Revue de Presse
 

Le président des entrepreneurs échappe aux escadrons de la mort

 
Le Patriote No. 1609 du Jeudi 10 Fevrier 2005 - par Bakayoko Youssouf
 

 

Cela s’appelle avoir la baraka. Daniel Brechat, directeur général de PANAFCOM et président du Mouvement des Petites et Moyennes Entreprises (MPME) a miraculeusement échappé aux escadrons de la mort lancés à ses trousses.

C’était le mardi 8 février dernier aux environs de 18 heures. Voilà comment il est sorti vivant de son tête-à-tête avec la mort. Ce jour-là, après sa journée de travail, le patron des entrepreneurs de Côte d’Ivoire décide de rentrer à la maison. Il doit prendre un vol la même nuit pour l’Europe et veut se préparer. Mais, chemin faisant, il se rend compte qu’il a oublié des documents à son bureau de zone 4. Il y retourne prestement.

A peine descend-il de son véhicule, qu’un 4X4 transportant quatre gaillards portant des treillis militaires et armés de kalachnikov, gare derrière lui. Le véhicule en question l’avait pris en filature depuis qu’il avait quitté ses bureaux. Le 4X4 est positionné de manière à couper toute voie de retraite à M. Brechat. Deux individus armés descendent et, sans hésiter, l’accostent avec rudesse. Ils ceinturent M. Brechat et, sous la menace de leurs armes, le contraignent à remonter dans son véhicule. Kalachnikov planté dans les reins, l’homme d’affaires n’a d’autre alternative que de s’exécuter. Il n’oppose aucune résistance et prend place sur la banquette arrière de son propre véhicule. Suivi de près par le 4X4, le véhicule de M. Brechat prend la route de la Riviera-Mbadon.

Arrivé dans la broussaille, abondante dans les bas-fonds de Mbadon, les hommes armés mettent pied à terre. Et le supplice de M. Brechat peut commencer. Comme un délinquant pris en plein larcin à Adjamé, il est battu comme un plâtre et sous toutes les coutures. Son sang coule abondamment. Les ravisseurs qui sont également des tortionnaires, le brûlent au mégot incandescent de leurs cigarettes. Les coups qui lui sont assenés sont servis sur des tapis d’injures racistes et xénophobes. On lui dit entre autres amabilités : « si tu ne fermes pas ta gueule, tu vas voir. Si tu n’es pas content d’être en Côte d’Ivoire, tu peux rentrer chez toi en France, espèce de sale Blanc ! C’est vous qui savez critiquer Gbagbo, non ? Eh bien à partir de maintenant vous allez voir ! »

Après plusieurs minutes de sévices sur l’infortuné chef d’entreprise, un des ravisseurs siffle la fin du match. « Tout ça là c’est long, flingue-le on va partir » ordonne-t-il à un de ses complices. Daniel Brechat comprend alors que sa dernière heure sur terre est peut-être venue, s’il ne fait rien. Il a entendu parler des escadrons de la mort. Il comprend désormais que c’est un de ces groupes qui vient de l’enlever et qui veut l’assassiner. Avec l’énergie du désespoir et la rage que Dieu donne à celui qui n’a plus rien à perdre, il se jette sur l’élément qui vient d’armer son fusil et s’apprête à l’exécuter. Dans la bataille brutale et violente qu’il livre à son agresseur pour le désarmer, un coup de feu part. M. Brechat sent une terrible douleur au ventre et se rend compte qu’il est atteint.

Dans un ultime sursaut, il se jette dans sa propre voiture, stationnée sur le lieu même de son supplice et démarre en trombe. Les assassins tirent sur lui mais ne l’atteignent pas. Heureusement. C’est en trombe qu’il se rend au 43ème BIMa pour y chercher refuge. M. Brechat, en effet, est français. Selon une source autorisée que nous avons joint au 43ème BIMA, M. Brechat a été pris en charge par le service médical dès son arrivée et a subi des soins intensifs, vu qu’il avait perdu beaucoup de sang. Selon notre interlocuteur, la vie du Président du MPME n’est plus en danger. Notre source a refusé de se prononcer sur le type de balle qui a frappé le patron des entrepreneurs. Au demeurant a-t-il expliqué, cela entrait dans le cadre de l’enquête qui sera ouverte. En attendant, le miraculé a porté plainte auprès de la gendarmerie de Côte d’Ivoire pour tentative d’assassinat.

Plusieurs sources membres du MPME que nous avons interrogées confient avec terreur que l’assassinat manqué de Daniel Brechat est lié à ses prises de position sans fards sur la situation des PME en Côte d’Ivoire. Après les agressions sauvages dont ont été victimes les entreprises françaises de Côte d’Ivoire lors des pillages de novembre 2004, Brechat avait difficilement contenu sa colère face à la tuerie programmée de l’économie ivoirienne sous le prétexte de combats politiciens.

Tout le petit monde des entrepreneurs qui s’entêtent à rester en Côte d’Ivoire malgré les risques, craint aujourd’hui pour la vie de M. Jean Louis Billon, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire. Lui aussi, avec des mots qui évitent la langue de bois, mène un combat de Don Quichotte contre la désintégration de ce qui reste de l’économie ivoirienne. Les escadrons de la mort sont lancés sur les traces de tous ceux qui diront un mot plus haut que l’autre sur la gestion de Laurent Gbagbo.

 
 
 
 
 
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Côte d'ivoire
 
 
 
   
   
   
 
> Février 2005 <
 
 
 
 

En Novembre 2004, plus de 8000 français ont décidé de quitter la Côte d'Ivoire suite au climat de haine anti-française et Albophobe.

 
 
 
         
 
Références
   
 
   
         
 
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