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Le
12 mai, Lester Adler, un juge de la cour suprême de
l'Etat de New York a porté un rude coup à
la défense que tente de monter Eugène Traynor,
l'avocat de Phillip Grant, un Noir âgé de 43
ans. Sa décision autorise le ministère public
à présenter aux jurés qui jugeront
son client une video le montrant en train de confesser l'assassinat
de Concetta Russo-Carriero, le 29 juin 2005.
Le parcours
de Phillip Grant est sordide s'il en est. L'homme a été
arrêté et condamné en 1980 pour trois
viols qu'il a commis dans le Bronx. Extremement violent,
il a vu la peine qui lui avait été infligée
prolongée après qu'il ait attaqué un
autre détenu à coups de fourche. A partir
de 1986, ses demandes de remise en liberté sur parole
ont été refusée à neuf reprises
mais, travaillant à l'usure, en quelque sorte, il
a réussià être libéré
en 2003, après avoir passé 23 ans derrière
les barreaux.
Ne parvenant
pas à se réinsérer dans la société,
il grossit le nombre des Sans Domicile Fixe de l'Etat et
vit dans un dortoir de l'Aéroport du comté
de Westchester. Considéré comme un dangeureux
délinquant sexuel, il doit aller émarger au
poste de police tous les quatre-vingt dix jours.
En Avril
2005, il est expulsé du dortoir de l'aéroport
pour avoir refuser de passer un examen psychiatrique. il
commence alors à fréquenter un point d'accueil,
où une navette lui permet de se déplacer entre
la ville de White Plains et l'aéroport. A cette période,
il devient de plus en plus obsédé par les
femmes blanches. Abdullah Abraham, un résident du
dortoir qui le connaissait témoigne qu' "il
parlait toujours de se trouver une femme blanche pour vivre
avec. Il était fatigué de vivre dans le dortoir.
Ca l'a obsédé pendant un bout de temps, trouver
une femme blanche qui ait de l'argent pour s'installer avec
elle. Il était déterminé à en
trouver une."
L'obsession
raciale de Grant, qui trahit déjà ses préjugés
racistes (tous les Blancs seraient riches, sortir avec une
femme blanche permet d'acquérir du prestige social)
tourne rapidement à la haine pure et simple.
Lorsque
le 29 juin arrive, le quadragénaire noir est déterminé
à se livrer à une vendetta personnelle et
à tuer le premier Blanc ou la première Blanche
qui passe . Il se rend dans un grand magasin où il
vole un couteau puis cherchant à commettre son crime
, ses pas l'amènent sur le boulevard Martin Luther
King où, à l'angle de l'Avenue Lexington,
il entre dans un parking municipal situé près
de la Galleria, un centre commercial de White Plains.
Tandis
qu'il rode dans les étages du bâtiment le couteau
à la main, vers 13 heures, Concetta Russo-Carriero,
une femme de 56 ans qui travaille comme secrétaire
au cabinet d'avocat de Stephens, Boroni et Lewis, prend
congé de ses collègues. Cette mère
de deux garçons, qui s'est battue pour leur payer
des études et qui se réjouit d'être
bientôt grand mère, n'imagine pas un seul instant
le sort qui l'attend lorsqu'elle entre dans le parking et
se dirige vers sa voiture.
Un peu
plus tôt, Phillip Grant avait repéré
une autre victime potentielle, une vieille femme blanche.
Mais il a renonçé à la tuer parce qu'elle
avait déjà trop vécu. Il veut tuer
une blanche qui respire la vie. Vers 13h10, lorsqu'il aperçoit
Concetta Rosso-Carriero poussant la porte d'entrée
du niveau 7, il sait que c'est elle qu'il va tuer. "Je
ne l'avais jamais vu avant et je m'en fichais, déclarera-t-il
aux policiers, du moment qu'elle avait les cheveux blonds
et les yeux bleus, il fallait qu'elle meure."
Il se jette alors sur elle et la poignarde à deux
reprises à la poitrine. Mourrante lorsque les secours
arrivent, elle sera prononcée morte à son
arrivée à l'hôpital.
Aussitôt
son forfait accompli, le raciste prend la fuite, otant sa
chemise dans laquelle il envellope l'arme du crime, qu'il
jette dans une ruelle toute proche. L'alerte est immédiatement
donnée. Dans sa voiture de patrouille, l'agent Larry
Brown reçoit un avis de recherche concernant un homme
noir, sans chemise et portant un pantalon sombre, qu'il
appréhende 4 minutes après le meurtre. Lorsque
Phillip Grant entend dans la radio des policiers qu'un témoin
va être amené pour identification, il s'écrit:
"Pas la peine d'amener quelqu'un ici, je suis coupable."
puis, spontanément, il indique aux policiers où
retrouver le couteau dont il vient de se débarrasser.
Une
fois au poste de police, il accepte de faire une déposition
devant une camera vidéo à la condition qu'un
journaliste et un procureur soient présents. Il se
décrit comme un persécuté : il n'est
pas raciste, c'est une victime du racisme ! Sa mère
aurait été violée par des hommes blancs
et à White Plains il serait poursuivi par des personnes
qui le traitent de violeur et l'agoniraient d' insultes
racistes.
Il
fait ensuite une longue confession dans laquelle il explique
qu'il se considère en état de guerre contre
les Blancs et qu'il en aurait tué plus s'il avait
eu une arme à feu. "je pensais, dit-il,
que la première personne que je verais ce matin
qui aurait l'air blanche, je la tuerais." il ajoute
"Je voulais tuer quelqu'un qui vive un mode de vie
privilégié et qui soit secrêtement raciste".
Interrogé
sur les conséquences de son acte, il répond:
"Ca ne m'importe plus désormais. Quoiqu'ils
fassent, il vaudrait mieux ne pas me les [ses menottes]
enlever. Mon seul regret est de je ne connais rien aux armes
bactériologiques. Condamnez moi à la peine
de mort et qu'on avance." et il affirme encore"Je
veux la peine de mort, je veux mourir. Mais je voulais d'abord
tuer quelqu'un de Blanc."
Sur
ce qu'il éprouve pour avoir tué Concetta Russo-Carriero,
il dit simplement "Je n'ai aucun remord parce qu'elle
est blanche." |
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