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Ch
2 : La tournante raciste des Requins Vicieux
Au
début des années 2000, la société
française a découvert avec consternation
que la montée constante de la délinquance
ne se limitait pas aux seuls feux de voitures. Elle s'accompagnait
de la banalisation de crimes particulièrement abjects
que les médias allaient baptiser des "tournantes",
reprenant le terme d'argot utilisés par les jeunes
des cités pour désigner des viols collectifs.
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Le
viol collectif, certes, n'est pas en soi une nouveauté
et aucun peuple n'en a le monopole,
mais ce qui allait particulièrement choquer les
Français, c'est à la fois sa banalisation,
la jeunesse des criminels mais aussi leur parfaite indifférence
et leur absence de remord vis-à-vis de leurs victimes,
souvent des adolescentes ou des pré-adolescentes.
Si la majorité des victimes de tournantes sont
des françaises de souche, on en trouve dans tous
les groupes ethniques et elles sont de toutes les couleurs
de peau. Il convient de donc de préciser que dans
les exemples cités ci-dessous, les victimes ne
sont pas nécessairement de souche européenne.
Néanmoins,
les liens entre l'immigration afro-maghrébine,
la haine envers les Blancs - ou l'occident - et la recrudescence
de ce type d'agressions est indéniable : des chiffres,
des faits et des témoignages le confirme.
Pendant plusieurs mois, entre 2001 et 2002, tandis que
des crimes commis plusieurs années auparavant allaient
passer devant les tribunaux, le compte rendu de ces agressions
sexuelles allaient se faire en un crescendo de violence
et de barbarie.
Avril
2001 - Viol de la cité des Eiders
La première affaire de tournante à faire
son apparition dans les médias, au printemps 2001,
est celle de la jeune Sabrina, une adolescente violée
à deux reprises dans la cité des Eiders,
dans le XIXème arrondissement de Paris. En 1993,
la jeune fille est entraînée dans une cave
de la cité par son petit ami Osmane, 19 ans, où
elle a des rapports consentants avec lui. Le calvaire
de Sabrina va commencer lorsque les copains du jeune homme
vont se présenter à la porte du local et
demander de pouvoir disposer d'elle. le jeune homme la
laisse à la disposition de 14 jeunes de la cité.
On retrouvera quinze préservatifs dans la cave.
Ce qui se produit ce soir là est le scénario
type de la tournante, selon Me Bourles "la
fille sort avec un garçon qui décide d'en
faire profiter les copains. Les garçons peuvent
avoir quatorze - quinze ans. Parfois la fille est encore
plus jeune. Après coup, ils disent qu'elle était
d'accord et que, de toute façon, elle couchait
avec tout le monde."
C'est ce discours qui définie la victime comme
une "lopsa" (salope) qu'on retrouve dans une
des chansons du rappeur Pit Bacardi :
"Si
j'étais femme... Est ce que j'accepterais de ken
avec jacky / Pit le pote à Jacky / Ben-J le pote
à Pit donc le pote à Jacky / avoir une bite
comme logo ou être la go [salope] la plus Ken du
coin / c'est sale comme un mec qui baise sa soeur / heureusement
que je suis pas comme cette chienne qui aime se faire
Ken / Qui pleure et s'plaind quand j'lui dit qui elle
est..."
Un viol peut être commis sans violence. La pression
psychologique exercée par un groupe, la peur de
la violence agissant comme un mode de coercition peut
amener une victime à ne pas résister aux
exigences de ses agresseurs et à se soumettre à
leurs ordres. Le comportement soumis dicté par
la peur de la victime renforce alors les violeurs dans
leur conviction que la victime est en réalité
complice. Pour la victime, l'absence de résistance
peut générer, par la suite, un intense sentiment
de culpabilité qui peut s'avérer, à
long terme, plus dommageable que le viol lui même,
entraînant de graves séquelles psychologiques
et affectives. Cette perception de la complicité
de la victime est erronée : un viol, même
si les actes sexuels ont été obtenus sans
violence mais par la contrainte, est un viol.
Lorsqu'une jeune femme a été victime une
première fois d'un viol collectif, elle a désormais
une "réputation" qui la marque comme
une cible aux yeux des jeunes de son quartier ou de sa
cité et qui en font la cible d'agressions ultérieures.
Elle est une "Go", une "taspé"
une "lopsa" qui se fait "Ken"
et si elle parle, elle devient une "lanceba".
Pourtant, la jeune Sabrina va surmonter sa honte et ,
brisant la loi du silence, elle va porter plainte. Cet
acte courageux va s'avérer sans résultat
car plusieurs violeurs vont être remis en liberté,
ce qui va augmenter leur sentiment de pouvoir agir en
toute impunité.
Le 3 septembre 1994, alors qu'elle vit sous la surveillance
constante de ses proches, trois jeunes repèrent
Sabrina dans un bus alors qu'elle se rend Porte de la
Villette pour faire des courses. Ils battent rapidement
le rappel de leurs amis puis abordent l'adolescente. Un
des violeurs lui annonce qu'elle va "regretter
d'avoir porté plainte" puis ils l'entraînent
à nouveau dans une cave d'immeuble. Deux garçon
la déshabille puis pendant plusieurs heures, elle
sera victime de sévices sexuels infligés
par, entre autres, Djokre, Sekou, Bouzid, Bakari, Djamel,
Boubou, Aziz, Ladji, Vergolino, Mostépha et Hacène.
Il faudra attendre sept ans pour que les violeurs, dénoncés
et identifiés par la victime, comparaissent devant
la justice. Le jour du procès, Ils arrivent décontractés
au tribunal et se serrent la main. L'affaire est présentée
dans la presse comme un modèle du genre. La jeune
femme est secondée par Me Cathrine Perelmutter
et l'association "Enfance et partage"
qui a décidé le jour précédent
de s'associer à sa plainte. Sophie Decis, une juriste,
explique qu' "il faut marquer le coup, montrer
que les associations, elles aussi, sont présentes.
Dans les cités, il existe des codes qu'on ne connaît
pas, des rituels qui nous échappent."
Question: faut-il vraiment se soucier des codes et des
rituels des cités pour savoir que le viol est condamnable
?
Pourtant, en dépit de cette mobilisation et d'une
certaine effervescence médiatique autour du cas
de Sabrina, l'intérêt pour le procès
tombe brusquement. Le lendemain du procès, seuls
deux petits entrefilets, l'un dans le Figaro et l'autre
dans le Parisien du 28 avril 2001, signalent le verdict.
Ainsi, Le Figaro se borne-t-il à signaler:
"indulgence
pour les violeurs - les onze voyous accusés de
deux viols collectifs, dont avait été victime
une jeune fille de 14 ans, ont été condamnés
hier, par la cour des mineurs de Paris, à des peines
de prison modérées de quatre à cinq
ans, en grande partie assorties de sursis. La cour a suivi
l'avocat général qui avait requis des peines
de prisons n'obligeant pas les jeunes violeurs à
retourner en prison. Les faits remontent à 1993
et s'étaient déroulés dans les caves
d'une cité du XIXeme."
En d'autres termes, le procès où il fallait
"marquer le coup" a fait long feu.
Les violeurs de la jeune Sabrina sont entrés libres
au tribunal et en ressortent libres.
Viol
collectif de Grigny
Un cas de tournante raciste documenté est celui
qui s’est déroulée à la Grande
Borne, à Grigny, dans l’Essonne, où
une autre gamine de 15 ans - blanche - a été
violée par dix jeunes. Ceux-ci ont déclaré
qu’ils s’en étaient pris à elle
parce que "c’était la seule babtou
[blanche] du groupe". Il s’agit de Camille,
une petite blonde sur laquelle Kader, un jeune de la cité
jette son dévolu. La gamine repousse les avances
de cet individu, qui se venge aussitôt en cambriolant
la cave et fracasse la boite aux lettres de sa famille.
Enfin, un soir de Janvier 1999, La jeune Camille se promène
avec deux amies d’origine africaine lorsqu’elles
croisent une bande de garçons, dont le jeune maghrébin.
Un des hommes lancent aux Blacks : "Foutez le
Camps ! C’est la Blanche qu’on veut".
Camille demande à ses amies de prévenir
ses parents ; elles n’en feront rien.
Dès ce moment, elle est traînée dans
un local à poubelle. On lui arrache ses vêtements.
Kader l’oblige à lui faire une fellation,
puis un copain de Kader, Lamine, rejoint le groupe. Le
viol collectif commence et les sévices sexuels
vont s'enchaîner jusqu’à trois heures
du matin, sous les applaudissements des jeunes de la cité.
La famille portera plainte… et ce sera elle, bien
sur, qui devra quitter le quartier…
Viol
collectif d'Aix en provence - mai 2001
Le 27 mai 2001, le quotidien le Figaro signale qu'un nouveau
viol collectif a eu lieu le 12 mai 2001 à Aix en
Provence. Ce cas marque un nouveau palier dans la brutalité
utilisée pendant les tournantes. Le journal rapporte
que 15 Maghrébins âgés de 13 à
19 ans, originaires de la cité HLM de Jas de Bouffan,
ont violé une handicapée mentale de 36 ans.
Repérée dans un centre commercial alors
qu'elle revenait d'une visite de suivi médical,
la jeune femme a été séquestrée
dans un local à poubelle. Là, ses agresseurs
l’ont forcée à fumer de l’herbe,
l’ont déshabillée et l’ont violée
pendant plusieurs heures. Les viols ne s'arrêteront
pas là. Les maghrébins escortent ensuite
la victime hors du local à poubelle jusqu'à
une maison abandonnée. Là, utilisant leurs
portables, ils invitent une autre dizaine de jeunes qui
se font à leur tour un devoir de continuer à
violer cette femme.
"Ils
étaient cinq, puis six, puis dix, puis vingt, je
ne sais plus…" confiera la victime.
C'est finalement en pleine nuit que la victime sera retrouvée
en train d'errer dans les rues de la ville, nue, apeurée,
à la recherche d'un peu d'aide. Les personnes qui
lui porteront secours découvriront que les jeunes
maghrébins ne se sont pas contentés de la
violer et de la passer à tabac. Le corps de la
femme est constellé de brûlures de cigarettes:
ils l'ont torturée. Des éducateurs, se confiant
au journal le Figaro, évoqueront "des
ratonnades sexuelles destinées à assouvir
un racisme latent". Un nouveau seuil a été
franchi dans l'abject...
Viol
Collectif du Train Dunkerque Lille - mai 2001
Trois jours s'écoulent à peine après
que le Figaro ait signalé le Viol collectif d'Aix
en Provence que c'est au tour du quotidien la Voix du
Nord de signaler qu'un autre viol collectif a eut lieu,
cette fois-ci en plein jour et dans un train. Le 24 mai
2001, une bande de sept jeunes montent dans le train Dunkerque-Lille
à l'arrêt de la gare de Bailleul. Ces jeunes,
selon la Voix du Nord, habitent à Lille sud, un
quartier difficile où vivent énormément
de maghrébins et où, depuis, a été
ouvert le premier lycée musulman de France. Très
vite, ils vont intimider les quelques passagers qui se
trouvent dans le wagon, puis les jeunes brutes vont remarquer
une étudiante qu'ils vont violer pendant la demie
heure de trajet qui mène à Lille. Les médias
parleront par la suite de l'indifférence de 200
passagers du Lille-Dunkerque. En réalité,
il n'y avait dans le Wagon que 5 ou 6 personnes, (moins
que d'agresseurs) selon le témoignage de la victime,
diffusé par Associated Press sur Yahoo News.
Une fois encore, le viol du Dunkerque-Lille marque une
montée dans la violence. 7 ans plus tôt,
comme dans le cas du viol de la cité des Eiders,
les violeurs entraînaient leurs victime dans une
cave. En 1999, comme à Grigny, les viols collectifs
étaient devenus une attraction dans la cité.
Désormais, on se sert: on se promène dans
un centre commercial, on repère une femme vulnérable
et on la viole, comme dans le cas d'Aix-en-Provence. Ou
bien on prend le train et on viole une passagère
entre deux arrêts, histoire de passer le temps...
"agression
sexuelle" de Sangatte - septembre 2001
Quelques mois après le viol du Dunkerque-Lille,
le Figaro magazine évoque à nouveau la région
Nord Pas-de-Calais en consacrant un reportage au centre
de la croix rouge de Sangatte, vers lequel affluent, à
l'époque, des milliers de réfugiés
dont le nombre, 7000 personnes, dépasse bientôt
celui de la population locale, soit 900 habitants. Peu
à peu, la violence s'installe: rixes et trafics
en tous genres sont le lot quotidien du centre de Sangatte.
Au début du mois de décembre 2001, les Sangattois
sont exaspérés et de plus en plus inquiets
suite à l'entrée par effraction de certains
étrangers dans les petites maisons de Blériot-plage.
Ils décident de se rassembler pour une manifestation
spontanée. Au détour d'un article qu'il
consacre à l'évènement, un journaliste
du Figaro évoque en un court paragraphe tout le
soutien que reçoivent les victimes d'agressions,
lorsque tous les étrangers ne se valent pas. Le
journaliste écrit :
"Dans
la foule, Il y avait un homme grave, un Anglais installé
là avec sa famille depuis 20 ans.
- ma fille mineure a été victime d'agression
sexuelle de la part d'un groupe de jeunes réfugiés.
J'ai déposé plainte, mais elle n'a jamais
eu de suites. Au commissariat, on m'a dit qu'elle avait
été égarée. j'ai écris
au procureur de Calais en recommandé, mais il ne
m' a jamais répondu."
Le journaliste évoque dans le même paragraphe
la réaction d'un autre habitant de Sangatte:
"Au
bar-tabac de Sangatte, le patron est exaspéré
et inquiet, confronté à ces clients venus
d'ailleurs, de plus en plus nerveux, qui consomment de
la bière et lui dérobe des revues pornographiques."
Viol
collectif de Roubaix - Violée 86 fois à
13 ans - Janvier 2002
Au printemps 2001, une pré-adolescente alors âgée
de douze ans devient la cible des agressions sexuelles
d’une bande de jeunes. Elle a le profil type de
la victime des tournantes: Elle est issue d’un milieu
modeste, particulièrement vulnérable et
habite dans un quartier immigré de la communauté
urbaine de Lille.
Pendant plusieurs mois, la gamine est violée et
battue par le groupe d'adolescents qui se la sont appropriée
et s’en servent comme d’une esclave sexuelle.
La pré-adolescente cache la vérité
à ses parents et parvient à les décider
à la faire changer de collège. Néanmoins,
au collège Albert Samain, elle va continuer, de
Septembre 2001 à février 2002, à
faire l’objet d’agressions sexuels. En effet
plusieurs membres de la bande d’une vingtaine de
violeurs habitent dans différents quartiers chauds
de la ville et ne tardent pas à retrouver sa trace.
Avec le triste sort de la petite victime, la descente
dans l'abjection continue car ces viols à répétition
deviennent une véritable industrie. On va chercher
la victime chez elle, on la traîne dans les caves
d’immeubles. Si elle tente de résister, on
la frappe et surtout, on fait payer le viol aux petits
camarades des cités, pour des sommes allant de
deux à dix Euros. Violer une pré-adolescente
de 12/13 ans n’est plus "récréatif";
à Roubaix, les jeunes violeurs en font un commerce…
Mais l'affaire ne s'arrêtera pas pas là.
Après leur arrestation, les camarades des violeurs
vont organiser un véritable harcèlement
de la famille qui finira par déménager.
une première fois. Car en Janvier 2003, l'affaire
de la petite victime de Roubaix revient dans l'actualité
du Nord Pas-de-Calais lorsque Me Blandine Lejeune, son
avocate, signale que la famille pourrait avoir à
déménager une nouvelle fois et a quitter
définitivement la région. Une fois encore,
des complices de ses violeurs ont retrouvé sa trace
et le harcèlement a repris. "ce qui est
inadmissible", déclare Me Blandine Lejeune,
"ce sont les pressions, les menaces exercées
sur la victime, sur ses petits frères et soeurs,
sur ses parents. La justice, la police doivent prendre
toutes les mesures pour assurer leur sécurité,
leur tranquillité." Des mesures seront
prises: l'adolescente sera désormais escortée
tous les jours entre son école et son domicile.
La famille, néanmoins, finira par quitter le département
pour échapper aux pressions incessantes de l'entourage
des violeurs.
Tournante
au tribunal - Septembre 2002
En septembre 2002, le procès d'une vingtaine d'individus
qui ont violée "Leïla", une jeune
habitante de la dalle d'Argenteuil, semble marquer une
nouvelle surenchère dans l'horreur. Les faits remontent
à l'hiver 1998-1999. Pendant plusieurs mois, la
jeune femme a été victime d'une série
d'agressions sexuelles orchestrées par "Zora",
une autre jeune femme de sa cité. Le récit
du calvaire que la jeune femme a vécu reprend tous
les éléments classiques du déroulement
des viols collectifs mais cette fois-ci, c'est le lieu
et les circonstances dans lesquelles s'est produite une
des agressions sexuelles qui retiennent l'attention.
A la mi décembre 1998, au terme de trois jours
d'agressions sexuelles répétées pendant
lesquelles elle a été violée dans
un immeuble, une cave, une école primaire, une
école maternelle et une cabane, ses agresseurs
l'emmènent au Tribunal de Pontoise. Quatre garçons
du groupe, ainsi que deux filles qui ont contribué
à orchestrer les viols collectifs, y sont jugés
pour une autre agression sexuelle dont une mineure a été
victime sous la menace d'une arme. Arrivée à
destination, la bande enferme l'adolescente dans les toilettes
du tribunal. Elle y subit une nouvelle agression sexuelle
et on la frappe à coups de brosse à WC.
Elle sera également violée dans le train
qui ramène la bande au tribunal après le
procès.
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A
la différence du terme générique
de viol collectif, Le mot tournante permet de cerner un
problème qui concerne, essentiellement des adolescents,
souvent issus de l'immigration et des quartiers sensibles,
où il trouve ses racines. La sur-représentation
des jeunes afro-maghrébins parmi les auteurs de
tournantes ne fait pas de doute, si on en croit une étude
du Docteur Patrice Huerre, psychiatre auprès de
la cour d'appel de Paris, qui est actuellement disponible
sur le site de l'INSERM. Il s'agit d'un des rares documents
existant qui mentionne l'aspect ethnique des tournantes,
les médias ayant minimisé ou ignoré
cet aspect du problème. Selon cette étude,
52 % des adolescents ayant participé à des
viols en réunion sont d'origine maghrébine.
20 % sont originaire d'Afrique noire et le reste sont
issus de familles françaises. Cette sur-représentation
des jeunes issus de minorités ethniques est normale
: elle correspond à un phénomène
similaire observé en Norvège, au Danemark,
en Australie, en Angleterre et aux Pays Bas.
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De
tels chiffres sont le reflet du problème de la
délinquance en général. En 2000,
l'Insee a également montré que 40 % des
détenus français avaient un père
né à l'étranger, dont 25 % au Maghreb.
Une étude menée en 2003 dans l'Isére
par deux sociologues du CNRS, Sébastian Roché
et Monique Dagnaud, les confirme. L'analyse de dossiers
de jeunes mineurs délinquants des archives judiciaires
du tribunal de Grenoble montre en effet que 66.5 % des
mineurs jugés ont un père étrangers
(pour 49.8 % dans un pays du Maghreb) et 60 % ont une
mère également née à l'étranger.
La population de l'Isère n'est pas une des plus
marquée par l'immigration puisque celle ci compte
pour 6.1 % de la population totale. Les chercheurs ont
aussi remarqué que lorsque ces jeunes mineurs commettent
un crime, ils ont tendance à attaquer des personnes
appartenant à d'autres groupes ethniques que le
leur.
Les
témoignages de spécialistes, publiés
au fil des mois, montrent que les premières "tournantes",
non au sens de viol collectif en général,
mais en tant que comportement social et ethnique spécifique,
ont eu lieu dans les banlieues immigrées de la
région parisienne et s'enracinent dans des pratiques
relevant du racisme anti-blanc. Sylvie Lotteau, magistrate
au tribunal de grande instance de Bobigny, explique :
"Qu’à
la fin des années 80, la tournante faisait partie
d’un rite d’intégration dans des bandes
organisées."
"C’était l’époque des "requins
vicieux" et des "requins juniors", de jeunes
africains qui sévissaient à Paris et en
Seine Saint Denis (Banlieue nord). Leur technique consistait
à draguer une jeune fille, blanche, une fois que
celle ci était devenue la petite amie d’un
des membres, celui ci en faisait profiter ses copains."
C'est
précisément à l'époque où
sévissent ces bandes ethniques et se pratiquent
ces viols que Ministère Amer, un groupe de Rap
influencé par l'idéologie des Musulmans
Noirs, dont les textes sont émaillés de
propos racistes envers les Blancs, évoque sans
détour les tournantes et en fait l'apologie. Dans
ce qui est constamment présenté comme un
conflit ethnique, le thème du viol, de la possession
des femmes blanches est évoqué dans un contexte
qui suggère plus un enjeu racial qu’une attirance
physique.
Citons l'Album "Pourquoi tant de Haine"
et la chanson "le savoir est une arme".
Le premier couplet de cette chanson fixe clairement le
groupe ethnique systématiquement visé les
textes du CD :
"Déjà
de retour, j’annonce la couleur de mon discours…
Ma voix dans ta sono abuse du jeu de mot, exploite les
infos, dénonce les fléaux, donc aussitôt,
voici mes propos, les victimes sont gallo romains et anglo-saxons..."
C’est en l’occurrence dans la chanson "Brigitte
femme de flic", du même album, que le
chanteur montre le plus clairement comment la possession
d’une femme blanche est un acte combattant et décrit
clairement des tournantes :
"J’ai
shooté la femme du Shérif, j’ai usé
toute ma boite de préservatif… la reine des
pipeuses, elle suçait des gros noirs, suçait
des arabes tous les jours du matin au soir malgré
les degrés de dangers d’être défoncée,
déshérité, dégatée
… Qui lui prête secours pas son père
aux abdos Kronenbourg, il aurait préféré
un suédois, danois, gaulois, un punk putois avec
une coupe d’oriquois, manque de pot, dix renois
la foudroient."
"
Une autre femme prend sa raclée, cette fois ci
elle s’appelle Brigitte. C’est la femme d’un
flic … Cependant Brigitte se fait éclater
la teuchch. Se prend des beutes dans la cheube, c’est
deub … Les novices du vices pissent sur la police,
c’est pas le feu d’artifice, scratch le clitoris,
… Brigitte femme de flics aime les négros.
Chaud chaud dans sa culotte…"
Il ne s'agit ici que de brefs extraits d'un texte beaucoup
plus long. Qu’un acte sexuel avec une femme blanche
puisse signifier beaucoup plus que la simple satisfaction
d’une attirance est encore plus apparent dans un
texte de Stomy Bugsy, le chanteur de Ministère
Amer, tiré de son CD "Le calibre qu'il
te faut" :
"
Mais j'm'en rappelle quand j'étais petit je me
prenais plein d'râteaux / Par les filles visages
pâles aux yeux clairs / Cheveux raides comme si
dessus y'avait de l'eau / Mes larmes ont séché
sur les feuilles en papier "
Dans ce texte, il apparaît clairement que le refus
d’une femme blanche de sortir avec le chanteur est
péniblement ressentit.
Pour certains racistes anti-blancs et certains jeunes
Noirs complexés par leur négritude, l’enjeu
d’un acte sexuel avec une blanche n’a rien
à voir avec la simple satisfaction du désir
et s’inscrit dans un cadre racial : être "à
égalité" avec le Blanc et acquérir
ainsi son "pouvoir", punir le blanc
en avilissant sexuellement sa femme, acquérir le
"prestige" que donne la possession
d’une Blanche. Il est clair que le choix de violer
des femmes blanches, dans le groupe des requins vicieux,
était une façon d’affirmer une négritude
par opposition à la société "blanche".
Par cette mise à mort symbolique qu’est le
viol collectif, la tournante, affirmer le triomphe sur
l’homme blanc, le but est de resserrer les rangs
entre Noirs, la femme blanche étant le bouc émissaire
par lequel se reconstruit l'identité d'un groupe
dont le principal facteur de solidarité est la
négritude.
Victoire en trompe l’œil, car ce n’est
pas en mettant les autres à genoux qu’on
se grandit… et surtout, triste de victoire que celle
de ces racistes noirs qui ne parviennent à affirmer
leur supériorité sur l'homme blanc que dans
la bestialité. Ce n’est certainement pas
en violant une femme, quelque soit la couleur de sa peau,
qu’on prouve qu’on est un homme.
L'influence
culturelle de l'Islam semble aussi prépondérante
dans la délinquance sexuelle des jeunes maghrébins.
Le cas de la Norvège, du Danemark et de l'Australie
montrent clairement qu'il existe un lien entre la délinquance
sexuelle et la culture musulmane, particulièrement
lorsque le communautarisme et l'islamisme sont influent
au sein d'une communauté immigrée. Dans
ces pays et en France, la diversité d'origine des
communautés où se pratiquent le viol collectif,
(Maghrébins, Pakistanais, Libanais, Somaliens)
montre qu'il faut chercher une explication à cette
délinquance sexuelle dans leur culture commune
plutôt que dans leur ethnicité.
Le communautarisme et l'influence des islamistes dans
les banlieues à beaucoup à voir avec les
tournantes qui pourraient être la traduction, chez
les jeunes musulmans, d'une hostilité envers l'occident
à travers de jeunes françaises de souche
et de jeunes maghrébines occidentalisées,
stigmatisées par les islamistes des quartiers comme
moins vertueuses parce qu'elle ne portent pas le Tchador.
A travers la femme maghrébine, c'est en fait la
femme occidentale, au sens culturel, qui est visée.
Les stéréotypes racistes à l’égard
des femmes occidentales au sein des communautés
maghrébines et musulmanes, stéréotypes
plus que probablement transmis par des parents à
leurs enfants, sont indubitablement un élément
d’explication au phénomène des tournantes.
L’écrivain Fawzia Zouari, d’origine
tunisienne, présente ainsi ces préjugés
racistes :
"Côté
Sud…Une presse insidieuse, des propagandes politiques
et moralisatrices présentent les femmes du nord
en objets de plaisir, poupées à moitié
nues, Eve en préfabriqué. Sur écran
ou sur divan, les voici aguichantes, provocantes, leur
liberté se limitant à la satisfaction physique
et à l’argent. Des monstres d’égoïsme,
refusant la maternité, la famille, la fidélité.
Toute la littérature masculine immigrée
a fabriquée l’image d’Européennes
disponibles, sans âme, sans morale. Certains font
rêver leurs amis restés au pays sur ces blondes
venues les accueillir à l’aéroport,
abandonnant époux et foyer pour une aventure passagère,
consommant le sexe "comme on va au restaurant".
Il est d’ailleurs étonnant de voir à
quel point l’exil arabe en Europe est nourri de
fantasme de conquêtes blondes. Là où
les colonisateurs européens du XIXème siècle
foulaient la terre d’orient animés par le
désir de razzias économiques et politiques,
les émigrés orientaux du XXème siécle
ne s’attachent à laisser à leurs descendants
que les piètres carnets de bal de Don Juan dérisoires.
En outre, une mentalité ancrée en pays d’Islam
considère qu’une non-musulmane ne vaut que
la moitié d’une adepte du prophète…"
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