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Ch
3 : Vagues de viols racistes à Sydney
En
2002, à Sydney, une affaire retentissante de viols
collectifs a secoué une société australienne
pour laquelle, jusque là, l’intégration
des immigrés semblait aller de soi. Ce qui a également
choqué les habitants de Sydney, c’est que ces
viols étaient motivés par la haine raciale.
Il aura fallut toute la ténacité d’une
jeune australienne de 17 ans pour que cet aspect sordide
de l’affaire soit reconnu, quand nombreux étaient
ceux qui auraient préféré faire silence
sur cette réalité. Entre les premiers viols
collectifs, et les premiers jugements dans le cadre de ces
affaires, deux ans se seront écoulés, et d’autres
procès s'enchaînent depuis. Pour comprendre
le déroulement des faits, et à quels moments
certains ont tenté de passer sous silence le racisme
dont avaient été victimes ces jeunes femmes,
il convient de se pencher sur les trois affaires qui ont
été les plus médiatisées en
Australie au début de la décennie.

source : Sydney
Morning Herald |
| En
2002, Une victime des Viols de Bansktown quitte le tribunal
après le procès d'un de ses agresseurs,
Mohammed Skaf. |
A
Sydney, le 30 août 2000 vers 15 heures 30, de retour
d’un entretien d’embauche, une jeune femme se
trouvait seule dans un train lorsqu’elle avait été
abordée par un groupe de jeunes d’origine libanaise
qui avaient commencé à flirter avec elle et
à la complimenter. Sans méfiance, elle était
descendue avec eux à la station de Bankstown, dans
le sud-ouest de la ville, après qu’ils lui
aient proposé de fumer un joint. Elle avait alors
été attirée dans les toilettes d’un
parking en suivant un des adolescents qui lui avait pris
son téléphone portable. C’est dans ce
petit bâtiment qu’elle avait été
violée pour la première fois par quatre hommes.
Après cette première série de viols,
un cinquième membre du groupe, sous prétexte
de la reconduire chez elle, avait amené cette victime
déboussolée des toilettes à une voiture
où deux autres hommes attendaient. Elle avait alors
été entrainée dans un cabanon du Bankstown
Trotting Club où les trois hommes l’avaient
à nouveau violée.
Une seconde voiture était alors arrivée sur
les lieux et quatre autres individus avaient forcé
la jeune femme à monter dans le véhicule où,
sous la menace d’une arme à feu, elle avait
fait l’objet d’agressions sexuelles supplémentaires
en chemin vers le site industriel de Chullora. Une fois
à destination, les quatre hommes l’avaient
eux aussi violée avant de la remettre à un
troisième groupe de quatre personnes arrivées
dans un troisième véhicule, qui lui avait
fait subir le même sort. Elle racontera plus tard
:
"J'avais
des gens qui me tenaient les bras à terre, qui
me tenait les jambes en arrière et qui me tenaient
la tête et ils ont tiré mon pantalon et ils
ont soulevé mon maillot et ils m'ont tenus les
bras à terre et ils m'ont tenus les mains et ils
me touchaient les seins et il y avait tellement de mains
partout, j'avais des mains sur tout le corps."
Enfin, au terme de six heures de torture, elle avait été
giflée à plusieurs reprises et traitée
de "porc australienne" avant d’être
aspergée d’eau avec un tuyau d’arrosage
sous les rires et les quolibets de la petite bande. A neuf
heures du soir, son calvaire avait pris fin lorsque ses
ravisseurs l’avaient abandonnée devant une
gare des environs de Sydney. Elle se souviendra probablement
toute sa vie de ce que lui a annoncé un de ses agresseurs
: "Je vais te niquer, façon libanaise"
avant de lui demander si "la bite de Libanais a
meilleur gout que la bite australienne".
A la même époque également, dans la
même région de la capitale, deux adolescentes
de 16 ans étaient kidnappées par un groupe
de cinq jeunes d’origine libanaise qui les avaient
approchées tandis qu’elles attendaient un taxi
à la Gare de Beverley Hills Station, au petit matin.
Ils leur avaient proposé dans les raccompagner en
voiture mais elles avaient décliné l’invitation.
Les agresseurs les avaient donc forcées à
monter dans le véhicule où elles avaient été
menacées avec un couteau. Elles avaient ensuite été
entrainées vers une maison située dans une
autre ville de la banlieue de Sydney.
Faisant
preuve d'une rare perversité, pour soumettre plus
aisément leurs victimes, les Libanais avaient séparées
les deux filles, puis leur avait dit que la vie de leur
camarade dépendait de la bonne volonté qu'elles
mettraient à se laisser violer. Durant les viols,
qui durèrent cinq heures, un des Libanais avait déclarée
à la victime : "Tu le mérite parce
que tu es australienne". Grâce aux deux
jeunes femmes, qui auront le courage de porter plainte,
puis de témoigner, la police parviendra à
arrêter les violeurs dans les heures qui suivent.
Pour faire face à cette série de viols collectifs,
dont les agressionss de Bankstown ne sont que des exemples
isolés, la police australienne mit en place une cellule,
la "Strike Force Sayda", dirigée par l’inspecteur
Kim Mc Kay. Son but était de mettre un terme à
cette série d’agressions. La police invita
publiquement les femmes à prendre des précautions
puis elle procéda à une vague d’arrestations.A
cette époque, la police invita publiquement les femmes
à prendre des précautions puis elle procéda
à une vague d’arrestations.
A la fin de l’année 2000, la "Strike
Force Sayda" avait recensé 17 agressions
sexuelles dont avaient été victimes 20 adolescentes,
et elle préparait ses dossiers pour les procès
qui devait avoir lieu. Les arrestations n’allaient
pourtant pas mettre un terme aux viols collectifs dans la
région de Bankstown et, par extension, de Sydney.
Bientôt, l’approche initiale de la police qui,
à cause de la similarité entre les agressions,
les imputait à un groupe déterminé
d’individus allait s’avérer infructueuse.
Le
10 février 2001, une jeune australienne était
à son tour victime d’une agression sexuelle.
Entraînée la veille dans le Memorial Park de
Bankstown, elle allait y être violée par une
douzaine d’hommes avant d’être retrouvée
inanimée à quatre heures du matin par son
père, qui a confié son témoignage au
Sydney Morning Herald :
"Je
ne voulais pas la voir – une partie de moi le voulait
et l’autre avait trop peur. Quand je l’ai
aperçue, j’étais énervé
mais tout ce que je pouvais voir, c’est qu’elle
était allongée, très immobile.
Quand c’est votre bébé, c’est
dur à expliquer. Plus j’approchais, plus
je voyais qu’elle était abîmée.
De la boue et des cailloux couvraient son visage, et je
pouvais voir que le devant de son jean était déchiré.
Elle ne bougeait pas, j’ai pensé qu’elle
était morte et plus j’approchais, plus je
tremblais. Je me souviens avoir marché, avoir appelé
son nom à voix haute et n’avoir reçu
aucune réponse. Je l’ai attrapé et
je l’ai redressée, ses yeux ont, en quelque
sorte, roulé. Dans le fond, elle n’était
pas consciente, marmonnant quelque chose que je ne pouvais
pas comprendre et quand je l’ai prise dans mes bras,
elle a commencé à pleurer…
Ils l’ont laissé là comme si elle
n’était rien, moins qu’humaine."
Les mots que l’adolescente tentait de dire à
son père étaient les suivants :
"Papa,
je suis désolé."
Le
9 mai 2001, deux adolescentes australiennes étaient
victimes d’un viol collectif à Camperdown,
une autre partie de Sydney. Tandis qu’elles marchaient
le long de Parramatta Road pour rejoindre leur arrêt
de Bus, elles avaient été abordées
par deux hommes qui leur avaient offert des cigarettes et
qui leur avaient proposé de faire le trajet en voiture,
ce qu’elles avaient refusé. Elles avaient alors
été entraînées de force dans
la voiture, emmenées dans un autre secteur des environs
de la ville et violées à plusieurs reprises
avant d’être relâchées.
Le 7 juillet, à Guildford, une adolescente était
violée par plus de deux douzaines d’agresseurs
dans une école. Cette fois là, Les agresseurs
couvrirent son corps de slogans obscènes et dégradants.
Une fois encore, le point commun entre ces agressions était
la description des agresseurs, présentés comme
"libanais" ou "moyen orientaux"

source : Sydney
Morning Herald |
| En
2003, des victimes des violeurs libanais se tiennent
par la main à la sortie d'un procès |
A
la fin du mois de juillet 2001, la police mène donc
l’enquête sur 20 viols collectifs qui
se sont produits dans le Sud-ouest de Sydney. Une enquête
d’autant plus difficile que ces affaires ne sont que
la partie émergée de l’iceberg : Les
rapports de police et ceux des hôpitaux indiquent
qu’il faudrait ajouter à ce chiffre 50 autres
agressions. Certaines des adolescentes font l’objet
de pressions de la part de leurs agresseurs qui leur adressent
des menaces de morts si elles ne retirent pas leurs plaintes.
Ces menaces ne sont pas à prendre à la légère
: en 2003, Chouaki Bou-Anton, le père d'un violeur,
sera arrêté alors qu'il projette de verser
23000 dollars australiens à un tueur à gage
pour qu'il supprime la victime, âgée de 16
ans, de son fils Khater.
Dans
d’autres cas, la honte les empêche d’aider
la police. Dennie Killian, la directrice de l’unité
de soins aux victimes d’agressions sexuelles de Bankstown,
si elle refuse de dire combien de victimes se sont tournées
vers ses services, déclare qu’il n’est
pas inhabituel que certaines femmes, apeurées, refusent
d’aller trouver les services de police.
Un
agent confie au Sun Herald que ses services sont désormais
confrontés à une moyenne d’un viol collectif
par mois au minimum. La police ne peut plus qu’adresser
de nouvelles mises en garde relayées par les médias
aux jeunes australienne.
- "Prenez
des précautions lorsque vous voyagez seules ou
avec d’autres femmes
- "Informez
vos amis et votre famille de l’endroit où
vous vous trouvez ou de celui où vous allez"
- "Organisez
vos déplacements à l’avance avec des
gens que vous connaissez ou auxquels vous faîtes
confiance"
- "Si
possible, voyagez toujours avec d’autres personnes"
- "Soyez
conscientes que le fait de connaître une autre personne
ne veut pas dire que vous êtes amis ou associés"
- "Souvenez-vous
qu’il ne faut pas grand chose pour se mettre dans
une situation dont vous ne pourrez sortir."
Elle
note aussi que les individus qui commettent des crimes relevant
de la compétence de la "Sayda Strike Force"
sont habiles dans l’art d’entraîner de
jeunes filles dans des situations risquées en complimentant
leurs victimes, en se faisant passer pour les amis d’un
ami ou en offrant cafés, cigarettes ou transport
en voiture.
Les
choses se compliquent quand, au début du mois de
juillet 2001, quelques semaines après l’évocation
par Peter Ryan, le préfet de police, de l’existence
de bandes ethniques qui seraient liées à la
criminalité dans certains secteurs de Sydney, la
presse révèle que pour la police, la vague
de viols collectifs qui sévit à Bankstone
serait en rapport avec l’origine ethnique des criminels
et motivée par la haine raciale. En effet, tous les
agresseurs qu'elle a arrêté, 14 en tout, habitent
à Greenacre. Tous, nés et éduqués
en Australie, sont d'origine libanaise. Tous partagent la
même culture et la même religion. Toutes les
victimes – dont la plus jeune est âgée
d’à peine 13 ans – sont de type européen,
à l'exception d'une métisse aborigène.
Les propos tenus par certains violeurs sont sans équivoque
concernant leur motivation : dans un cas, la police retrouvera,
stockés sur le téléphone portable d’un
des violeurs, plusieurs messages sauvegardés mêlant
suggestions raciales et sexuelles. L’un d’eux
précise :
"Quand
tu te sens déprimé… frappe un chrétien
ou un catholique pour te remonter le moral."
La tendance est si nette que la police de Sydney décide
de mettre en place un programme de recherche sociale pour
se pencher sur le phénomène et mettre en place
des méthodes efficaces pour le combattre et éviter
qu’il ne se banalise.
Ces
affirmations provoquent aussitôt une levée
de bouclier de la part des représentants des différentes
minorités ethniques de la ville. Les représentants
de la communauté libanaise s’indignent publiquement
de ce qu’ils estiment être une "ethnicisation
du viol" et demande que soit mis un terme au lien
entre viol et origine ethnique. Des politiciens locaux s’empressent
de faire chorus à ces plaintes. Leur refus, ainsi
que celui d’une partie de la presse bien pensante
australienne de regarder en face la réalité
aura des conséquences prévisibles. Quand on
ne veut pas nommer un problème, on ne peut le résoudre.
Le 12 août 2001, à Greenacre, une adolescente
de 16 ans est violée par un groupe de libanais.
Lorsque
la fin du mois d’août 2001 arrive, l’affaire
s’envenime. C’est en effet à cette époque
qu’à lieu le procès de 3 Agresseurs
des deux adolescentes qui avaient été enlevées
à Beverleys Hills Station. Un procès particulièrement
attendu car c’est le premier dans cette série
d’affaires. Les accusés, deux frères
et un cousin, sont condamnés à des peines
inférieures à 6 ans de prison. L’accusé
le moins condamné peut donc sortir deux semaines
après le jugement, grâce au temps qu’il
a déjà passé en préventive.
En prononçant son verdict, Megan Latham, la juge
chargée du procès, déclarera :
"Il
n’y a aucune preuve d’éléments
raciaux dans ces délits. Rien n’a été
dit ou fait par les accusés qui apporte la moindre
base pour leur imputer une discrimination au regard de
la nationalité de leur victime."
Si cette déclaration et les sentences modérées
qui sont prononcées avaient pour but d’apaiser
le climat de tensions raciales qui règne à
Sydney, elle va au contraire les raviver et provoquer la
fureur des victimes. Dans un premier temps, une des jeunes
filles accorde un entretien au Daily Telegraph et affirme
qu’elle est persuadée d’avoir été
violée du fait des ses origines :
"Ils
ont dit : "Tu le mérites parce que tu es une
australienne." "
et elle ajoutera
"Dans
tous les journaux, ils disent que cela n’a rien
à voir avec la religion ou quoi que ce soit [Mais]…
Tout le temps pendant l’incident, ils se référaient
à la religion."
Ils ne faisaient que dire qu’ils étaient
fiers d’eux et fiers de leur religion."
Elle se plaindra aussi que sa déposition a été
"censurée" de toute référence
"ethnique" pouvant mener à la
conclusion que les viols étaient de nature raciste.
Mais c’est l’entretien des deux jeunes femmes,
accordé au magazine télévisé
"60 minutes" de Channel 9, qui sera révélateur
de la façon dont a été préparé
le procès et dont cette "censure" a fonctionné.
Suite à un accord entre le procureur et la défense
dont le but était d’épargner aux deux
jeunes filles l’épreuve du procès si
les deux partis parvenaient à s’entendre, des
éléments importants de leurs témoignages
ont été tronqués. Les deux jeunes filles
ont ainsi découvert dans les médias qu’on
les présentait comme étant volontairement
montées dans la voiture de leurs agresseurs, ce qui
était parfaitement faux. On avait aussi passé
sous silence la façon dont elles avaient été
menacées dans la voiture avec un couteau et d’autres
détails de l’affaire – dont les détails
"ethniques". Les adolescentes se sentaient d’autant
plus trahies qu’à aucun moment elles n’avaient
été consultées sur ces changements,
alors qu'on leur avait dit que seuls des délits mineurs
seraient supprimés.
Les
choses ne vont pas en rester là. Devant le scandale
provoqué par la clémence des peines infligées
aux violeurs des deux adolescentes, le Premier ministre
de la Nouvelle Galles du Sud va réagir avec vigueur.
Dès la fin du mois d’août 2001, il demande
à rencontrer d’urgence le doyen des juges de
l’Etat puis, début septembre, il fait passer
au parlement de l’état une loi qui durcie la
peine encourue par les criminels se livrant à des
viols collectifs. De vingt ans de prison, elle devient une
peine d’emprisonnement à perpétuité.
De son coté, Nicholas Cowdery, le directeur du ministère
public de l’état de la Nouvelle Galles du Sud
fait appel de la sentence rendue dans ce premier procès.
L’effet ne se fera pas attendre. Jugés à
nouveau en appel en mars 2002, les peines de prisons dont
avaient fait l’objet les trois violeurs sont quasiment
triplées. La peine du plus âgé, qui
a vingt ans, est désormais de neuf ans de prison
sans possibilité de libération sur parole.
Son frère, âgé de 18 ans, se voit condamné
à un minimum de dix ans d’incarcération.
Leur cousin, âgé de 17 ans, écope de
dix ans de prison.
Belal Hajeid, un des 8 hommes qui, avec sept autres libanais,
avait kidnappé deux écolières australiennes
dans le centre commercial de Chastwood, les avait emmenées
dans le parc de Greenacre où ils les avaient contraintes,
deux heures durant, à divers actes sexuels, sera
condamné à 23 ans de prison.
Le 8 juin 2002, au terme d’un procès qui a
duré six semaines, quatre violeurs étaient
reconnus coupables de 17 accusations de kidnapping et de
viol contre la jeune australienne qu’ils avaient agressé
à Bankstown le 30 août 2000 et qu’ils
avaient traité de " Porc australien". Ce
jour là, alors qu’ils étaient arrivés
sûr d’eux même, ne cessant de sourire
à leurs familles, ayant affiché une attitude
de défi pendant tout le déroulement du procès,
les accusés allaient sortir de la salle d’audience
en se battant entre eux, n’ayant plus qu’eux-mêmes
comme exutoires de leur haine.Au fils des procès
qui font suite à l'arrestation des violeurs de Beverley
Hills Station va se dessiner le contour d'un réseau
informel de violeurs. Centré autour de deux frères,
Bilal Skaf et Mohammad Skaf, le groupe est lié à
cinq viols collectifs qui se sont déroulés
en Aout et en Septembre 2000.
Au total, au début du mois de juillet 2002, 14 hommes
- tous d’origine libanaise - auront été
condamnés ou auront plaidé coupables pour
des accusations de viol en réunion et d’agressions
sexuelles ayant eu lieu entre Août et septembre 2000.
Citons ici les noms qui ont filtré dans la presse
: Mohammed Senussi, Mahmoud Senussi, Tayyah Sheikh, Mahmoud
Chami et Mohamed Ghanem.
C’est le directeur du ministère public qui
trouvera les mots justes pour conclure l'affaire des viols
libanais :
"Il
y avait tendance chez certains, à condamner les
auteurs à cause de leur appartenance ethnique,
non à cause de leur comportement aberrant. D’un
autre coté, il y avait tendance, chez certains
représentants de la communauté ethnique,
pas tous, à mettre de coté la pertinence
de l’éthnicité dans la discussion.
Une discussion ouverte sur des événements
observables dans la communauté est saine et nous
devrions certainement trouver des façons d’en
parler sans embarras."
il ajoutera
"Le
mot "politiquement correct" vient à l’esprit
et je pense que c’est quelque chose que nous avons
besoin de surmonter."
Tandis que se succédaient
les procès des jeunes Libanais, un autre groupe de
violeurs musulmans passait à l'action. Il s'agissait,
cette fois -ci, de jeunes pakistanais qui allaient se livrer
à une série de viols étalés
sur six mois. Pour des raisons légales, et parce
qu'ils étaient tous prénommés Mohammed,
ils seront connus dans les médias sous leurs initiales
: MMK, (Mohammed Mussawar K.) MAK (Mohammed Ali K.) MRK
(Mohammed Rehan K.) et MSK, (Mohammad Saheem K.) Le nom
d'un cinquième comparse, un népalais nommée
Ram Shrestha, sera révélé après
son suicide.
Les frères K sont les fils d'un
médecin pakistanais, MHK (Mohammed Hassan), qui a
immigré en Australie en trentaine d'années
plus tôt. Pendant tout ce temps, il fait l'aller et
retour entre son pays d'accueil et son pays d'origine, où
il a laissé sa femme par crainte qu'elle ne soit
contaminée par la société occidental.
Au fil des ans,elle met au monde sept fils qui grandissent
dans un petit village du Pakistan. Lorsque ceux-ci sont
suffisamment âgés pour s'installer, eux aussi,
en Australie, le docteur K. entreprend une procédure
de regroupement familial. C'est ainsi que dans le courant
de l'année 2000 et 2001, les frères emménagent
à Ashfield, dans la banlieue de Sydney, dans une
maison que leur père a acheté à leur
intention.
A peine installés
en Australie, de la fin de l'année 2001 à
l'été 2002, les quatre frères se livrent
à une série de viols collectifs dont le mode
opératoire variera rarement. MMK, le plus jeune,
travaille comme rabatteur. Il commence par approcher et
par séduire une adolescente, le plus souvent de type
anglo-saxon. Quelques jours plus tard, lorsqu'il a gagné
sa confiance, il invite la fille à «une soirée»
en l'encourageant à venir avec une ou deux amies.
Une fois arrivées sur place, le piège se referme
sur les petites Australiennes. Les Pakistanais les poussent
à boire de l'alcool puis, à la pointe du couteau
ou sous la contrainte des coups, ils les violent.
C'est MMK qui ouvre
le bal en novembre 2001 par une agression sexuelle. Dés
lors, les viols et tentatives de viols s'enchaînent.
Le 20 janvier suivant, les frères attirent deux soeurs
de 16 et 18 ans, dans l'antre d'Ashfield. MAK tente alors
de violer la plus jeune qui parvient à le repousser.
Lot de «consolation»: MRK la vole.
Le 14 février, MMK et MAK ramènent
trois jeunes femmes qui croient se rendre à une soirée.
Suivant leur habitude, ils leur font boire de l'alcool puis
ils entraînent TW, 14 ans, dans une chambre à
part où MMK, MAK et MSK la violent à plusieurs
reprises après l'avoir frappée.
En Mai, deux autres filles sont victimes
d'une agression sexuelle à laquelle participe MMK.
Le 14 Juillet, MMK ramène à
Ashfield une pré-adolescente âgée de
13 ans – CH - avec laquelle il a des rapports consentants.
Dès qu'il en a finit avec elle, il la livre à
son ainé, MSK, qui terrorise la petite en lui racontant
qu'il est iraquien et que dans son pays, il a assassiné
son ex-petite amie et l'a pendue à son balcon. Jouant
de la confusion sur ses origines moyen-orientales, il utilisera
cette méthode à plusieurs reprises, déclarant
à une autre victime, en référence aux
frères Skaf : «Quand un Libanais veut te
baiser, tu baise avec.» Ce soir là, MSK
violera deux fois CH avant de laisser la place à
Ram Shrestha.
Le 28 juillet enfin, les frères
K. se livrent à leur dernier viol collectif. Ce soir
là, les Pakistanais s'attaquent à LS et HG,
des adolescentes de 16 et 17 ans sur lesquelles MRK a mis
le grappin une semaine plus tôt. Comme les autres,
leurs victimes ont été invitées à
une soirée dans la maison d'Ashfield. En franchissant
le seuil, les deux filles ignorent qu'elles viennent de
quitter l'Australie pour entrer dans un morceau de terre
d'islam, le Pakistan, un univers totalement étranger
où les femmes occidentales sont considérées
comme des traînées, où les hommes d'une
famille se paye d'un viol par un autre viol et où
on pratique le meurtre d'honneur.
Les frères commencent par leur proposer
des whiskies-coca très chargés en alcool.
Au fil des minutes, la tension monte. MSK, l'aîné,
insiste pour qu'elles ingèrent les boissons puis
MMK, incapable de se contrôler plus longtemps, déclare
à LS qu'il est excité et exige qu'elle le
suive dans sa chambre. Lorsqu'elle refuse, le masque tombe.
MSK la gifle brutalement et tandis qu'elle se réfugie
dans les toilettes, il lui ordonne d'en sortir et d'aller
dans la chambre, la menaçant de la tuer si elle n'obéit
pas. Après qu'elle ait supplié, sans succès
son «ami» MRK de lui venir en aide, MSK lui
arrache le pantalon et la viole à trois reprises.
A peine est-il sorti que son frère MAK entre dans
la chambre, un couteau à la main et, en guise de
menace, pose trois balles de revolver sur la table de nuit
avant de la violer à son tour.
Pendant ce temps là, HG est isolée
dans une autre pièce où MMK surgit, armé
d'un couteau. Pour impressionner l'adolescente, il promène
un instant une flamme de briquet sur sa la lame. Après
l'avoir, elle aussi, menacée de mort, il l'oblige
à lui faire une fellation avant de la violer. Ram
Shrestha prend alors le relais du pakistanais et poursuit
la sordide besogne.
A deux heures et demi du matin, les frères
K font remonter les deux adolescentes dans leur voiture
et les relâchent dans la petite ville de Campsie,
en leur ordonnant de se taire. Ils ne veulent pas, disent-ils,
qu'il leur arrive ce qui est arrivé aux Libanais.
Jetées hors du véhicule après s'être
fait traitées de traînées, les deux
adolescentes terrorisées courent se cacher dans les
buissons, craignant que leurs agresseurs ne fassent demi-tour
et leur infligent d'autres sévices. Les Pakistanais
ont fait une erreur : ils leur ont rendu leur portable aux
filles. L'une d'elle tente sans succès de contacter
son père puis appelle la police.
| |
| Le
2 Thomas Street à Ashfield, où résidaient
les frères K. |
En quelques heures, les policiers de Sydney
sont sur la piste des violeurs. Deux jours plus tard, ils
perquisitionnent la maison d'Ashfield. Ils pénètrent
dans une bauge débordante d'ordures où s'entassent
des magazines pornographiques. Le réfrigérateur
de la cuisine est couvert de photos érotiques. Quelques
jours plus tard, ils arrêtent MSK dans un aéroport
alors qu'il s'apprête à monter dans un avion
en partance pour le Pakistan.
Durant la perquisition, les enquêteurs
ont mis la main sur les trophées des frères
K: une pile de cassettes vidéos qu'ils ont utilisées
pour se filmer en train d'infliger toutes sortes de sévices
aux adolescentes. Sur un film, on voit ainsi le plus jeune
des quatre frères, MMK, en train de plonger son poing
dans le vagin d'une adolescente qu'il est en train de violer.
En visionnant les cassettes, les policiers découvrent
qu'outre celles des agressions précédemment
citées, il faut compter au moins une demi douzaine
d'autres victimes qui, à ce jour, n'ont jamais osé
se faire connaître et porter plainte.
L'inspecteur chargé de l'enquête,
Tony Adams, se souviendra plus tard :
«C'était une meute d'animaux.
Les vidéos m'ont fait penser à une bande
de Hyènes autour d'une carcasse (...) Ils visaient
des filles vulnérables. Elles étaient jeunes,
elles étaient naïves, et elles étaient
en position qu'on leur dise qu'elles étaient belles.
Ils (...) gagnaient leur confiance et ils passaient à
la mise à mort.»
Pour les victimes des frères K.
le cauchemar ne fait que commencer. Avec une rare perversité,
MSK va user de toute les failles légales possibles
pour faire traîner les procédures pendant quatre
ans. Dans un but : user les plaignantes pour qu'elles renoncent
aux poursuites.
Lorsque les frères
K. sont jugés pour la première fois, en novembre
2003, ils doivent l'être en deux fois. En effet, MSK,
l'aîné, et MAK ont décidé d'assurer
leur propre défense, MSK prétextant que tous
les avocats considèrent les musulmans comme des violeurs.
En réalité, MSK cherche à exploiter
une faille du système judiciaire australien : un
accusé qui assure sa propre défense à
le droit d'interroger lui même la victime du crime
qu'il a commis au cours d'un examen contradictoire de son
témoignage. Quelques mois plus tôt, lors du
procès d'un des violeurs libanais, une petite Australienne,
confrontée à cette perspective, a jeté
l'éponge. Le Pakistanais, qui a suivit l'affaire
avec attention, espère parvenir au même résultat.
Dix jours avant que les adolescentes ne
doivent témoigner contre les frères K, les
parlementaires passent dans l'urgence une loi controversée
dont le but est de protéger les victimes de viols
collectifs : Les accusés ne pourront plus, désormais,
interroger personnellement leurs victimes. Celles-ci auront
la possibilité, de plus, témoigner par vidéo-conférence.
Au cours d'un procès
marqué par la narquoiserie des accusés, le
juge Brian Sully reconnaîtra MSK et MAK coupables
des agressions sexuelles du 28 juillet. Le verdict provoque
aussitôt la colère de leur père, MHK
(Mohammed Hassan), qui a fait un faux témoignage
en prétendant que ce soir là, ses fils étaient
absents de la maison d'Ashfield où il aurait passé
la nuit en prière. A la sortie du tribunal il dira
au sujet des deux victimes : «Qu'est-ce-que vous
attendez qu'il leur arrive ? Les filles du Pakistan ne sortent
pas la nuit.» La famille K ne cessera plus, dès
lors, de clamer que les quatre frères sont victimes
d'un complot contre les musulmans.
En avril, le juge Brian Sully condamne
les frères K à des peines cumulées
de 70 ans, pour des durées oscillant entre 10 et
22 ans de prison par personne. Ram Shrestha, leur complice,
n'a pas eu le courage d'assumer les conséquences
de ses actes : il s'est pendu dans sa cellule la semaine
précédente. Toutefois, le juge Sully, au moment
même où il rend la sentence, déclare
que le procès n'était pas équitable
: pour lui, la loi passée dans les jours qui ont
précédé le procès ont empêché
la poursuite d'une procédure contradictoire. En l'entendant,
un des frères K s'écrie : «Nous
n'avons pas commis ces crimes, c'est contre nous qu'on a
commis un crime. La police nous a piégé parce
que nous sommes musulmans, votre Honneur. »
Les quatre Pakistanais font appel. En Juillet
2004, les proches d'une des victimes, HG, annoncent que
leur fille ne pourra pas supporter l'épreuve d'un
nouveau procès. Au début du mois de septembre
2004, après une audience pendant laquelle MSK invoque
la déclaration des droits de l'homme et la loi l'égalité
des chances, la cour d'appel rejette la demande des deux
frères : Le calvaire se termine pour HG et LS
C'est désormais
pour les affaires du viol de TW, en février 2002,
et celui de CH, en juillet 2002, que les frères K.
doivent être jugés. Le procès est censé
débuter en octobre 2004. MSK, qui joue la guerre
d'usure, demande qu'il soit reporté à cause
du ramadan, expliquant qu'il serait trop affaibli par le
jeûne pour pouvoir assurer efficacement sa propre
défense. La justice leur accorde un délai
jusqu'au mois de novembre. Lorsque l'échéance
arrive, MSK réclame un nouveau délai, au prétexte
que la publicité qui a entouré le procès
dans les médias pourrait, une fois encore, être
préjudiciable aux frères K.
A la mi-mars, MSK se met à simuler
la maladie mentale. Il renvoie son conseil, Malcolm Ramage,
en affirmant que c'est un espion qui veut le faire enfermer
dans la prison de Guantanamo Bay. Pendant les audiences,
il se jette en tous sens dans le box des accusés
et appelle le juge Rod Howie «mon père
le pape». Sa femme témoigne en sa faveur
en déclarant à la cour qu'il parle souvent
aux climatiseurs et à Shatharn (Satan). Le docteur
K affirme qu'il soigne MSK depuis plusieurs années
pour schizophrénie et qu'il lui a prescrit des médicaments.
En dépit du caractère manifestement faux de
ces déclarations et des simulations de l'aîné
des frères K, il faut faire une expertise psychiatrique.
Encore un délai ; le procès traîne en
longueur. Après avoir reçu un nouveau conseil,
Adam Morrison, MSK le renvoit au début d'une autre
audience en faisant passer au juge une note dans laquelle
il affirme avoir été informé «par
Allah que je suis redevenu l'ange Gabriel.»
La catastrophe finit par arriver lorsqu'au
milieu d'une audience, MSK crie à la cantonade que
les quatre frères purgent déjà une
peine de prison pour la précédente affaire
de viol. Dans les tribunaux australiens, ce genre d'information
doit être tenue secrète afin de garantir l'impartialité
des jurés. Tandis que le juge Peter Hidden décide
d'interrompre l'audience, MSK se met à hurler : «Bande
de connards, quand est-ce-que vous allez vous asseoir et
m'écouter, sales chiens racistes !» Le
juge Hidden va décider de poursuivre le procès
de MSK, mais de faire rejuger MAK et MMK, contraignant les
victimes à vivre deux fois le calvaire des dépositions
contradictoires.
Le procès de MSK se poursuit donc.
Il est jalonné par une nouvelle expertise psychiatrique
de MSK et un incident pendant lequel, sautant hors du box
des accusés, il se saisit d'une carafe de verre,
la brise et jette des morceaux de verre sur les mères
des victimes. Ce n'est qu'en juillet 2005 que MSK et MAK
sont reconnus coupables d'agressions sexuelles, MAK ayant
plaidé coupable de viol sur mineur.
Au cours d'un procès à huis
clos, MMK, le plus jeune, est reconnu non-coupable du viol
de TW par manque de preuve ADN : à la lecture du
verdict du Juge Hidden, sa victime s'effondrera en larme.
Il n'écopera que d'un an de prison pour viol sur
mineur concernant CH. En appel, cette peine de prison sera
revue à la baisse, un juge décidant qu'elle
doit être purgée simultanément aux autres.
La victime n'aura donc même pas la consolation, au
terme des trois ans de procès qu'elle a traversé,
que ces années aient coûté ne fut-ce
qu'un allongement de peine d'une semaine à son violeur.
Après le procès, furieux,
le père des frères K déclare aux journalistes
: «Vous êtes l'ennemi. Vous êtes les
ennemis des musulmans, Vous les Blancs n'aidez que les Blancs.»
En octobre 2005, MSK, MAK et MMK passent
à nouveau devant la cour d'appel de Sydney concernant
la première affaire pour laquelle ils ont été
jugés et condamnés. Cette fois-ci, ils demandent
des réductions de peine, présentant comme
circonstances atténuantes leur condition d'immigrés
et de musulmans. Stephen Odgers, l'avocat des frères
K. plaide devant le juge Michael Grove que le comportement
de MSK s'explique par le mélange de l'alcool, de
sa maladie mentale et de son conditionnement culturel dans
«une société avec une vision très
traditionnelle de la femme ». «L'accusé
était une bombe à retardement culturelle.
Il était presque inévitable qu'une telle
chose se produise. Sa culpabilité est atténuée
à cause de cette combinaison.»
Le docteur K témoigne que MSK «raconte
que Satan vient à lui et lui dit différentes
choses, Il m'a dit que parfois, l'herbe verte lui murmure
des choses.» Lorsqu'on lui proposera de prêter
serment en plaçant sa main sur le coran, il refusera
en prétextant que sa main n'est pas assez propre
pour qu'il la pose sur le «saint» livre.
Les autres membres de la famille K auront la même
attitude, lorsqu'ils viendront témoigner, symbolique
de la mentalité de musulmans qui respectent la loi
d'Allah, mais s'autorisent tous les mensonges quand ils
ont affaire à la justice occidentale. La réduction
de peine, pour finir, sera refusée aux frères
K par la cour d'appel.
C'est en Avril 2006
que le juge Peter Hidden prononce la sentence pour les viols
de TW et CH. MSK est condamné à 7 ans de prisons
pour le viol de TW et à 7 ans pour celui de CH. Mais
les peines doivent être purgées simultanément,
avec une possibilité de parole au bout d'à
peine 5 ans, ce qui ramène la condamnation a à
peine deux ans et demi par viol. MAK ne sera condamné
qu'à deux ans de prison de plus pour le viol de TW.
En entendant les sentences, Cette dernière, néanmoins
satisfaite, va s'approcher de MSK, lui faire un doigt et
lui crier «Va te faire mettre ! Va en enfer, mon
pote!» Son souhait sera exaucé : en février
2007, deux des frères K, dont MSK, ont été
passés à tabac par des détenus australiens
dans la prison de Goulburn., l'un a été admis
à l'hôpital avec de graves blessures à
la tête. L'autre, MSK, a été blessé
au bras.
Dans la foulée, l'adolescente révèle
son identité dans les médias ; Tegan Wagner
a décidé, en témoignant à visage
découvert, d'encourager les autres victimes de viols
à porter plainte. Elle entend ainsi montrer que ce
n'est pas à elles de se cacher et d'avoir honte.
Inspirée par son exemple, l'autre victime, Cassie
Hamim va, elle aussi, révéler son identité
quelques jours plus tard.
***
Pendant le déroulement
des procès des Libanais puis de ceux des frères
K, une polémique a éclaté autour de
la nature ethnique et racistes des viols et de leur lien
avec l'Islam. Il ne va pas manquer de bonnes âmes
pour s'indigner qu'on stigmatise les communautés
issues du proche et du moyen orient. La procureur qui a
assisté les victimes confiera à Miranda Divine,
une éditorialiste du Sydney Morning Herald que beaucoup,
dans le monde judiciaire de Sydney, l'ont trouvée
zélée à poursuivre les violeurs musulmans.
Tant les déclarations des agresseurs
que leurs stratégies de défense montrent pourtant
que la culture de ceux-ci – de leur propre aveu -
a influencé leur comportement. Pour comprendre ce
qui a poussé des jeunes musulmans de Sydney à
violer les jeunes australiennes, on ne peut faire l'économie
d'examiner le climat qui règne dans la communauté
musulmane de Sydney. Les prises de positions de ses chefs
spirituels en disent long sur la mentalité qui a
conforté les jeunes racistes dans l'idée qu'ils
pouvaient tout se permettre.
Le 18 mars 2005, un imam radical, le sheik
Faiz Mohamad, organise une réunion publique à
Bankstown, la banlieue de Sydney où s'étaient
produit les premiers viols libanais. Là, devant un
auditoire d'un millier de personnes, il compare les femmes
à des moutons et leur attribue la responsabilité
des viols.
«Il y a une victime de viol
toutes les minutes dans le monde. Pourquoi ? Elle ne peut
accuser personne d'autre qu'elle même. Elle a fait
étalage de sa beauté au monde entier (...)
sans bretelles, sans dos, sans manches, rien que des jupes
sataniques, des jupes fendues, des blouses translucides,
des mini-jupes, des jeans moulants : tout cela taquine
un homme et appelle sa nature charnelle.» (...)
«Mettriez vous un mouton que
vous adorez au milieu de loups affamés ? Non...
Il serait dévoré. C'est pareil ici. Vous
mettez cette précieuse fille devant des yeux sataniques
et lubriques de loups affamés. Quel en est la conséquence
? Une dévastation catastrophique, le harcèlement
sexuel, la perversion, la promiscuité...»
Le Sheik Faiz Mohamad n'est pas une exception.
Il a fait scission de la mosquée Lakemba de Sydney,
le principal lieu de culte de la communauté libanaise.
Il trouvait en effet que l'imam qui y officiait, le Sheik
Tak el-din Al Hilaly, était trop modéré.
En octobre 2006, pendant le jeûne du ramadan, faisant
allusion aux viols de Bilal Skaf, cet imam modéré
prèche devant 500 personnes que :
« Si vous sortez de la
viande sans la couvrir et la placez dans la rue, ou dans
le jardin, ou dans un jardin, ou dans une cour et que
les chats viennent la manger (...) à qui la faute,
aux chats ou à la viande découverte ?
La viande découverte est le
problème. Si la viande est dans un frigo, ils ne
l'auront pas... Si la femme est dans son boudoir, dans
sa maison et si elle porte son voile et si elle se montre
modeste, aucune catastrophe ne se produit.
Une femme possède une arme
de séduction. Si elle retire ses vêtements,
les raccourcit, flirte, se met du fond de teint et se
poudre et sort dans la rue, Dieu nous protège...
Alors c'est un regard, puis un sourire, puis une conversation
(...) puis un rendez vous, puis une rencontre, puis un
crime, puis c'est la prison de Long Bay. Alors vous avez
un juge qui n'a aucune pitié et il vous en donne
pour 65 ans.»
et d'ajouter :
«Il est dit que dans l'état
de Zina (l'adultère), la responsabilité
retombe à 90 % sur la femme. Pourquoi ? Parce qu'elle
possède l'arme de la tentation.(igraa)»
Devant le tollé que provoque ces
propos, un troisième imam, le sheik Mohammed Omran
prend la défense de l'Imam Hilaly. Il intervient
publiquement en affirmant que les personnalités musulmanes
sont injustement visées par le gouvernement et les
médias australiens. Il ajoute encore qu'on punit
plus sévèrement les violeurs musulmans que
les autres.
En Janvier 2007, commentant sur une télévision
égyptienne retransmise en Australie la controverse
dont ses propos ont fait l'objet, l'Imam Tak el-din al Hilaly
déclare :
«il n'y a pas de liberté
et de démocratie [pour les musulmans] les gens
les plus malhonnêtes et les plus injustes sont les
occidentaux et les anglais en particulier.»
Il poursuit en expliquant que :
«Les Anglo-saxons sont venus
en Australie enchaînés, alors que nous avons
payé notre traversée et sommes venus librement.
Nous sommes plus Australiens qu'eux. L'Australie n'est
pas un pays anglo-saxon. Nous avons de profondes racines
dans le sol australien, qui s'y trouvaient avant que les
anglo-saxons n'arrivent.»
Quand les dirigeants spirituels d'une population
immigrée tiennent à longueur d'année
de tels propos, quand ils justifient publiquement le viol
en faisant porter la responsabilité de cet acte aux
femmes qui en sont victimes, quand ils ne dissimulent pas
le mépris que leur racisme envers les «anglo-saxons»,
il n'est guère surprenant que les jeunes musulmans
- libanais ou pakistanais - soient d'invétérés
racistes qui violent sans état d'âmes des Australiennes.
L'histoire des viols de Sydney, toutefois,
n'est pas seulement celle des violeurs musulmans, c'est
aussi celle de jeunes femmes héroïques. Des
héroïnes comme Tegan Wagner et Cassie Hamim.
Et comme les anonymes qui sont allées au bout de
chaque procès en dépit des menaces de l'entourage
de leurs violeurs, de l'injustice de ceux qui voulaient
dissimuler la nature raciste des agressions et de la guerre
d'usure menées par les agresseurs. Grâce à
elles, la législation australienne a évolué.
Elle protège plus efficacement les victimes de viols
collectifs. Il existe aujourd'hui dans le droit pénal
australien, un délit de viol en réunion passible
d'une peine de prison à perpétuité.
Un violeur ne peut plus humilier ses victimes en menant
lui-même l'examen contradictoire du témoignage
de sa victime. Une déposition enregistrée
sur vidéo de la victime peut être utilisée
lors des procès en appel pour lui éviter le
stress d'une nouvelle confrontation avec ses agresseurs.
Ce ne sont pas des petites victoires :
pour obtenir la condamnation des trois pakistanais qui l'ont
violée, Tegan Wagner a du traverser quatre années
de procédures et d'audiences. A cette adolescente
de 17 ans, les avocats de la défense ont opposé
un barrage de 1971 questions. Le récit de sa quête
de justice tient sur près de 600 pages dans les archives
des tribunaux de Sydney.
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