22 janvier 2007
 

L'envers du Testing

 
 

 


Guy Lefèvre, victime d'une chasse aux sorcières.

Le 15 Janvier 2007, Guy Lefèvre, un artisan charcutier de Margny les Compiègne, était jugé à la cour d'appel d'Amiens concernant une condamnation à deux mois de prison avec sursis et à quatre mille euros d'amende prononcée le 17 janvier 2006 par un tribunal de Compiègne. Guy Lefèvre est une de ces personnes dont on entend occasionnellement parler dans la presse, sans qu'on sache jamais rien d'autres d'elles si ce n'est le crime qu'on leur impute, à tort ou à raison.

Le crime de Monsieur Lefèvre ? Un matin, il a dit à un jeune noir qui s'était présenté à son commerce: « Désolé Monsieur, la place est déjà prise.» La réponse n'a pas plu à un agent de l'ANPE. Une folle mécanique s'est mise en marche pour broyer un homme.

A la recherche d'un(e) employé(e)

Les problèmes de monsieur Lefèvre commencent au début du mois de décembre 2004 lorsqu'une de ses employées, enceinte, lui annonce qu'elle va devoir cesser de travailler. Il se met à la recherche d'un nouvel employé, en faisant passer le mot autour de lui. Le 14 janvier, madame Lefèvre téléphone également à l'antenne locale de l'ANPE pour faire passer une annonce. La démarche ne fait l'objet d'aucune formalité: son interlocuteur, Monsieur Lévèque, se contente de prendre la description du poste par téléphone.

Si le fonctionnaire de l'ANPE prend un week-end de repos, la terre, elle n'arrête pas de tourner pour autant. Le dimanche, les Lefèvre reçoivent des amis à la maison, dont la fille est à la recherche d'un emploi. Comme souvent dans les petites entreprises, c'est par relation qu'on recrute du personnel, souvent parmi les proches et les amis de ses employés ou de soi-même. Monsieur Lefèvre décide d'embaucher la jeune femme qui doit commencer à travailler dès le mercredi. Le choix sera le bon et à la date d'aujourd'hui, l'employée travaille toujours chez les Lefèvre. (1)

Arrivé le lundi, pas une seule personne ne se présente à la charcuterie de la part de l'ANPE, les Lefèvre, qui ont déjà trouvé une remplaçante pour leur employée, ne s'en soucient guère. Ce qu'ils ignorent, c'est que monsieur Lévèque a décidé de ne pas afficher leur annonce et de réserver l'emploi à une personne de son choix, sélectionnée selon ses critères à lui. La personne en question s'appelle Ibrahima Gadio, c'est un jeune homme d'origine africaine qu'il invite à aller à la charcuterie de Margny les compiègne.

Lorsque le postulant se présente à la charcuterie le mardi matin, à sept heures trente, quatre jours se sont écoulés depuis le coup de téléphone de Madame Lefèvre à l'ANPE. Monsieur Léfèvre signale au jeune homme qu'il est désolé mais que la place est prise. Ce dernier contacte le fonctionnaire de l'ANPE qui, vers dix heures, appelle les Lefèvre en demandant des comptes. L'homme, de toute façon, a déjà décidé qu'il sait pourquoi Ibrahima Gadio a été éconduit: pour lui, le charcutier ne peut que pratiquer la discrimination raciale.

Discussion Houleuse

Au téléphone, Monsieur Lévèque se montre d'emblée inquisiteur, agressif et accusateur. Contrairement à ce qu'on a laissé croire, Il n'a jamais eu de conversation avec Guy Lefèvre ; c'est Madame Lefèvre qui répond au téléphone.. Une discussion houleuse s'ensuit jusqu'à ce que madame Lefèvre, excédée par le donneur de leçon, lui raccroche au nez en lui déclarant qu'il lui a assez fait perdre de temps. Monsieur Lévèque dira qu'il a entendu, en bruit de fond, monsieur Lefèvre déclarer « Pas de Noirs, pas de Bougnoules, on est chez nous».

Une plainte tardive

Pour les Lefèvre, l'incident semble clos ; pas pour l'agent de l'ANPE. Avec l'aval de Monsieur Delcourt, qui dirige l'agence locale, Monsieur Levèque poursuit sa croisade personnelle et dénonce le charcutier à la Commission pour la Promotion de l'Egalité des Chances. Six mois plus tard, en juin 2005, l'inspection du travail, qui a été est saisie du dossier, convoque l'artisan.

L'entretien se passe mal. La mode est déjà à la lutte contre les discriminations. C'est lui d'un côté – juste lui – et puis de l'autre c'est la COPEC, l'ANPE. Un particulier face à des organisations qui ont la légitimité d'être «officielles». Sa «déclaration» a déjà été remplie : les inspecteurs font pression sur le charcutier pour qu'il signe sans même savoir ce qui est écris, ce qu'il refuse de faire, en leur disant vertement ce qu'il pense de leur attitude.

S'il n'a fallut à Monsieur Lefèvre que quelques jours pour remplir la déclaration Ursaaf concernant sa nouvelle employée, ce n'est qu'au bout de plusieurs mois qu' Ibrahima Gadio, chapeauté par l'association SOS racisme, se découvre une vocation de victime du racisme et porte plainte pour discrimination à l'embauche. Cette plainte tardive, qui n'est opportunément déposée que lorsqu'on en a besoin, sera pourtant considéré comme plus crédible que le court délais qu'il a fallut au charcutier pour remplir ses formalités administratives. Le charcutier n'a jamais eu à prouver quoi que ce soit, tandis que la plainte du jeune Noir n'a existé qu'à partir du moment où on en a eu besoin pour étayer une accusation bien fragile.

Un coupable idéal

Dès qu'Ibrahima Gadio a déposé sa plainte, l'association SOS-racisme, rodée à la communication, lance la machine de guerre médiatique. Les journalistes écrivent, simplement, ce qu'SOS racisme souhaitent qu'ils écrivent. On leur explique qu'il y a, dans la commune de Margny les Compiègne un cas de discrimination raciale indubitable. Les témoignages sont formels: un jeune noir s'est vu refuser l'embauche du fait de ses origines. Pour les journalistes, c'est l'affaire idéale : une organisation bien connue qui vient se pencher sur un coin de province, une diversion dans un quotidien fait de chiens écrasées, de peccadilles et d'articles sur la vie des associations locales, une occasion de se poser en éducateurs du bon peuple.

Il fut un temps - il y a une quarantaine d'année - où, dans certains journaux de province, des rédactions se piquaient de publier la liste des "avertis". C'étaient des homosexuels qui étaient arrêtés par la police sur des lieux de rencontre - il n'existait pas bars pour eux à l'époque - et qu'on condamnait pour outrage aux bonnes moeurs. Sans se soucier des conséquences que cela pouvait avoir pour ces personnes, les rédactions jetaient leur noms à la populace avec le sentiment d'avoir agit dans l'intérêt de la morale publique. Aujourd'hui, ceux qui lynchaient des homosexuels ont remis leur morale au goût du jour, sans changer d'état d'esprit.

De tout temps, hélas, les bien-pensants se sont crus progressistes parce qu'ils adoptent publiquement le discours qui leur garantit de voir leur "supériorité morale" reconnue: l'indépendance d'esprit n'est pas plus au goût du jour aujourd'hui qu'hier. On a simplement changé d'objet d'ostracisme. Qu'on accuse quelqu'un de «racisme» et l'on se croit aussitôt un modèle de vertu et de tolérance. Maintenant, c'est le Français accusé - à tort ou a raison - de discrimination qui fait l'objet de ce genre de pratiques.

Quand les journalistes de la région sont contactés par les militants d'SOS racisme, qui déclarent avoir découvert un cas de discrimination à Margny les compiègne, pas un ne prend la peine de s'enquérir de la version de Guy Lefevre. L'association, seule, à la parole. Elle orchestre sa campagne médiatique avec l'aide de personnes qui tirent fierté de se comporter en simple perroquets.

Guy Lefèvre est le coupable idéal. Il a le profil type du beauf: c'est un "petit blanc", qui tient un "petit commerce" dans une "petite ville." Que partage-t-il avec les membres d'une profession qui manie le stylo, ce manuel qui tient le couteau et tranche des salamis? Comment le trouver sympathique, si on ne le connaît pas, ce type au caractère bien trempé qui ne mâche pas ses mots et ne perd pas son temps à finasser ?

Pourtant derrière l'image manichéenne et réductrice que propagent les journalistes locaux, avec la satisfaction du devoir accompli – et une parfaite absence de scrupules – se cache une personne qu'en d'autre circonstances on n'hésiterait pas à montrer en exemple. Guy n'a pas le glamour d'un fils d'immigré comme comme Zinédinne Zidane, qui engrange les millions d'Euros en poussant la balle sur les Stades. La réussite de ce fils de fermier, qui a commencé à faire de l'apprentissage à quatorze ans, si elle est plus modeste, n'en est pas moins respectable. Il n'a pas eu la vie facile, Guy, mais à force de travail et d'opiniâtreté, il a ouvert son commerce dans un coin de province. Son affaire a suffisamment prospéré pour qu'il puisse donner du travail aux autres ; c'est aujourd'hui la cause de son malheur.

Levé tôt, couché tard, dur à la tâche, amoureux du travail bien fait, Guy a gagné le respect et la confiance de clients qui, au fil du temps, ont appris à le connaitre et savent qu'il vaut beaucoup mieux que ce qu'on a dit de lui. Il a rencontré sa femme et fondé un foyer. Au fil des ans, il a regardé grandir deux enfants qu'il aime, Sylvain et Ophélie, dont il a fait des adultes à son image: honnêtes, responsables et travailleurs.

Le Lynchage

Au jour et à l'heure dîte, au claquement de doigt de SOS Racisme. Le hallali médiatique commence. En une matinée, Guy Lefevre est ravalé, aux yeux de ses voisins et de ses clients, - l'expression n'est pas trop forte - au rang de dernière des merdes. Il devient le salaud de Compiègne, le Parangon de l'ordure: le "sale français raciste". Il y a, dans la façon dont la presse locale aborde l'affaire, un parfum d'Outreau, un relent de l'hystérie qui avait accompagné la révélation de la fausse agression antisémite du RER. Les articles qui paraissent ne font preuve d'aucun discernement, d'aucune retenue, d'aucune précaution, d'aucun respect, d'aucune nuance.

A partir de neuf heure, la ronde des téléphone commence. Guy n'est au courant de rien, n'a pas vu le coup venir. C'est arrivé sournoisement, par derrière, en traitre. C'est annoncé dans la voix de ses copains, de ses collègues, de ses enfants inquiets qui téléphonent pour demander ce qui se passe.

Dring, Dring, "Tu n'as pas vu, Guy..."
Dring Dring "Allo Guy, y'a ton nom dans la presse"
Dring Dring "Guy, y disent que t'es raciste"
Dring Dring "Sale raciste, on te nique, enculé!"
Dring Dring "Y parait qu'y vont t'faire un procès"

En une matinée, la vie d'un homme qui retrousse ses manches tous les matins depuis l'âge de quatorze ans est démolie. La vie d'honnêteté et de labeur de Guy compte pour du beurre, ne compte pas, ne pèse rien. On ne l'a pas prévenu qu'on allait l'accuser publiquement, on ne ne lui laisse même pas la possibilité de se défendre. C'est imprimé dans le journal, de façon irréductible et toute cette encre le salit de façon indélébile. Il est marqué d'une tâche d'infamie.

Est-ce qu'il s'est jamais mis en travers de la route d'un Noir ou d'un Arabe? Est-ce qu'il en a jamais traité un de "Négro" ou de "Bougnoule"? Est-ce qu'il a pourchassé l'un d'eux à coups de canettes ? Est-ce qu'il en a frappé un à coup de batte de Baseball ?
Non: C'est juste qu'il a ouvert un commerce et qu'un jour, à 7h30 du matin, il a dit a un Noir qui se présentait à l'improviste: "Monsieur, la place est prise."

La religion s'en mêle

L'image de Monsieur Lefèvre ne s'arrange pas lorsqu'une nouvelle polémique s'ajoute à l'accusation déjà sérieuse de discrimination raciale. Alors qu'il n'a été pas plus été question, lors de l'entretien avec l'agent de l'ANPE, de la race de monsieur Gadio que de sa confession, celui ci, dans les entretiens qu'il donne aux médias, mentionne systématiquement qu'il est musulman, portant le débat sur un terrain aussi sensible que défavorable à un commerçant dont certaines préparations alimentaires sont à base de Porc. Le jeune homme a-t-il été chapitré en ce sens par SOS Racisme ? Ce n'est pas impossible. L'antenne locale de l'association a réussit à faire parler d'elle, deux ans plus tôt, en défendant une femme à qui une directrice d'auto école avait demandé d'ôter son tchador.

Jouer de l'Islam, dans un contexte social où celui-ci fait débat et où l'on crie à l'Islamophobie n'est qu'une façon supplémentaire pour Ibrahima Gadio et l'équipe qui le «coache» de jouer un peu plus sur le terrain de la victimisation. On dit qu'on veut lutter contre les discrimination et l'intolérance mais, en fait, on fait tout pour exacerber les tensions inter-communautaire que la médiatisation de l'affaire ne peut que générer.

Tandis que Monsieur Lefèvre garde le silence, ayant compris que tout ce qu'il dira sera retenu contre lui, son fils, Sylvain Lefèvre, tente maladroitement de parer le coup. Au cours d'un entretien avec une journaliste du quotidien Le Figaro, il révèle que dans les semaines qui ont suivis la visite de Monsieur Gadio, de nombreuses personnes, systématiquement d'origine étrangère – du Maghreb ou d'Afrique noire - et se disant envoyées par l'ANPE de Compiègne se sont présentées à la Charcuterie. Son père ne sachant plus comment se dépétrer de ce problême, Le jeune Sylvain a suggéré à son père de signaler à l'agence que le travail nécessitait la manipulation de porc, espérant que cet argument, à défaut d'un autre, convaincrait les agents de l'ANPE de cesser ce qui semblait être un forme subtile de harcèlement par postulants interposés.

La journaliste ne tarde pas à publier un autre article défavorable à Guy Lefèvre, l'illustrant d'exemples montrant qu'un musulman peut manipuler de la viande porcine si nécessaire. En réalité, Monsieur Lefèvre, qui n'attache aucune importance aux questions religieuses et ne comprend rien à l'Islam, n'a pas suivi les conseils de son fils et n'a pas contacté l'ANPE à ce sujet. Mais avec la parution de l'article dans Le Figoaro, pour lui, un peu plus de mal est fait...

La religion d'Ibrahima Gadio – quoi qu'il en ait complaisamment et intentionnellement fait étalage - n'a jamais été en cause.

Des pressions politiques

L'hystérie collective déclenchée par la presse locale de la région de Compiègne ne s'est pas arrêtée à la publication de journaux. Loin de chercher à faire régner un climat d'apaisement dans sa commune, Bernard Hellal, le maire de Margny les Compiègne, se joint aux lyncheurs de SOS racisme. A son initiative, une quinzaine de jours avant l'audience du 27 décembre, pour ajouter encore au climat de haine entretenu contre Guy, le conseil municipal vote une motion "sur mesure" qui ne peut viser que le Commerçant. Cette motion affirme que la ville n'acceptera pas les commerçants qui pratiquent la discrimination y tiennent boutique. En réalité, nul ne s'y trompe, l'élu socialiste a simplement fait le procès de Guy avant que le procès n'ait lieu. Et comme tout au long de l'affaire, les médias locaux ont été opportunément prévenus...

Y a-t-il eu intervention de SOS racisme auprès de la mairie de Margny les Compiègnes?

C'est probable et plausible : Bernard Hellal est apparenté au parti socialiste, auquel appartiennent nombre de responsables de SOS racisme. En 2004, après que Malik Boutih ait décidé de remettre l'association sous le contrôle du parti socialiste, une scission l'a divisé en deux camps avec d'un côté SOS racisme, inféodé à ce parti politique, et de l'autre SOS racisme indépendent. Oumar Ba, le responsable local de SOS Racisme Compiègne a menée à bien l'épuration des dissidents. Il a d'ailleurs songé à s'impliquer dans la vie politique. De même, Monsieur Delcourt, qui était directeur de l'antenne de l'ANPE à Compiègne serait lui aussi proche du parti socialiste.

Un procès « pour l'exemple.»

Pour son malheur, le procès de Guy tombe au plus mauvais moment possible. Trois semaines auparavant, la France a été secouée par 18 jours d'émeutes raciales qui ont touchés tout le pays. On n'a cessé, à l'époque d'attribuer la responsabilité des violences non aux jeunes mais à la « discrimination » dont ils seraient victimes. Le lynchage de Guy arrive à point nommé pour faire un exemple «citoyen» et donner des gages à des jeunes issus de l'immigration - dont Ibrahima Gadio est l'exemple type. On tient enfin un des «vrais» responsables des émeutes raciales !

L'audience du 7 décembre 2005, se déroule dans un climat particulièrement malsain. Des militants de SOS Racisme réclament que "justice" soit faite: c'est à dire qu'on juge le moins possible et que le tribunal, comme la presse locale, se contente d'être la chambre d'enregistrement des accusations de l'association.

Si l'audience se déroulait dans un climat serein, Guy Lefevre et son avocat pourraient espérer avoir gain de cause et gagner le procès. Les militants d'SOS racisme, quoi qu'il arrive, ne seront pas perdant. Pour eux, les Français comme Guy ne sont guère plus que de la merde que l'on écrase. Grâce à l'argent d'une association subventionnée à fond perdus (quand elle n'en détourne pas), ses militants entament depuis des années procès sur procès sans jamais avoir à payer personnellement les conséquences financières de ceux-ci et sans avoir à se soucier de la véracité des accusations portés contre ceux et celles qu'ils calomnient et qu'ils salissent.

Par une détestable perversion du systême judiciaire, les tribunaux sont utilisés par l'association non pour qu'on y rende la justice, mais comme une arme de coercition et d'intimidation, en donnant à un harcèlement communautariste un verni de légalité. On veut faire pression pour l'embauche des jobs d'été? Alors par une opportune coïncidence, on trouve soudain une cinquantaine de petits patrons à trainer devant devant les tribunaux. Coupables? pas coupables? Les militants d'SOS racisme s'en contrefichent : le but de SOS racisme est moins de gagner les procès que d'en intenter et de faire de la colonne de journal au kilomètre. Les avocats qui se font les complices de cette inquisition seront payés, quoi qu'il arrive. Alors on traîne une, deux, dix personnes, trente personnes en procès. Et des pauvres types comme Guy Lefevre suent, angoissent, s'épuisent, payent des frais d'avocats qui mettent des commerces qu'ils ont mis une vie à bâtir sur la brèche parce que des canailles, petite main jaune épinglée au revers de veste, veulent leur extorquer des emplois comme d'autres rackettent des portables.

Traîné dans la boue depuis des semaines sans que jamais ne lui ait été accordé un droit de réponse, Guy Lefèvre pourrait espérer, enfin, un peu d'équité et un peu d'impartialité. Le juge en charge du dossier ne manifeste aucune de ces deux qualités sans lesquelles, pourtant, la meilleure des lois peut servir à commettre la pire des injustices.

Guy, pour son malheur, arrive lessivé au tribunal, miné par des journées d'angoisses. Depuis des semaines, lui et sa femme, suivent un traitement médical. Un moment, ses enfants ont craint que cet homme qui en a pourtant vu d'autres ne s'éffondre et ne commette l'irréparable. Quand on l'interroge, le commerçant n'arrive pas à mobiliser sa pugnacité habituelle. Il est intimidé. Habituellement, il n'irait pas par quatre chemins pour dire ce qu'il a à dire, cet homme franc du collier mais ici, il sait que ses manières directes et carrées vont jouer contre lui et cela le prive de sa meilleur arme. Il n'est pas lui même. Il a le sentiment que les quelques journalistes présents ne sont guère plus que des hyènes qui le guette, carnet de note à la main, et qu'ils le repeindront aussitôt en brute pour peu qu'il hausse un peu la voix. Il imagine la presse du lendemain. "Au tribunal, la brute raciste ne pouvait contenir sa haine..."

Il est déboussolé, on lui met des papiers sous le nez : la procédure lui échappe. Un procureur et un juge le traite, lui, l'honnête homme, comme une crapule qui vient de casser les os d'une grand mère pour lui voler son sac. Guy ne comprend plus rien à ce qui lui arrive.

Et face à lui, à ses proches et à ses amis, il y a une organisation aguérie, rodée, qui mène la danse depuis le départ. Il y a une municipalité dont l'équipe dirigeante éprouve à son endroit une hostilité non feinte. Il y a ces journalistes qui n'ont pas cessé de l'étriller. Il y a Oumar Ba, le responsable locale de l'association SOS racisme, posant en civilisateur africain venu édifier le sauvage blanc. Il y a Ibrahima Gadio, un individu défavorablement connu des services de police de Compiègne, érigé là en inoxydable stigmatisé de la haine. Il y a un avocat qui ne s'embarrasse pas de scrupules...

Il y a des grands absents: les "témoins" de l'ANPE.

En 2001 à Vauvert, un autre blanc - lui aussi d'un milieu modeste - avait déjà été victime de la malveillance d'SOS racisme et de ses avocats. Joël Eli avait abattu un individu qui traînait autour de sa voiture à quatre heures du matin, alors que depuis plusieurs jours, la ville était secouée par une émeute raciale et que plusieurs véhicules avaient été incendiés. C'était un crime et c'était condamnable. Pour le malheur de Joël Eli, sa victime était d'origine maghrébine. L'association avait affirmée avoir des témoignages certifiant qu'il avait proféré des propos raciste lorsqu'il avait tiré. Pendant son procès, les avocats de l'Agrif, une des rares associations anti-racistes qui défende les Français de souche, avaient pu montrer, en interrogeant les témoins, que les avocats de l'association avaient truqué le procès en faisant pression sur plusieurs jeunes maghrébins pour qu'ils fassent de fausses déclarations.

A Compiègne, il est hors de question que ce genre de chose puisse se reproduire. Guy Lefevre DOIT être coupable. Alors Monsieur le juge se passe des témoins. Et quand l'avocat de Guy Lefevre veut interroger Ibrahima Gadio, savoir peut-être s'il a été envoyé chez Monsieur Lefèvre pour le piéger ou quelles sont les circonstances qui l'ont amené à porter plainte cinq mois après les faits, le juge l'en empêche. D'un bout à l'autre de l'affaire du "charcutier de l'Oise", à aucun moment les accusateurs de Guy Lefèvre n'auront du supporter un interrogatoire contradictoire. Tout, dans ce procès, est à charge.

Contre Guy ce jour là, le ministère public requiert deux mois de prison avec sursis, 800 euros d'amende, 20 000 euros de dommage et intérêt pour Gadio et 1 euro symbolique pour SOS racisme. Le jugement doit être rendu le 17 janvier 2006.

Et donc sans autre forme de procès que cette sinistre farce, le 17 janvier 2006, Guy Lefèvre, un homme qui a commencé à travailler à l'âge de 14 ans et n'a jamais cessé depuis, un commerçant qui n'a jamais brulé une voiture, qui n'a jamais détourné d'argent, un père de famille qui a élevé deux enfants polis et respectueux des autres, un homme dont le seul véritable crime est d'être blanc et de n'avoir pas le bras assez long pour se tirer d'affaire est condamné à deux mois de prison avec sursis, à 2 000 Euros d'amendes et à 2000 Euros de dommages et intérêts. On en connait qui commette des crimes bien plus graves et s'en tirent avec des peines bien moins sévère...

Sympathie

A une autre époque, privé du soutien des médias - ou plus exactement lynchés par eux - Guy Lefevre n'aurait plus eu que ses deux yeux pour pleurer. Mais avec internet, son histoire, peu à peu, se propage. Aux proches, aux amis, aux clients qui lui ont apporté son soutien est venu s'ajouter celui d'inconnus qui, en lisant des sites d'information ou en consultant certains Blogs (notamment celui du comité de soutien à Guy Lefèvre), ont été ému par l'histoire de cet anonyme, de ce français générique qu'on a broyé avec cynisme, pour l'exemple. Par emails et par d'autres voies, des messages de solidarité ont afflués des quatres coins de France.

Un nouveau drame

Quelques temps après le procès, Le climat de haine entretenu envers Guy finit par avoir les conséquences qu'on pouvait craindre. Dans la nuit du 22 au 23 février, Alors que Guy Lefèvre passe la soirée en famille et tente de mettre une année de cauchemar derrière lui, il entend ses chiens aboyer à la porte de son commerce. Intrigué, le commerçant ouvre sa fenêtre et aperçoit cinq hommes en train d'uriner sur la vitrine de son magasin. Il leur demande avec fermeté d'aller faire leur besoin ailleurs mais aucun d'entre eux ne daignent lui répondre et par provocation, ils continuent de se vider la vessie son magasin. Guy se sent bien sur insulté : son commerce, c'est toute sa vie. Le charcutier descend pour faire dégager les malotrus. Mal lui en prend car, à peine ouvre-t-il le portail qui donne sur la rue qu'il tombe dans ce qui est manifestement un guet apend.

Les cinq hommes, des gitans, l'attrapent et le passent à tabac avec une sauvagerie inouïe. Guy, qui craint pour sa femme et sa fille, se bât et se débat comme il peut pour les empêcher d'entrer. Ses agresseurs le massacrent. Littéralement. Sous la violence des coups, il perd connaissance. Les inconnus jouent au football avec sa tête. Lorsqu'il revient à lui sur un lit d'hôpital, il a un tympan crevé et doit subir, dans les jours qui suivent, une opération chirurgicale. Même si l'enquête ne s'est pas orienté dans cette direction, il est difficile de ne pas faire le rapprochement entre l'agression et la façon dont il a été diabolisé, d'autant que les cinq hommes vivaient dans la commune et ne pouvaient rien ignorer des accusations qui pesaient contre le charcutier. Une autre fois, une bonne âme a aussi rayé le capot de sa voiture pour y dessiner une croix gammée, un acte de vandalisme facile à interpréter dans le contexte où il a été commis.

Rapidement, deux de ses agresseurs sont détenus par la police pour coups et blessures et une troisième pour menaces de morts.

Dans les jours qui suivent l'incident, Bernard Hellal, le maire de la ville qui avait fait passer fort à propos un arrêté municipal condamnant les commerçants qui pratiquent la discrimination, fait part de sa sympathie à Guy. Il ne se vante pas, par contre, de siéger à la Commission Départementale Consultative des Gens du Voyage de l'Oise.

Deux agresseurs majeurs ont été condamnés à 10 mois d'emprisonnement en mars 2006 par le tribunal d'instance de compiègne. Un troisième, à cinq mois de prison. Dans le climat de haine autour de Guy, on est presque surpris qu'ils n'aient pas été médaillés.

Testing ou pas testing ?

L'association SOS racisme voit probablement dans la condamnation inique de Guy Lefèvre une opportunité de légitimiser une pratique qui, parce qu'elle consiste à piéger les gens par un artifice plutôt qu'en se fondant sur un fait s'étant réellement produit, fait l'objet d'une controverse. De plus, dans les jours qui ont précédé, Louis Schweitzer a mis en cause l'efficacité de l'action judiciaire contre les discriminations.

Dans un communiqué publié le 18 janvier sur son site, l'association SOS racisme écrit :

 

« Mardi 17 janvier 2006 : au TGI de Compiègne, Condamnation à 2 mois de prison avec sursis, 2000 € d’amende et 2000 € de dommage et intérêts d’un artisan boucher charcutier poursuivi par SOS Racisme pour discrimination à l’embauche suite à un testing effectué avec l’Anpe. » (2)

En réalité, l'association ment en toute connaissance de cause lorsqu'elle prétend avoir effectué un testing avec l'ANPE, et cela pour plusieurs raisons.

D'abord parce que l'incident ne correspond pas au mode opératoire des testing qu'elle pratique. En effet, un testing s'effectue en présentant deux personnes aux origines différentes pour mettre en lumière une différence de traitement en fonction de celles-ci. Cela n'a pas été le cas concernant l'affaire Guy Lefèvre.

Si, de plus, SOS racisme a effectué un « testing » avec l'ANPE, il est surprenant que l'association ait mis tant de temps à porter plainte au lieu de le faire immédiatement comme elle en a l'habitude. Dans cette affaire, ni le mode opératoire, ni les délais ne cadrent avec ses méthodes.

La troisième question que l'on peut se poser - si testing il y a eu - est de savoir si Ibrahima Gadio savait qu'il était utilisé à cette fin car – fait troublant - le jeune homme n'a pas évoqué la question du testing devant les journalistes. On se trouverait alors face à une question éthique: a-t-on le droit d'utiliser les gens à leur insu pour ce genre de pratique ? A-t-on le droit, si on soupçonne un employeur de discrimination raciale, de faire perdre son temps à un demandeur d'emploi en l'envoyant se présenter chez une personne dont on pense qu'elle ne l'embauchera pas. On n'est plus, ici, dans le cas de la lutte contre la discrimination mais bien dans le registre de la manipulation d'autrui. Si c'est le cas concernant l'affaire Guy Lefèvre, l'acte est gravissime.

Enfin, dernière interrogation que suscite l'affaire: si Monsieur Lévèque a considéré que Guy Lefèvre pratique la discrimination raciale parce qu'il n'a pas embauché le seul candidat qu'il lui avait présenté, ne peut-on pas tout autant se demander si ce n'est pas lui qui a pratiqué la discrimination raciale en ne rendant pas publique l'annonce du charcutier – ce qui revient à écarter tous les candidats du poste – pour ne l'attribuer qu'à une personne de race noire? En sensibilisant les agents de l'ANPE aux problèmes des discriminations à l'embauche et surtout, en leur donnant un pouvoir de police, ne risque-t-on pas d'assister à toute sortes de dérapages de ce genre ?

Se pourrait-il qu'à l'ANPE de Compiègne, au nom de la lutte contre les discriminations, un ou des agents aient délibérément écartés de certains emplois tous les candidats d'origine française pour favoriser l'embauche de candidat issus de l'immigration ?

Une chose est sure: en décembre 2005, le tribunal de Compiègne n'a pas pris le risque que ce point soit éclairci.

Un autre scènario

On peut donc fort bien spéculer que l'affaire Guy Lefèvre ait commencé bien avant qu'Ibrahima Gadio ne se présente à la porte de sa charcuterie :

 

Le directeur de l'agence de l'ANPE de Compiègne, qui gravite dans l'orbite du Parti socialiste, aurait mené une campagne de sensibilisation contre ce qu'on appelle les discrimination à l'embauche. Certains employés l'aurait pris au mot et auraient décidé de lutter contre les discriminations raciales en privilégiant l'embauche de personnes étrangères, leur réservant arbitrairement certaines offres d'emploi. Négligeant le fait que l'ANPE n'est pas le seul recours des demandeurs d'emploi et des chefs d'entreprise, cet employé a considéré que la réponse du charcutier au demandeur d'emploi ne pouvait qu'être motivé par la discrimination raciale puisqu'à sa connaissance, c'était le seul postulant qu'il avait envoyé à la charcuterie.

Ce serait sur la base de cette impression qu'il aurait fondé son accusation. Par la suite, Le directeur de l'agence aurait encouragé l'agent à signaler l'affaire à la COPEC. Éventuellement, l'anecdote aurait fait surface pendant une rencontre entre le directeur de l'agence et le maire ou le responsable local d'SOS racisme, les trois hommes étant tous proches ou membres du parti socialiste. Il est vraisemblable qu'ils se sont rencontrés à un moment ou un autre de l'affaire. Ils auraient alors décidé de conjuguer leur efforts pour forcer la décision du tribunal.

Il ne s'agit pas là, bien sur, d'une accusation ou d'une affirmation, mais il est normal de montrer qu'un autre scènario que celui proposé unilateralement est envisageable.

Le procès en Appel

Le procès en appel se déroule le 15 ajnvier 2006 à la cours d'appel d'Amiens. Il va permettre de jeter la lumière sur l'affaire Guy Lefèvre et confirmer nombre de soupçons qu'on pouvait avoir au sujet de SOS Racisme et de sa stratégie, qu'on peut légitimement qualifier de malhonnête, malveillante et mensongère.

Cette fois-ci, le charcutier est assisté par un jeune avocat pugnace, maître Olivier Debourge, dont un des mérites va être de secouer le panier de crabes, n'hésitant pas à poser des questions qui dérangent, au point que le président de la cours, évoquantla sérénité de la justice ( et probablement embarrassé par cette "patate chaude", coupera la parole à l'avocat lorsque celui-ci évoquera la collusion possible entre entre SOS Racisme et le Parti Socialiste dans cette affaire.

Relisant le communiqué de SOS Racisme daté du 18 janvier 2006, Me Debourge va poser la question de l'existence d'un testing dans l'affaire Lefèvre. Interrogé par ses soins, Ibrahima Gadio reconnaît publiquement qu'il ne sait pas ce qu'est qu'un testing ! donc : L'association SOS Racisme a délibérément et sciemment menti dans son communiqué du 18 janvier 2006 lorsqu'elle affirmait avoir obtenu une condamnation pour discrimination raciale suite à un « testing effectué avec l'ANPE ». Elle a instrumentalisé cette affaire pour légitimer une pratique controversée. Contrairement à ce qu'elle affirme : il n'y a jamais eu de testing dans l'affaire Lefèvre. Tout repose sur la parole d'un homme contre un autre.

La plaidoirie de l'avocate de SOS Racisme sera révélatrice de la façon dont l'association et Ibrahima Gadio ont envenimé l'affaire en instrumentalisant la question religieuse. A deux reprises, alors que ni Guy Lefevre, ni Me Debourge, ni les magistrats présents n'avaient fait allusion à l'islam au cours de la procédure, l'avocate a évoqué la foi musulmane de son client pendant sa plaidoirie. Étonnantes méthodes qui consistent à lutter contre le «racisme» en créant des polémiques là où il n'y en a pas pour attiser les tensions inter-communautaires. Et difficile de ne pas constater que ces allusions totalement hors sujet ne dérangeront pas le moins du monde un président de la cours d'appel autrement plus pointilleux avec la plaidoirie de l'avocat de Guy Lefèvre.

L'association, par la voix de son avocat, aura aussi l'hypocrisie d'accuser les Lefèvre d'avoir chercher à médiatiser l'affaire. Pourtant, si des journalistes de l'audiovisuel étaient présents le 15 janvier 2007, ce ne sont pas les Lefèvre qui les avaient avertis – tout comme ils ne l'avaient pas fait avant le premier procés.

Enfin avec une incroyable absence de scrupules pour parvenir à ses fins, l'avocate de SOS Racisme n'aura fait l'économie d'aucune vilainie, allant jusqu'à accuser Madame Lefèvre d'avoir fait un faux pour disculper son mari ; une calomnie que Maitre Debourges parviendra à dissiper avec intelligence.

A vrai dire, l'avocat de Guy Lefèvre soulèvera des points intéressants :

 

D'une part on apprendra que Monsieur Lévèque, l'accusateur de Guy Lefevre, ne l'avait jamais eu au téléphone avant et aurait donc été bien incapable de reconnaitre la voix de celui qu'il accuse.

D'autre part, l'audience permettra d'apprendre que les « témoins » n'ont pas entendu Guy Lefèvre proférer le moindre propos raciste pour la simple et bonne raison que le haut parleur n'a été branché qu'en cours de conversation. En réalité, un des «témoins» aurait «déduit» de ce qu'il a entendu de la conversation que Monsieur Lefèvre aurait tenu des propos racistes. Au final, c'est la parole de monsieur Lefèvre contre celle d'un homme qui n'avait jamais entendu le son de sa voix – et dont toute la crédibilité vient de l'appui d'une puissante organisation qui n'a cessé d'instrumentaliser l'affaire.

Face au Juge, Guy Lefèvre est passé au grill - c'est le moins qu'on puisse dire. Pressé de questions, le charcutier, angoissé, craignant de se tromper et de se faire du tort, ne parvenait qu'à s'embrouiller et à bredouiller - sauf lorsque les mensonges et les injustices dont la cours l'accablait étaient trop manifestes : il lachait alors un bruyant «C'est pas vrai !». Cela serrait le coeur de voir sa femme et son fils, dans l'auditoire, incapables de retenir des cris d'approbations ou corrections. La cours savait-elle seulement que, si le charcutier ne les regardait pas en face, ce n'était pas par manque de franchise mais parce que les séquelles de l'agression dont il a été victime l'empêchent d'entendre correctement d'une oreille ?

Le procès, dans l'ensemble, s'est mal déroulé, le président de la cour d'Appel n'étant manifestement pas disposé à laisser l'avocat de Guy Lefèvre développer les arguments les plus sensibles sur l'affaire. Au sortir de l'audience, Madame Lefèvre était en larmes. La famille Lefèvre, Me Debourges et quelques amis resserraient les rangs. On comptait parmis eux des personnes venues de loin : deux lillois et un montpelliérain.

Deux journalistes de France 3 présentes sur place recueillaient les versions des uns et des autres. Maitre Olivier Debourge défendait la cause de son client tandis que Jacques Ebosse, le président de SOS Racisme Amiens donnait un nouvel exemple de la façon dont l'association n'a cessé d'instrumentaliser l'affaire en exacerbant les tensions communautaires.

Une fois de plus en effet, bien conscient que la profession de Monsieur lefèvre est aussi son talon d'achille, Jacques Ebosse ramenait la question religieuse sur le tapis en affirmant devant la caméra de France 3 que monsieur Lefèvre avait refusé un emploi à Monsieur Gadio en fonction "de sa couleur de peau et puis de ses origines ethnique" avant de demander si on peut refuser un emploi à un jeune "parce qu'il est noir ? parce qu'il est de confession musulmane ? parce qu'il habite un quartier mal famé ?" Comme d'habitude, personne n'a relevé ces propos. Pourtant, les journalistes présentes dans la salle d'audience ne pouvaient ignorer que si la discrimination raciale faisait débat dans cette affaire, la dimension confessionnelle en était totalement étrangère.

Méthode emblématique de la diabolisation dont a fait objet le commerçant - avec les conséquences que l'on sait - Le reportage sera diffusé le jeudi 16 à midi sur France 3 Picardie, juste avant un sujet sur les "justes", histoire de faire du charcutier, par association d'idées, l'équivalent d'un nazi...

Le procureur a requis contre deux mois de prison avec sursis et 1500 Euros de dommages et intérêts contre Guy Lefèvre ainsi qu'un Euro symbolique au profit d'SOS Racisme, qui était partie civile dans l'affaire. Le jugement a été mis en délibéré jusqu'au 21 février. Après ce dont il a été témoin, le rédacteur de cet article ne peut se défendre du sentiment que Monsieur Lefèvre a plus de chance de gagner l'Euromillion que d'obtenir un verdict équitable de la part de la cours d'appel d'amiens, mais il faut croire en la justice jusqu'au bout.

***

1) la version donnée par Guy Lefèvre est tout à fait crédible si j'en crois ma propre expérience. Embauché en catastrophe en juillet 2006 pour un Contrat a durée déterminé, pour faire sa déclaration URSAAF, mon employeur ne m'a demandé de précision sur mon N° de sécurité sociale et mon Etat Civil complet qu'une semaine après que j'ai commençé de travailler. Quand au contrat lui-même, je ne l'ai signé qu'à la fin du CDD. je dois être réembauché au début février mais j'ai prévenu mon employeur que ce mois là, j'aurais tout de même besoin d'une semaine de libre au début du mois. Ce sont des réalités que les magistrats, fonctionnaires qu'ils sont, ne peuvent pas comprendre...

2) l'intégralité du texte de SOS Racisme diffusé sur son site le 18 janvier 2006 montre bien le contexte qui imposait à l'association d' inventer un testing réussi pour crédibiliser sa méthode. J'ajoute en gras les passages qui interesse qui illustre mon propos :

Paris, le 18 jan 06 - L’année commence bien pour SOS Racisme et le combat judiciaire contre les discriminations.

Tandis que Louis SCHWEITZER et tant d’autres parient sur l’échec de l’action judiciaire contre les discriminations, SOS Racisme continue de faire le pari qu’à force de testing et d’interpellation systématique de la justice nous pourrons obtenir des centaines de procès correctionnels contre la discrimination.


En ce début d’année 2006 consacrée à l’Egalité, SOS Racisme vient d’enchaîner les procès et les décisions de justice contre les discriminations à l’embauche grâce aux opérations de testing.

Lundi 16 janvier 2006 : au TGI d’Albertville, Procès d’un propriétaire d’appartement suite à un testing d’initiative individuelle. L’avocat de SOS Racisme partie civile aux côtés de la victime a été soutenu par le procureur de la République qui a requis 3000 € d’amende.

Mardi 17 janvier 2006 : au TGI de Compiègne, Condamnation à 2 mois de prison avec sursis, 2000 € d’amende et 2000 € de dommage et intérêts d’un artisan boucher charcutier poursuivi par SOS Racisme pour discrimination à l’embauche suite à un testing effectué avec l’Anpe.

Mercredi 18 janvier 2006 condamnation par la Cour d’Appel de Lyon de trois discothèques l’AKGB, le CBDO, 2P C qui avaient été épinglées avec 8 autres par une opération de testing de SOS Racisme et Lyon Capitale. Chacun des videurs a été condamné à 1 500 € d’amende, et à verser 4000 € de dommage et intérêts à SOS racisme.

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"L'envers du Testing"
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Drôle d'antiracisme
 
     
   
   
   
   
   
 
 
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