 32 ans, père de trois enfants, a été condamné à deux ans et demi de prison pour avoir violée une pré-adolescente de treize ans. L'homme avait repéré sa victime vers neuf heures du soir à Sunny Mount, dans Keighley, une petite ville des environs de Bradford et l'avait invité à monter dans sa voiture. La gamine, vulnérable, avait obtempéré. Il lui avait fait boire de la Vodka et du Coca-Cola jusqu'à ce qu'elle perde connaissance. Il l'avait alors dévêtue et violée, avant de s'en débarrasser. La petite était revenue chez elle à moitié déshabillée, en état de choc, le corps couverts de suçons. Des tests génétiques ont permis à la police de retrouver Ahmed, qui avait déjà été condamné en février 2004 pour avoir agressé une prostituée.

Shabir Ahmed n'est pas un cas isolé. Il a été arrêté dans le cadre de l'opération "parsonage", une cellule de police chargée d'enquêter sur un type de criminalité qui sévit à Bradford depuis plusieurs années : des hommes originaires du sous-continent indien ciblent spécifiquement des pré-adolescentes et des adolescentes blanches pour en faire - par la séduction, par la coercition, par la dépendance aux drogues - des prostituées. Cette forme de délinquance s'appelle, en anglais, le "Grooming".

"Toni" (son nom a été changé par les journalistes de This Is Bradford), une jeune femme de 23 ans qui est parvenue à sortir de ce type de prostitution avec l'aide des service sociaux de Bradford, a témoigné dans la presse locale du quotidien tragique des jeunes prostituées blanches tombées entre les griffes des proxénètes immigrés. Un cauchemar qui, pour elle, a commencé lorsqu'elle avait 14 ans et qu'elle se trouvait dans une situation précaire qui la rendait vulnérable.

"Beaucoup de gamines pensent que ça va être comme dans le film Pretty Woman. Lorsqu'elles découvrent que ce n'est pas le cas, c'est trop tard et elles sont accros aux drogues ou tenues par un maquereau ...

"J'avais été mise à la porte par mes parents quand j'ai rencontré mon petit ami par le biais de connaissances. Il m'a promis que j'aurais tout, une maison, de belles choses, et je l'ai cru. Je vivais avec lui depuis quatre ou cinq mois, c'est alors qu'il m'a demandé de le faire.

C'était mon premier amour, et il disait que si je l'aimais, j'irais faire le trottoir. Le premier micheton était affreux mais c'était un boulot et on s'habitue.

J'étais un bébé, j'avais la poitrine plate, mais on considère les nouvelles filles comme de la viande fraîche, au moins les deux premiers mois, alors je ramassais pas mal, peut être de 150 € à 350 € par nuit.

Au début, on touche un peu de cet argent, pas tout, puis mon petit ami a commencé à en prendre de plus en plus.

Il fumait de l'héroïne alors la plus grande partie de l'argent lui revenait, puis j'ai commencé à en fumer aussi. Je ne pensais pas que je pourrais faire face sans lui ...
Si une jeune prostituée est dépendante des drogues, certaines vont travailler à leur compte parce qu'elles ont besoin de tout leur argent pour la drogue. Mais si c'est une gamine, il y a neuf chance sur dix pour qu'elle ait un souteneur. Je sais par expérience que si elles disent qu'elles n'en ont pas, elles mentent."

Dans certaines rues de Bradford, comme à Monk Street, Hey Street et Blythe Street, les commerçants sont témoins quotidiennement du manège des prostituées adolescentes. En 2001, un directeur d'entreprise du secteur le décrivait aux journalistes:

"Ces filles, et je dis bien des filles, arrivent en taxi ou en voiture vers 15h45 ou 16 heure et elles attendent au coin des rues jusqu'à ce qu'on les ramasse.

Je dirais que certaines ont moins de 14 ans, peut être à partir de 13 ans. ce ne sont que des bébés. Je ne sais pas si elles quittent l'école ou si c'est pour les vacances d'été. Ça a été particulièrement terrible pendant l'été."

Ginny Wilkinson, la directrice d'une association d'aide à l'enfance, le Children Charity's Barnados Streets and Lanes project, confirmait ce témoignage :

"Ces douze derniers mois, on nous a envoyé des filles d'à peine 13 ans qui sont prises dans ce processus d'abus par le biais de la prostitution dans le quartier chaud de Bradford."

Le Grooming des jeunes blanches de Bradford est particulièrement sordide. "Toni" était régulièrement battue par son "petit ami" qui la brûlait avec des cigarettes. Certaines sont confinées dans des appartements où elles sont régulièrement violées, d'autres, pour les rendre plus malléables, sont droguées avec du GBH, une drogue qui rend la victime amnésique et annihile sa volonté. Souvent, les passes n'ont même pas lieu dans un hôtel. En suivant une prostituée, un agent de la brigade des moeurs à découvert dans un terrain vague un baisodromme installé dans un épais bosquet. Des petits sentiers jonchés de préservatifs usagés et d'emballages menaient à un lit de fortune, crasseux, où les petites prostituées recevaient les clients.

Les parents sont souvent sans ressources face à l'emprise physique, morale et psychique qu'exercent les souteneurs sur leurs filles et voient leurs enfants lentement détruites sous leurs yeux. Une mère affirme que sa fille, âgée de treize ans, a déjà eu plus d'une centaine de rapports sexuels avec au moins 56 personnes différentes. Pourtant la loi anglaise ne permet pas d'intervenir tant que la jeune victime se déclare consentante: les services de police ont donc le plus grand mal à obtenir que les jeunes femmes, souvent en état de dépendance affective et manipulées, déposent plainte.

En 2003, les familles, désespérées, ont pu rencontrer le ministre de l'intérieur, David Blunkett pour lui demander d'agir, mais elles ont surtout trouvé de l'aide en la personne d'Ann Cryer, une députée du Labour Party [l'équivalent du parti socialiste]. Ann Cryer a frappé aux portes de la police et des représentants des communautés originaires du sous continent indien. Sans succès.

Alors la courageuse élue n'a pas hésité à prendre publiquement fait et cause pour les jeunes filles et leurs familles, affirmant que ses services possédaient une liste comprenant les noms de 60 hommes. Elle signalait aussi avec franchise la spécificité du problème de la prostitution adolescente à Bradford : que des hommes originaires du sous-continent indien s'attaquaient à des pré-adolescentes et des adolescentes blanches.

"Ces jeunes hommes sont pris entre deux cultures," explique-t-elle en parlant des souteneurs, "Ils sont élevés dans une société occidentale et voient leurs pairs entretenir des relations avec de jeunes femmes. beaucoup se voient promis des épouses, généralement une cousine, dans le cadre d'un mariage arrangé."

Les services de la député expliquent que s'ils veulent des rapports sexuels informels, ces hommes doivent chercher à l'extérieur de leur propre culture et trouvent qu'il est facile de s'en prendre à de jeunes blanches, en les séduisant avec des cadeaux, des voitures et de l'argent. Pour Madame Cryer, les crimes dont font l'objet les adolescentes ne sont pas signalés parce que les jeunes filles considèrent les hommes originaires du sous continent indien comme leurs petits amis dont elles sont "éperdument amoureuses" ou parce qu'elles craignent des représailles.

Les affirmations d'Ann Cryer ont, bien sur, immédiatement provoqué une levée de bouclier car si nul ne nie la réalité de la prostitution adolescente à Bradford, la mention de sa dimension raciale dérange beaucoup de monde.

Se positionnant dans le registre de la victimisation, Khadim Hussain, le directeur du centre Sangat de Keighley, déclare qu'il ' "pense que les propos d'Ann Cryer insinuent que tous les membres de la communauté Mirpuri sont responsables". Des propos de mauvaise fois, car Ann Cryer n'a pas manqué de signaler que la majorité de la communauté du sous-continent indien, respectueuse de la loi, serait horrifiée de savoir que certains de ses membres visent de jeunes Blanches pour en faire des prostituées.

Hussain, un islamiste affilié à l'association piétiste "Jamigat Tabligh Ul Islam" qui anime une école coranique à Manningham, poursuit en noyant le poisson dans l'eau: "Il y a des exemples d'attaques commises par des asiatiques contre des asiatiques ou par des Blancs contre des Blancs. N'oublions pas que ces jeunes gens sont des immigrés de seconde ou troisième génération -- ce sont des britanniques, la culture dans laquelle ils sont immergés est la culture occidentale s'il en est une. Le problème est social et aucune société civilisée ne devrait tolérer un tel comportement. C'est un non-sens absolu de suggérer que c'est un problème culturel, cela vient de problèmes sociaux."

Khadim Hussain n'est pas le seul que les affirmations d'Ann Cryer dérangent et qui semble se soucier d'avantage des états d'âmes des communautés immigrées que du sort des petites anglaises de Bradford.

En Mai 2004, Channel 4, une chaîne de télévision britannique projetait de diffuser un reportage sur le phénomène du Grooming racial à Bradford dans le cadre de son émission "Edge of the City". L'annonce a aussitôt déclenché une tempête médiatique à l'échelle nationale. Des journaux et des éditorialistes qui n'avaient jamais évoqué le problème du "grooming" - et ne l'on plus fait depuis - ont accusé Channel 4 de faire le jeu du British National Party à quelques semaines des élections locales et européennes qui se tenaient cette année là. Colin Cramphorn, le chef de la police locale, craignant que les jeunes immigrés ne se livrent à des émeutes raciales, comme en 2001, n'a pas hésité à faire pression sur les dirigeants de la chaîne pour qu'ils déprogramment le reportage.

Devant la polémique qui faisait rage dans les médias et suite aux pressions de toutes natures, à la fin du moi de mai, les dirigeants de la chaîne décidaient de céder, tout en affirmant que le reportage ne serait pas censuré. Il a été diffusé quatre mois plus tard, au milieu du mois d'août 2004, lorsque la plupart des anglais étaient en vacances et qu'il y avait donc peu de chances pour qu'il soit vu...

Aujourd'hui, l'opération Parsonage, qui a mis à jour au moyen de logiciels sophistiqués le réseau d'individus impliqués dans le grooming des adolescentes blanches, est arrivée à son terme. Elle a permis qu'une dizaine de personnes -neuf hommes et une femme- fassent l'objet de poursuites judiciaires pour viol, agressions sexuelles et intimidations de témoins. D'autres affaires sont en cours et les enquêteurs doivent poursuivre leur travail.

Des familles de Bradford ont créé F.A.C.E. (Families Against Child Exploitation in Keighley) un groupe de soutien pour les parents et les victimes du grooming racial. Elles réclament la mise en place de refuges secrets pour les adolescentes qui tentent de se soustraire à l'emprise de ceux qui les poussent à la prostitution.

En Mars 2004, La porte-parole de FACE a lancé un appel dans la presse:

"Votre vie est-elle affectée par le fait que votre fille ou une proche est tombé dans les griffes de bandes d'hommes originaires du sous-continent indien à des fins de rapports sexuels avec des mineurs?
Si c'est le cas, ne croyez pas que vous soyez isolé et la seule personne à qui cela arrive...
Le problème n'est pas le seul dans notre ville -- il dure depuis des années -- mais la situation empire.
Ne laissez pas cela arriver à vos filles; ne laissez pas cela vous arriver."

Les familles de Bradford, en effet, ne sont pas les seules dont les filles soient victime de Grooming. On estime aujourd'hui que cette pratique s'est généralisée à toutes les villes où sont implantées des communautés indo-pakistanaises. Ce sont actuellement des centaines d'adolescentes anglaises qui en seraient victimes. Et comme à Bradford, Les autres familles britanniques ont les plus grandes difficultés à se faire entendre.

Depuis le début de la décennie, l'Angleterre a été secouée successivement par les émeutes raciales d'Oldham, puis de Bradford. A celles-ci ont succédé l'agitation islamiste qui s'est traduite de façon sanglante par les attentats de Londres. Depuis, les autorités britannique vivent dans la crainte d'une population musulmane prompt à la violence, sur laquelle elles n'ont aucune prise et qui ne leur reconnait aucune légitimité. C'est le soucis de ménager les susceptibilités de la population indo-pakistaniase qui avait poussé Colin Cramphorn à exiger que Channel 4 ne diffuse pas son documentaire sur le Grooming.

De son côté, le gouvernement travailliste choie les musulmans pakistanais et les autres minorités ethniques dans l'espoir d'acheter leur tranquilité et de calmer leurs esprits. Le labour Party a donc mis en place une politique raciale officieuse dont le but, la promotion de la diversité, est en réalité de privilégier les interêts des minorités ethniques, quitte à ce que ce soit au détriment des Britanniques.

Symbole de cette politique, la ville de Corby : au début de l'année 2007, le Home Office a décidé de transférer une partie des emplois publics qui s'y trouvaient vers la ville de Leicester, une des plus peuplées de musulmans de Grande Bretagne. Les élus locaux ont écris au ministère pour demander des explications. Ann Beasley, une des aides du ministre Gordon Brown, leur a répondu par écrit qu'un des facteurs qui ont amené à prendre cette décision est « notre capacité d'attirer une force de travail plus diversifiée. 93,7 de la population de Corby est composée de britanniques blancs, comparé à 59,6 % à Leicester. » En d'autres termes : il y avait trop de Blancs à Corby.

Dans un tel contexte, on comprend bien que les familles dont les filles sont victimes du Grooming ne peuvent que déranger.

Au début du mois d'Août 2007, deux hommes d'origine indo-pakistanaise originaires de Burnley, dans le Lancashire, sont passés devant un tribunal pour une affaire de grooming. Zulfqar Hussain et de Qaiser Naveed étaient accusés d'avoir été chercher deux adolescentes dans un foyer et dans une famille d'accueil. Ils leur ont fait ingérer respectivement cinq et dix cachets d'ectasy afin d'avoir des rapports sexuels avec elles. Pour ce crime, ils ont été condamnés à plus de cinq ans de détention.

Ce procès a été l'occasion, pour des journalistes du Times, d'interroger plusieurs mères de famille qui se battent pour tirer leurs enfants des griffes de leurs abuseurs. Celles-ci n'ont pas caché leur frustration.

Jackie dont la fille Mandy est sous la coupe d'abuseurs d'origine pakistanaise depuis l'âge de 14 ans, est ainsi convaincue que l'origine de ces hommes est le principal frein à la résolution du problème. «Ils commettent un crime, dit-elle, Leur couleur ou leur religion importe peu. Les gens ont peur que ça déclenche une émeute raciale mais c'est cette perception du racisme qui érige une barrière. C'est tellement frustrant. Pourquoi devrait-on balayer ça sous le tapis ? Ça détruit la vie des gens. Il faut les poursuivre en justice.»

Julie, une autre mère dont la fille est victime du Grooming depuis l'âge de treize ans, ne pense pas différemment. Comme Jackie, elle a la certitude que c'est la crainte de passer pour des racistes qui détourne certains interlocuteurs de ces affaires : «Il doit y avoir des centaines de filles qui subissent la même chose. Mais j'ai senti qu'il fallait abattre un mur de briques avant de s'attaquer au vrai problème. Je suis convaincue que si ç'avait été des hommes blancs, ça aurait été signalé bien plus tôt.» Quant à la motivation des abuseurs, elle ne fait pas de doute dans son esprit : «Ces types pensent que les filles sont des déchets blancs. Ils savent qu'ils vont s'en tirer.»

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Tournantes
un phénomène international
 
     
   
   
   
   
   
   
   
 
> Ch 6 : le Royaume Uni
**** Document
**** Tableaux
**** Références
 
   
   
  - Téléchargement