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Il
ya quelques jours, en parcourant les news de Google France
au sujet du racisme, je suis tombé sur un article
affiché sur les Forums du LOSC (l'équipe de
foot de Lille) intitulé : "Cette scène
a réellement eu lieu dans un vol de la compagnie
British Airways entre Johannesburg et Londres."
Le
titre et le contenu de l'article m'ont aussitôt paru
familiers. C'était la cinquième ou sixième
fois en un an que je le voyais ressurgir des entrailles
du web . Je l'ai lu une nouvelle fois et je laisse à
chacun la possibilité de le lire:
Cette
scène a réellement eu lieu dans un vol
de la compagnie British Airways entre Johannesburg
et Londres.
Une
femme blanche, d'environ cinquante ans, s'assied à
côté d'un noir. Visiblement perturbée,
elle appelle l'hôtesse de l'air.
L'hôtesse
: "Quel est votre problème, Madame?"
La
femme blanche : "Mais vous ne le voyez pas donc
pas ? Vous m'avez placée à côté
d'un noir. Je ne supporte pas de rester à côté
d'un de ces êtres dégoûtants. Donnez-moi
un autre siège. S'il vous plait".
L'hôtesse
: "Calmez-vous, presque toutes les places de
ce vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place
disponible".
L'hôtesse
s'éloigne et revient quelques minutes plus
tard : "Madame, comme je le pensais, il n'y a
plus aucune place libre dans la classe économique.
J'ai parlé au commandant et il m'a confirmé
qu'il n'y a plus de place dans la classe executive.
Toutefois, nous avons encore une place en première
classe".
Avant
que la dame puisse faire le moindre commentaire, l'hôtesse
de l'air continue : "Il est tout a fait inhabituel
dans notre compagnie de permettre à une personne
de classe économique de s'asseoir en première
classe. Mais, vu les circonstances, le commandant
trouve qu'il serait scandaleux d'obliger quelqu'un
à s'asseoir à côté d'une
personne aussi répugnante".
L'hôtesse
se tourne vers le noir et lui dit : "donc Monsieur,
si vous le souhaitez, prenez votre bagage à
main car un siège en première classe
vous attend".
Et
tous les passagers autour, qui, choqués, assistaient
à la scène, se levèrent et applaudirent...
Si
tu te bats contre le racisme renvoie ce message à
tous tes amis, mais n'efface pas ce message sans l'envoyer
à au moins une personne......... |
Une fois
que j'ai lu cet article attentivement, j'ai d'abord senti
la moutarde me monter au nez. C'était encore un de
ces articles emblématiques de l'anti-racisme "à
sens unique", peignant les Blancs sous leur plus mauvais
jour. Puis
en y réfléchissant un peu, j'ai trouvé
que la description de cet incident raciste était
justement trop stéréotypée pour être
honnête.
Cette
histoire cumule, en effet, tous les préjugés,
tous les stéréotypes, toutes les idées
reçues qui caractérisent l'antiracisme en
général et l'antiracisme albophobe en particulier.
Le
vol est en provenance de l'Afrique du Sud, un pays qui a
été un des grands enjeux des idéologues
de l'antiracisme. Evoquer
le racisme dans ce contexte permet de fixer rapidement les
codes de lecture du "racisme", qui se confirment
par la mise en scène des protagonistes. Hors la volonté
de verrouiller le discours dit "anti-raciste"
en fixant des rôles stéréotypés
(le Blanc est raciste, les Noirs sont des victimes) est
caractéristique de l'idéologie albophobe.
L'homme noir y symbolise la quintessence de la victime du
racisme. Le "sale Blanc" ou "la sale Blanche"
est le ou la "sale raciste".
En d'autres
termes, l'histoire parait crédible parce qu'elle
fait appel aux préjugés qu'on nous a enseigné
et non à notre réflexion.
D'autres
signes permettent d'être suspicieux concernant cette
histoire.
D'abord
le fait que l'auteur tient à affirmer que l'histoire
s'est réèlement passée, admettant par
là même son côté incroyable et
improbable pour mieux le dissiper.
Ensuite,
comme dans la plupart des rumeurs qui circulent par courrier
électronique ou sur les Forums de discussion du Web,
le réceptionnaire ou le lecteur est invité
à la propager avec, à la clef, une récompense
morale: en dénonçant le "racisme",
le Blanc ou la Blanche qui aide à propager cette
histoire stéréotypée se valorise socialement
auprès de son entourage tandis qu'en ne propageant
pas cette rumeur du web, elle se situe dans le camp des
"racistes". Pour les Noirs, les Arabes, voir les
Juifs, relayer cette histoire permet, à contrario
de renforcer leur racisme anti-blanc en montrant que le
- les Blancs sont des "racistes". Les Blancs et
particulèrement les femmes blanches sont décrites
comme des personnes haineuses, irrationnelles et malveillantes,
bref: moralement inférieures. Telle est la difficulté
que rencontre la dénonciation de l'Albophobie: faire
comprendre qu'accuser et dépeindre les Blancs de
racisme est souvent, en soi, une forme de racisme anti-blanc....
De tels
procédés ne sont pas anormaux, et relève
de ce que j'ai nommé l'imposture
raciste. Pour certains partisans de l'antiracisme, lancer
de fausses accusations contre les Blancs - "pour la
bonne cause"- est considérée comme justifié,
comme je l'ai montré dans mon article à ce
sujet.
Par
curiosité, j'ai cherché à vérifier
si cette histoire albophobe avait un fondement réel:
le 01 mars 2005, j'ai commencé par faire une recherche
sur Google france avec les termes suivants:
Londres
Johannesburg "british airways" "femme blanche"
Google
propose 279 réponses. Un examen rapide montre que
la quasi totalité renvoit à des forums où
n'importe qui peut afficher n'importe quoi et sur les pages
que j'ai vérifié, aucune référence
n'est jamais citée pour corroborer cette histoire.
Des
termes comme "classe executive" renvoient à
des anglicismes qui suggèrent une origine anglo-saxonne
à cette imposture raciste - ou légende urbaine
- ce qui est somme toute assez logique puisque l'action
se déroule dans un avion d'une compagnie aérienne
anglaise.
J'ai
effectuée une recherche en anglais avec les termes
suivants
Johannesburg
London "british airways" "white woman"
Une
fois encore, sur 150 réponses de Google, aucune page
n'apporte d'information fiable et crédible, si ce
n'est à un
article bien documenté de Snopes.com, un site
consacré aux mythes urbains, qui détaille
les origines de cette légende urbaine albophobe.
Selon
le Site Snopes.com, cette légende serait apparue
à plusieurs reprises sous différentes formes.
Si la version se déroulant dans le vol British Airways
Johannesnurg - Londres apparait sur le Web en 1998, elle
n'est qu'une variante d'une histoire beaucoup plus vieille
remontant aux années 1970 sur le thème
des passagers désagréables. Comme
dans l'histoire du Johannesburgh / Londres, elle met souvent
en scène des employés qui surmontent les problêmes
posés par des passagers difficiles avec un grand
sens de l'à propos. Voici les exemples cités
par Snopes.com
qui illustrent la généalogie de la légende
raciste du vol Johannesburg Londres de British Airways
Dans
le train, 1978 - Lutte des classes
Le
secrétaire de l'antheneum, à Londres,
raconte qu'un membre de l'aristocratie, exaspéré
par la lenteur du service dans la salle à manger,
a finalement demandé, indigné, à
son serveur "savez vous qui je suis?"
Le serveur,
le considérant avec symapthie,
"Non
Monsieur, mais je vais me renseigner et je vous le
dirais."
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Dans
un avion, 1994 - homosexualité
Un
employé d'USAir dont le nom est Gay se trouve
sur un vol grâce à son passe d'employé.
Monsieur Gay, ayant trouvé un homme assis à
sa place, s'est installé ailleurs. L'avion
étant surbooké, un employé s'approche
du siège qui aurait du être occupé
par Monsieur Gay et demande à celui qui l'occupe:
"Vous êtes Gay?"
Lorsque
l'homme étonné lui répond qu'il
est gay, l'agent lui dit de prendre ses affaires et
de s'en aller. Monsieur Gay, qui a entendu la conversation
intervient rapidement
"je
suis Gay" dit-il.
L'employé
lui dit alors qu'il faudra qu'il quitte l'avion. A
ce moment, un passager qui a suivi toute la scène
déclare avec bravade:
"je
suis gay aussi. Bon Sang, vous ne pouvez pas tous
nous virer!"
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dans
un avion, 1998 - une employée et un passager de première
classe.
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Une récompense
va à une employée de United Airlines,
à Denver, pour avoir été aussi
drôle qu'intelligente, et s'être fait
comprendre, lorsqu'elle a eu affaire à un passager
qui mériterait probablement de voler comme
une marchandise.
Pendant
les derniers jours du vieil aéroport Stapleton
de Denver, un vol encombré de United Airlines
a été annulé. Une seule employée
était chargée de réenregistrer
une longue file de voyageurs importunés.
Soudain,
un passager en colère double la fille et s'approche
du comptoir. Présentant son billet, il déclare:
"Je DOIS être sur ce vol et ce DOIT être
en première classe."
L'employée
lui répond. "Je suis désolé
monsieur, je serais heureuse de vous aider mais il
faut d'abord que je m'occupe de ces personnes et je
suis sûre que je trouverais un arrangement."
Le passager est peu impressionné. Il lui demande
bruyamment, afin que les autres passagers l'entendent:
"Savez vous qui je suis?"
Sans
hésiter, l'employée chargée des
embarquements sourit et saisit le micro pour faire
une annonce. "Attention s'il vous plait"
commence t-elle, sa voix résonnant dans tout
le terminal "Il y a un passager QUI NE SAIT PAS
QUI IL EST. Toute personne pouvant l'aider est priée
de se présenter porte 17."
Tandis
que les gens qui font la queue derrière lui
rient incontrôlablement, l'homme fixe l'employée
et grommele "J'te nique"
Sans
sourciller, elle sourit et répond: "Je
suis désolé, Monsieur, Mais pour ça
aussi, il faudra faire la queue."
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1998
- racisme en Afrique du Sud
Cette
scène a réellement eu lieu dans un vol
de la compagnie British Airways entre Johannesburg
et Londres.
Une
femme blanche, d'environ cinquante ans, s'assied à
côté d'un noir. Visiblement perturbée,
elle appelle l'hôtesse de l'air.
L'hôtesse
: "Quel est votre problème, Madame?"
La
femme blanche : "Mais vous ne le voyez pas donc
pas ? Vous m'avez placée à côté
d'un noir. Je ne supporte pas de rester à côté
d'un de ces êtres dégoûtants. Donnez-moi
un autre siège. S'il vous plait".
L'hôtesse
: "Calmez-vous, presque toutes les places de
ce vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place
disponible".
L'hôtesse
s'éloigne et revient quelques minutes plus
tard : "Madame, comme je le pensais, il n'y a
plus aucune place libre dans la classe économique.
J'ai parlé au commandant et il m'a confirmé
qu'il n'y a plus de place dans la classe executive.
Toutefois, nous avons encore une place en première
classe".
Avant
que la dame puisse faire le moindre commentaire, l'hôtesse
de l'air continue : "Il est tout a fait inhabituel
dans notre compagnie de permettre à une personne
de classe économique de s'asseoir en première
classe. Mais, vu les circonstances, le commandant
trouve qu'il serait scandaleux d'obliger quelqu'un
à s'asseoir à côté d'une
personne aussi répugnante".
L'hôtesse
se tourne vers le noir et lui dit : "donc Monsieur,
si vous le souhaitez, prenez votre bagage à
main car un siège en première classe
vous attend".
Et
tous les passagers autour, qui, choqués, assistaient
à la scène, se levèrent et applaudirent...
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Comme
on le voit, chaque histoire présente des similitudes
frappantes et semble devenir plus complexe avec le temps.
La légende albophobe et raciste du vol Johannesburg
/ Londres de British Airways est bien à ranger au
chapitre des légendes urbaines et des impostures
racistes. Son thème central est, à l'origine,
la confrontation entre un employé et un passager
mécontent, thème qui connait des variations
et voit souvent le passager investi de divers attributs
sociaux qui permettent de l'identifier comme quelqu'un de
peu sympathique. Les histoires sont aussi influencées
par les évolutions de la société de
sorte que parfois, un thème secondaire, le racisme
des Blancs, l'homophobie, la lutte des classe semble être
la trame principale de l'anecdote.
Il
ne s'est RIEN passé sur le vol "Johannesburgh
Londres" de British Airways...
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