Revue de presse
 


Imposture raciste chez les CRS de Metz

 
 
 
Revue de presse - libération

 

Le corbeau et voleur des CRS de Metz était un des leurs

Depuis plusieurs mois, le policier multipliait les vols, lettres d'insultes et de dénonciation. Il a été mis en examen et écroué.

Par Jacky DURAND

Ce n'est pas tous les jours que l'on retrouve une voiture de police au fond de la rivière Moselle. Surtout quand elle a été dérobée auparavant par un policier. La CRS 30 (compagnie républicaine de sécurité) de Metz se serait sans doute bien passée de ce curieux fait d'armes en son sein alors que le ministère de l'Intérieur vient de fêter en grande pompe le 60e anniversaire des CRS.

Croix gammées. Les aveux détaillés du gardien de la paix Azzedine S., 35 ans, ont permis de faire la lumière sur les pratiques nauséabondes du «corbeau» qui daubait depuis plusieurs mois la CRS 30 (Libération du 18 septembre). En janvier, les policiers lorrains étaient en déplacement à Paris quand l'un d'eux avait découvert une injure raciste sur la guérite où il était en faction : «Pas de raton chez les CRS.» En mars, une arme de service était dérobée dans un vestiaire fracturé de la caserne Riberpray à Metz. Par la suite, un ordinateur portable de l'état-major de la compagnie et des bons de transport et d'essence étaient volés. En juillet, une voiture du peloton autoroutier disparaissait. Les clés avaient été dérobées dans le bureau où elles étaient rangées. En août, une trentaine de fonctionnaires de la CRS 30 avaient reçu, à leur domicile, des courriers nominatifs à caractère raciste, homophobe ou évoquant leur vie privée. Les missives ornées de croix gammées comportaient des formules comme «Plus de bougnoules, de négros, de Jjuifs et de PD chez les CRS» et «Porter la même tenue que nous ne fait pas de toi l'un des nôtres».

Les investigations de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la police des polices) au sein de la CRS 30 ont rapidement orienté les soupçons vers Azzedine S. Le 4 novembre, le gardien de la paix a été mis en examen pour injures raciales et incitation à la haine raciale. Suspendu de ses fonctions, il avait été placé sous contrôle judiciaire. En début de semaine, Azzedine S. a été de nouveau placé en garde à vue. Il a reconnu avoir volé une arme, qui aurait été retrouvée mardi en pièces détachées, cachée dans sa cave. Il a également reconnu avoir dérobé une voiture de police ­ avant de s'en débarrasser en la jetant dans la Moselle ­, ainsi que des bons de transport et d'essence. C'est dans un ordinateur dérobé à l'état-major de la CRS 30 qu'il aurait identifié les adresses des collègues auxquels il avait envoyé des courriers injurieux.

«Aigri». Azzedine S. a été de nouveau mis en examen, jeudi après-midi, pour vols, et placé en détention à la maison d'arrêt de Sarreguemines. L'homme, qui n'avait pas acquis le moindre grade en dix ans de carrière, aurait voulu se venger de ses collègues en raison d'une «obscure affaire de promotion», a expliqué Me François Battle, avocat du syndicat de police Unsa, qui s'est constitué partie civile. Son dossier administratif porte trace de deux blâmes. Il est décrit par les policiers comme «aigri». Son avocate, Me Cécile Klein-Schmitt, estime que son client a agi en raison du racisme dont il aurait été victime dans son travail, ce qui est contesté par les syndicats de police. Selon une source policière, Azzedine S. aurait lui-même tagué les injures racistes sur la guérite où il était en faction en janvier, devant une ambassade à Paris. Ces agissements ont d'autant plus jeté le trouble à la CRS 30 que les policiers lorrains revendiquent en leur sein tous les apports des vagues successives d'immigration dans l'est de la France.

 
 
 
 
 
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Impostures racistes
 
 
 
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
 
> Metz (Fr) <
 
     
 

Les impostures racistes sont des crimes racistes dans lesquels les Blancs sont utilisés comme boucs émissaires par des personnes qui jouent de la croyance au mythe de la spécificité du racisme blanc.

 
 
 
 
 
         
 
Revue de presse Reuters
 
Vols, inscriptions racistes, un CRS de Metz avoue tout



Thu December 23, 2004 7:30 PM CET
STRASBOURG (Reuters) - Un CRS d'origine algérienne qui avait été mis en examen le 4 novembre dernier pour avoir adressé des courriers anti-arabes, antisémites et homophobes à ses collègues de la CRS 30 à Metz (Moselle) a reconnu être l'auteur des autres délits qui entachaient, depuis le début de l'année, l'image de la compagnie.

Azzedine Sebiane a reconnu être l'auteur du vol d'une arme de service, d'un véhicule de la compagnie, d'un ordinateur ainsi que de bons d'essence ou de transport. Il est également l'auteur des inscriptions racistes retrouvées dans les locaux de la CRS 30.

La voiture a été retrouvée jeudi dans la Moselle. L'arme de poing était cachée à son domicile.

Ce policier de 35 ans a été présenté dans l'après-midi au juge d'instruction Stéphane Therme et mis en examen pour vols, mais aussi pour des violences commises récemment sur des personnes de son entourage, a indiqué à Reuters son avocate, Me Cécile Klein-Schmitt.

Il a été placé sous mandat de dépôt, a-t-on appris de même source.

Azzedine Sebiane avait été laissé en liberté et placé sous contrôle judiciaire à l'issue de sa première mise en examen pour incitation à la haine raciale, injure publique envers des particuliers en raison de leur appartenance raciale ou ethnique et violation du secret professionnel.

Les missives ornées de croix gammées qu'il avait envoyées à une trentaine de ses collègues se concluaient par la formule suivante : "Plus de bougnoules, de juifs, de PD et d'individus aux moeurs dévoyées et aux origines douteuses à la CRS".

"Il dit qu'il a rencontré des difficultés psychologiques et qu'il s'est laissé prendre dans un engrenage", a déclaré à Reuters le procureur de Metz, Joël Guitton.

L'homme, qui n'avait pas acquis le moindre grade en dix ans de carrière, aurait voulu se venger de ses collègues en raison d'une "obscure affaire de promotion", a expliqué à Reuters Me François Battle, avocat du syndicat de police Unsa, qui s'est constitué partie civile.

Son dossier administratif porte trace de deux blâmes. Il est décrit par les policiers comme "aigri". En septembre 2001, il avait été le seul à refuser d'observer une minute de silence en hommage aux victimes des attentats aux Etats-Unis.

Son avocate, Me Cécile Klein-Schmitt, estime que son client a agi en raison du racisme dont il aurait été victime dans son environnement professionnel, ce qui est contesté par les syndicats de police.

Le préfet de la Moselle, Bernard Hagelsteen, a réagi dans un communiqué en soulignant qu'il s'agissait d'un "cas isolé".

"Il est bien évident qu'au delà des poursuites judiciaires dont il fera l'objet, le fonctionnaire mis en cause, aujourd'hui suspendu de ses fonctions, se verra traduire sans délai devant les instances disciplinaires qui statueront sur son sort avec la plus grande sévérité", a-t-il ajouté.

 
 
     
         
 
Références
 

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