31 mars 2006
 

Violences du 23 mars - Les Faits

 
 

 
"Tu t'souviens d'moi hein ? "Sale Blanc" Tu m'traitais."
24 mars 2006 - France 2 -
journal de 20h00 du 24 mars 2006

 

23 Mars 2006. Place d'italie, plusieurs dizaines de milliers de lycéens et d'étudiants se préparent à manifester pacifiquement. ce qui les rassemblent: Le CPE, un projet de loi visant à précariser un peu plus les salariés et à les mettre, pendant deux ans, sur un véritable siège éjectable, taillables et corvéables à merci, pour ainsi dire. Depuis plusieurs semaines, la contestation gronde, enfle, le mouvement prend de l'ampleur et il semble culminer ce jour là. Vers 14h00, tous se préparent à défiler dans les rues de Paris.

Autour d'eux, des bandes ont peu à peu fait leur apparition. Ce sont des centaines et des centaines de "jeunes"- principalement des Noirs et des Arabes, avec parfois des filles et beaucoups de jeunes mineurs - venus des cités de banlieues. Ils ont l'intention de rééditer l'exploit de l'année précédente, lorsqu'un millier d'entre eux s'étaient livrés à une véritable chasse aux Blancs dans les rue de la capitale, dans la quasi totale impunité. Cette fois ci, ils sont deux mille à venir à la curée: L'incapacité du gouvernement à maitriser les émeutes raciales d'octobre-novembre 2005, pendant lesquelles on avait brûlé et cassé pendant 18 jours, les a rendu plus téméraires que jamais.

Capuches rabattues pour dissimuler leurs visages, vétus de survêtements et de chaussures de sports, ils trainent en meutes aux abords du cortège, repérant les proies faciles: des jeunes isolés et ceux auxquels ils pourraient voler quelque chose. Etudiants et Lycéens se mettent en marche bien que certains, en voyant des groupes armés de batons se déplacer prés d'eux, aient déjà conscience du danger qui les menace.

Très vite, ceux qu'on décrira comme des casseurs, mais qu'il plus approprié de décrire comme des dépouilleurs, passent à l'action. Ils avancent rapidement et enchainent les agressions comme on enfile des perles. Après avoir repéré une personne qui téléphone, c'est la tactique de l'essaim: ils entourent une victime, la bousculent et la frappe pour la paralyser de peur et empécher qu'elle appele à l'aide. Tandis qu'elle est désorientée, ils lui font les poches, lui arrachent portable ou lecteurs de MP3 ou volent son sac. Ou cognent, par plaisir.

"Restez Groupés"

Arrivé au niveau de Montparnasse, le service d'ordre de la manifestation anti-CPE commence à être débordé. Ses gros bras font le coup de poing contre les dépouilleurs et récupèrent quelques portables à coups de matraques. Les consignes commenent à circuler: "Restez groupés". Une étudiante en histoire à Censier, Julie, se fait voler son portable au moment où elle s'apprête à passer un appel. L'instant d'après, la même bande agresse Guillaume, lui vole son appareil photo, le pousse à terre et se met à le rouer de coups de pieds. A mesure que les minutes passent, les étudiants et les lycéens sont confrontés à une violence grandissante. Ce sont des bandes de vingt à trente personnes qui se jettent sur les uns et les autres pour tabasser "au hasard" des victimes. Coups de Poings, coups de boules, coups de pieds se mettent à pleuvoir sur les manifestants et dans la mélée, lorsqu'une bande en entourent un pour le massacrer, certains sortent des couteaux et poignardent le malheureux qui leur est tombé sous la main.

Sur le parcours, les dépouilleurs afro-maghrébins se mettent à casser les vitres de voitures, à en défoncer les carrosseries à coups de pieds, à en renverser certaines avant d'y mettre le feu. Une, puis dix, puis trente véhicules flambent. Les magasins environnants ne sont pas épargnés. Leur vitrines sont brisées. Leurs marchandises: pillées. Leurs locaux: saccagés.

"Sale Blanc"

Arrivé au Boulevard des Invalides, les dépouilleurs se déchainent. C'est un spectacle digne des emeutes de Port-au-Prince ou de Libreville qui s'y déroule. Les invalides deveinnent le théatre de scèbe de lynchage collectif. Jérome, un adolescent de 17 ans, subit un tabassage en rêgle, purement "gratuit": il n'avait rien à voler sur lui. D'autres, comme ce jeune homme qu'on verra plus tard au journal de France 2, sont traités de "Sale Blanc" par ceux qui les agressent. La moindre résistance vaut à celui qui en fait preuve un surcroît d'attention de la part des bandes. Les camps sont vites définis: la violence à un tel caractère interracial qu'il suffit qu'une échauffourée commence pour que, voyant un blanc au prise avec des agresseurs, des Noirs et des Arabes aussitôt de tous côtés pour le massacrer. En quelques instant, un attroupement se forme, qui peut rassembler jusqu'à cent agresseurs. La victime est litteralement submergée par la masse humaine tandis que les coups pleuvent sur elle.

Un jeune anarchiste, membre de la CNT, tente d'intervenir avec un camarade pour protéger des personnes en train d'être agressées; il est littéralement massacré par une centaine de personnes. Le tabassage est d'une telle brutalité qu'il doit être hospitalité à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière pour un traumatisme cranien. Des jeunes filles sont elles aussi brutalisées, l'une d'elles est trainée par les cheveux puis piétinée. Thomas Coex, un journaliste de l'AFP s'apprête à photographier un manifestant tombé qui vient d'être roué de coups lorsque deux agresseurs lui font un balayage, le jette à terre et lui donne plusieurs coups de pieds avant de se détourner pour se livrer à une autre agression.

"On Joue"

La violence des dépouilleurs afro-maghrébins n'est pas seulement gratuite et, dans certains cas, clairement motivée par la haine raciale. Elle a aussi une dimension profondement sadique et amorale qui là encore. Sur une série de clichés qui vont être publié à l'étranger, on voit une bande de Noirs et d'Arabes agressant une jeune femme pour lui voler son sac avant de la jeter à terre, puis l'entourer en riant tandis qu'elle se traine sur le sol. Il y a une dimension haineuse dans ces comportements, une volonté d'humilier et de déshumaniser la victime. "On Joue" pour reprendre l'expression souvent utilisée par les jeunes Noirs et les jeunes Arabes lorsqu'ils harcèlent quelqu'un. L'humiliation de l'autre devient un spectacle, une distraction et un trophée, un Noir filme les scène de violence avec un camescope.

L'agression que subit Georges Mérillon, un autre photographe de presse, est emblématique de ce qui caractérise ces violences. Resté sur la Place des Invalides en compagnie d'une dizaines de confrêres, il prend des photos des violences qui se déroulent sous ses yeux. Soudain, un Jeune Noir se dirige en courant vers lui, tenant à la main, en guise d'arme, un torchon enflammé avec lequel il tente de le frapper au visage. Il ne s'agit plus ici de blesser : il faut défigurer l'autre, détruire son visage pour lui nier une identité.

Les affrontements contre la police vont se poursuivrent jusque 18h30 mais la plupart des personnes interpellées ne seront pas les dépouilleurs afro-maghrébins. Ceux là seront partis longtemps avant que la police ne charge: ils n'étaient pas venus pour en découdrent avec les CRS mais pour laisser libre cours à leur pulsions et à un tempérament enclin à la violence.

 
 
 
 
 
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Les faits
 
   
   
   
   
 
 
 
 
         
 
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