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"Tu
t'souviens d'moi hein ? "Sale Blanc" Tu
m'traitais."
24 mars 2006 - France 2 -
journal de 20h00 du 24 mars 2006 |
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Mars 2006. Place d'italie, plusieurs dizaines de milliers
de lycéens et d'étudiants se préparent
à manifester pacifiquement. ce qui les rassemblent:
Le CPE, un projet de loi visant à précariser
un peu plus les salariés et à les mettre,
pendant deux ans, sur un véritable siège éjectable,
taillables et corvéables à merci, pour ainsi
dire. Depuis plusieurs semaines, la contestation gronde,
enfle, le mouvement prend de l'ampleur et il semble culminer
ce jour là. Vers 14h00, tous se préparent
à défiler dans les rues de Paris.
Autour d'eux, des bandes ont peu à peu fait leur
apparition. Ce
sont des centaines et des centaines de "jeunes"-
principalement des Noirs et des Arabes, avec parfois des
filles et beaucoups de jeunes mineurs - venus des cités
de banlieues. Ils ont l'intention de rééditer
l'exploit de l'année précédente, lorsqu'un
millier d'entre eux s'étaient livrés à
une véritable chasse aux Blancs
dans les rue de la capitale, dans la quasi totale impunité.
Cette fois ci, ils sont deux mille à venir à
la curée: L'incapacité du gouvernement à
maitriser les émeutes raciales d'octobre-novembre
2005, pendant lesquelles on avait brûlé et
cassé pendant 18 jours, les a rendu plus téméraires
que jamais.
Capuches
rabattues pour dissimuler leurs visages, vétus de
survêtements et de chaussures de sports, ils trainent
en meutes aux abords du cortège, repérant
les proies faciles: des jeunes isolés et ceux auxquels
ils pourraient voler quelque chose. Etudiants et Lycéens
se mettent en marche bien que certains, en voyant des groupes
armés de batons se déplacer prés d'eux,
aient déjà conscience du danger qui les menace.
Très
vite, ceux qu'on décrira comme des casseurs,
mais qu'il plus approprié de décrire comme
des dépouilleurs, passent à l'action.
Ils avancent rapidement et enchainent les agressions comme
on enfile des perles. Après avoir repéré
une personne qui téléphone, c'est la tactique
de l'essaim: ils entourent une victime, la bousculent et
la frappe pour la paralyser de peur et empécher qu'elle
appele à l'aide. Tandis qu'elle est désorientée,
ils lui font les poches, lui arrachent portable ou lecteurs
de MP3 ou volent son sac. Ou cognent, par plaisir.
"Restez
Groupés"
Arrivé
au niveau de Montparnasse, le service d'ordre de la manifestation
anti-CPE commence à être débordé.
Ses gros bras font le coup de poing contre les dépouilleurs
et récupèrent quelques portables à
coups de matraques. Les consignes commenent à circuler:
"Restez groupés". Une étudiante
en histoire à Censier, Julie, se fait voler son portable
au moment où elle s'apprête à passer
un appel. L'instant d'après, la même bande
agresse Guillaume, lui vole son appareil photo, le pousse
à terre et se met à le rouer de coups de pieds.
A mesure que les minutes passent, les étudiants et
les lycéens sont confrontés à une violence
grandissante. Ce sont des bandes de vingt à trente
personnes qui se jettent sur les uns et les autres pour
tabasser "au hasard" des victimes. Coups de Poings,
coups de boules, coups de pieds se mettent à pleuvoir
sur les manifestants et dans la mélée, lorsqu'une
bande en entourent un pour le massacrer, certains sortent
des couteaux et poignardent le malheureux qui leur est tombé
sous la main.
Sur
le parcours, les dépouilleurs afro-maghrébins
se mettent à casser les vitres de voitures, à
en défoncer les carrosseries à coups de pieds,
à en renverser certaines avant d'y mettre le feu.
Une, puis dix, puis trente véhicules flambent. Les
magasins environnants ne sont pas épargnés.
Leur vitrines sont brisées. Leurs marchandises: pillées.
Leurs locaux: saccagés.
"Sale
Blanc"
Arrivé
au Boulevard des Invalides, les dépouilleurs se déchainent.
C'est un spectacle digne des emeutes de Port-au-Prince ou
de Libreville qui s'y déroule. Les invalides deveinnent
le théatre de scèbe de lynchage collectif.
Jérome, un adolescent de 17 ans, subit un tabassage
en rêgle, purement "gratuit": il n'avait
rien à voler sur lui. D'autres, comme ce jeune homme
qu'on verra plus tard au journal de France 2, sont traités
de "Sale Blanc" par ceux qui les agressent.
La moindre résistance vaut à celui qui en
fait preuve un surcroît d'attention de la part des
bandes. Les camps sont vites définis: la violence
à un tel caractère interracial qu'il suffit
qu'une échauffourée commence pour que, voyant
un blanc au prise avec des agresseurs, des Noirs et des
Arabes aussitôt de tous côtés pour le
massacrer. En quelques instant, un attroupement se forme,
qui peut rassembler jusqu'à cent agresseurs. La victime
est litteralement submergée par la masse humaine
tandis que les coups pleuvent sur elle.
Un
jeune anarchiste, membre de la CNT, tente d'intervenir avec
un camarade pour protéger des personnes en train
d'être agressées; il est littéralement
massacré par une centaine de personnes. Le tabassage
est d'une telle brutalité qu'il doit être hospitalité
à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière
pour un traumatisme cranien. Des jeunes filles sont elles
aussi brutalisées, l'une d'elles est trainée
par les cheveux puis piétinée. Thomas Coex,
un journaliste de l'AFP s'apprête à photographier
un manifestant tombé qui vient d'être roué
de coups lorsque deux agresseurs lui font un balayage, le
jette à terre et lui donne plusieurs coups de pieds
avant de se détourner pour se livrer à une
autre agression.
"On
Joue"
La
violence des dépouilleurs afro-maghrébins
n'est pas seulement gratuite et, dans certains cas, clairement
motivée par la haine raciale. Elle a aussi une dimension
profondement sadique et amorale qui là encore. Sur
une série de clichés qui vont être publié
à l'étranger, on voit une bande de Noirs et
d'Arabes agressant une jeune femme pour lui voler son sac
avant de la jeter à terre, puis l'entourer en riant
tandis qu'elle se traine sur le sol. Il y a une dimension
haineuse dans ces comportements, une volonté d'humilier
et de déshumaniser la victime. "On Joue"
pour reprendre l'expression souvent utilisée par
les jeunes Noirs et les jeunes Arabes lorsqu'ils harcèlent
quelqu'un. L'humiliation de l'autre devient un spectacle,
une distraction et un trophée, un Noir filme les
scène de violence avec un camescope.
L'agression
que subit Georges Mérillon, un autre photographe
de presse, est emblématique de ce qui caractérise
ces violences. Resté sur la Place des Invalides en
compagnie d'une dizaines de confrêres, il prend des
photos des violences qui se déroulent sous ses yeux.
Soudain, un Jeune Noir se dirige en courant vers lui, tenant
à la main, en guise d'arme, un torchon enflammé
avec lequel il tente de le frapper au visage. Il ne s'agit
plus ici de blesser : il faut défigurer l'autre,
détruire son visage pour lui nier une identité.
Les
affrontements contre la police vont se poursuivrent jusque
18h30 mais la plupart des personnes interpellées
ne seront pas les dépouilleurs afro-maghrébins.
Ceux là seront partis longtemps avant que la police
ne charge: ils n'étaient pas venus pour en découdrent
avec les CRS mais pour laisser libre cours à leur
pulsions et à un tempérament enclin à
la violence.
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