| |
|
Aéroport
International d'Abidjan - Après 3 jours de
chasses aux Blancs à travers le pays, des milliers
de Blancs de toutes nationalités s'apprêtent
à fuir la Côte d'Ivoire.
( source
BBC News )
|
Samedi
06 Novembre 2004, Laurent Gbagbo, le président
de la Côte d'Ivoire, décidait de lancer une
attaque surprise sur la ville de Bouaké contre les
troupes françaises mandatées par l'ONU dans
le cadre de l'Opération Licorne visant à prevenir
une guerre civile. En début d'après midi,
deux chasseurs Sukhoï de l'armée ivoirienne
lançaient sur le camp des militaires français
des bombes de 250 Kilos, tuant un missionnaire américain,
9 soldats et en blessant 22 autres. Cette attaque surprise
était la plus meutrière subie par les troupes
françaises depuis la guerre du Liban, en 1983. Dans
les minutes qui suivirent, Jacques Chirac ordonnait la destruction
de la quasi totalité des moyens aériens de
l'armée ivoirienne ; Deux Sukhoï 25 et cinq
hélicoptères d'attaque au sol MI25 étaient
mis hord d'état de nuir. L'incident allait marquer
le début de trois jours d'émeutes anti-françaises
et de chasses aux Blancs dans les rues d'Abidjan et de Yamoussoukro.
A
peine la destruction de l'armement ivoirien était-elle
connue que les jeunes patriotes, des milices informelles
au service de Gbagbo, allaient provoquer des émeutes
à travers le pays.
A
Man, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, des manifestant
pro-Gbagbo assiégaient un cantonnement de gendarmes
français et l'attaquaient à coups de Cocktails
molotov tandis que les soldats français tiraient
des grenades lacrymogènes pour disperser les émeutiers.
La ville de San Pedro, toujours dans l'Ouest du pays, était
le théatre de plusieurs scènes de violence.
A
Abidjan, des combats éclataient autour de l'aéroport
internationale lorsque l'armée ivoirienne, l'ayant
fait fermer, tentait d'en prendre le contrôle, ce
qui aurait pu lui permettre de bloquer l'arrivée
de renforts français. Tandis que l'armée française
tâchait de sécuriser le lieux, une quinzaine
de civils français, menacés par une foule
de plus en plus hostile appelait à l'aide les forces
de l'opération Licorne, qui devait parvenir à
les secourir une heure plus tard.
La
situation, dès lors, ne devait plus cesser de se
dégrader car si, à l'aéroport d'Abidjan,
militaires français et ivoiriens parvenaient à
un cessez le feu, la stratégie de Laurent Gbagbo
consistait essentiellement à prendre en hôtages
les ressortissants occidentaux, utilisant pour ce faire
les Jeunes Patriotes controlés par Charles Blé
Goudé. Ceux ci commençaient à attaquer
à tout les symboles de la présence française
en ville. Tandis que la résidence des gendarmes français
était mise à sac, Les écoles françaises
étaient incendiées. La directrice du lycée
Jean Mermoz, assiégée par une bande de deux
cents personnes venus pour la lyncher, n'allait avoir la
vie sauve que grâce à l'intervention in extremis
de l'armée française, qui allait lui faire
quitter les lieux par hélicoptère.
Après
ces symboles,ce sont les résidences des français,
et de façon générale des Blancs, qui
allaient être la cible de la haine raciste des partisans
de Laurent Gbagbo. Dans le quartier de Bietry, des Français
étaient contraint de se réfugier sur le toît
de leur immeuble tandis qu'on pillait et incendiait leur
appartement. Là encore, c'est par hélicoptère
qu'ils allaient être évacués. Lorsque
le soir arrivait, on comptait une quarantaine de pillages
à travers la ville.
Soumis
aux pressions des autorités française, Laurent
Gbagbo et son entourage allaient avoir recours à
la méthode déjà utilisée en
2000 au Zimbabwe par Robert Mugabe au début du
nettoyage ethnique mené contre la population blanche
par le ZANU-PF. Le président du Zimbabwe, tout en
pronant une légalité de façade, s'était
appuyé sur les vétérans de guerres,
sur lequels il prétendait n'avoir aucun contrôle,
pour semer la terreur dans les campagnes. Reprenant cette
stratégie du double jeu, d'un
côté Laurent Gbagbo et les représentants
de son gouvernement appelaient au calme. De l'autre, l'entourage
de Gbagbo ne cessait de pousser la population aux violences
anti-française et anti-blanche.
Désiré
Tagro, le porte-parole de la présidence ivoirienne
apparaissait à la télévision appelant
à ce que "chaque ivoirien, chaque ivoirienne,
bien qu'en colère au vu de se qui s'est passé,
garde son calme et que personne ne s'attaque aux biens des
étrangers, aux sociétés étrangères
et en particuliers aux biens français et aux sociétés
françaises."
Toutefois
parallèlement, les meneurs d'organisations proches
du pouvoir ivoirien, passant eux aussi à la télévision,
tenant une réthorique enflammée tandis que
les médias attisaient systématiquement la
haine des Ivoiriens envers les Français.
Charles
Blé Goudé, le leader des Jeunes Patriotes,
à la télévision, appelait à
descendre dans la rue. " Une question se pose à
nous maintenant" déclarait-il "mourir
dans la honte ou mourir dans la dignité."
Pascal
Affi N'Guessan, le président du FPI, le parti de
Gbagbo, demandait "aux patriotes dès cet
instant de descendre massivement et d'occuper la, rue à
Abidjan et toutes les villes du pays et d'empêcher
par tous moyens la libre circulation de toutes forces étrangères
jusqu'à la victoire finale, c'est à dire la
réunification de notre pays."
Mamadou
Coulibali, le président de l'assemblée nationale
ivoirienne, menaçait de façon à peine
voilée les ressortissants français, mettant
en garde contre la possibilité d' "actes
hyper-barbares" et promettant que la côte
d'ivoire serait pour la France "pire que le Viet-Nam"
Dés
cet instant des dizaines de milliers de manifestants surexcités
allaient se rassembler dans les rues tandis que la population
blanche de Côte d'Ivoire vivait sa première
nuit de terreur. Ici et là, les français aller
se regrouper et s'armer pour se protéger pendant
que toute la nuit, les casseurs ivoiriens pillaient les
maisons des mebres de la communauté française.
"C'est
une foule trés hostile, ils chantent des slogans,
des insultes, des choses comme "Tous les Blancs
dehors", "A chacun son Blanc"
Philippe
Moreux, porte parole des Nations Unis (Source:
Fox
News) |
Le
Dimanche 07 Novembre 2004 au Matin, l'évacuation
et des mesures de protection des ressortissants occidentaux
étaient mises en place par l'armée française.
En début de matinée, le colonel Henri Aussavy,
porte parole de l'opération Licorne, signalait que
l'armée avait déjà récupéré
80 personnes pour les mettre à l'abri dans les cantonnements
du 43ème Bima. A midi ce chiffre était passé
à 150. En fin de journée ce sont plus de 1200
personnes de toutes nationalités occidentales qui
venaient se mettre à l'abri de la haine raciale des
émeutiers pro-Gbagbo tandis que l'ONU ouvrait également
des lieux d'accueil, notamment à l'hotel Ivoire,
d'où une douzaine de personnes allaient être
évacuées par hélicoptère.
Plusieurs
ambassades de pays occidentaux diffusaient des mises en
garde en direction de leur ressortissants, les invitant
à rester chez eux ou à éviter de se
rendre en Côte d'Ivoire.
Tandis
que 400 militaires français arrivaient en renfort
à l'aéroport international d'Abidjan,
et que
l'armée française commençait à
reprendre le contrôle de la ville et de ses points
stratégiques, des dizaines de milliers de manifestants
convergeaient de toutes parts. Armés de barre de
fers, de gourdins, de hâches et de machetes, ils érigeaient
ici et là des barricades de pneux enflammés
et s'avançaient de façon menaçante
en direction de l'Aéroport international d'Abidjan,
contraignant l'armée française à utiliser
un hélicoptère de combat pour faire des tirs
de sommation dans leur direction.
"Le
gouvernement pousse à tuer les Blancs. - pas
juste les Français, tous les Blancs"
Marie
Noël Mion,
une rescapée des chasses aux Blancs (Source:
FoxNews) |
Ne pouvant
aller plus loin, les émeutiers allaient rebrousser
chemin pour se diriger vers les quartiers résidentiels
de Bietry et de Cocody aux cris de "à chacun
son blanc", "il vaut mieux tuer un blanc
que le voler".
Dès
lors, c'est un scénario sordide qui se reproduisait
à plusieurs reprises. Les Emeutiers, tels des colporteurs
de haine, faisaient du porte à porte, exigeant de
savoir si chaque résidence étaient habitée
par des Blancs. Lorsque cela s'avèrait être
le cas, l'habitation était saccagée et pillée
tandis que ses habitants, s'ils avaient le malheur de se
trouver là, étaient pris à partis.
Les Blancs sur lesquels les racistes ivoiriens mettaient
la main étaient frappés, battus et brutalisées;
plusieurs dizaines de femmes blanches impitoyablement violées
par les jeunes patriotes. De nombreuses agressions seront
d'ailleurs confirmées par la suite par Catherine
Rechennmann, la présidente de l'Union des Français
de l'étranger en Côte d'Ivoire et par Hervé
Ladsous, le porte parole du ministère des affaires
étrangères.
Pour
la seconde nuit consécutive, des milliers de Blancs
allaient vivre une nuit de terreur et d'angoisse tandis
que les rues de la capitale ivoirienne résonnaient
d'appels à tuer des Blancs, de détonations
et du vrombissement affairé d'hélicoptères
militaires. Entreprises, magasins, écoles, logements
allaient être à nouveau brûlés
et saccagés.
Hors
d'Abidjan, la situation était également trés
tendue.
A San
Pedro, des foules de Noirs mettaient à sac les magasins
et les entrepôts français. Certains Blancs
étaient contraints de se réfugier dans le
bush, aux abords de la ville, pour échapper au déchainement
de violences albophobes.
A Daloa,
l'école française était incendiée
et la ville était le théatre de pillages et
de manifestations.
On signalait
aussi des violences à Yamoussoucro ainsi que dans
les stations balnéaires d'Assynie et de Bassam.
"la
première responsabilité du président
de Côte d'Ivoire doit être de rétablir
le calme, de faire cesser ces déclarations
racistes et xénophobes d'un certain nombre
de personnes qui sont autour de lui, de faire cesser
les manipulations et les appels à la chasse
anti-Blancs"
Michèle
Alliot Marie, Ministre de la défense
(source: Nouvel
Obs)
|
Le Lundi
8 Novembre 2004 au matin, un calme relatif était
revenu sur la capitale de la Côte d'ivoire grâce
à la présence massive de l'armée française.
Dans
le quartier de Cocody, une cinquantaine de blindés
étaient déployés autour de l'Hôtel
Ivoire afin d'en faire un centre de regroupement pour les
français dont un grand nombre s'était déjà
réfugié là.
Poursuivant
sa politique de prise en otage des populations blanches,
Le pouvoir ivoirien cherchait à nouveau à
exacerber les tensions dans la capitale.
Vers
midi, un porte parole présidentiel se mit à
faire courir à la radio le bruit que l'armée
française avait convergé vers la résidence
du président Gbagbo où elle s'apprétait
à le renverser. La radio appelait donc les "patriotes"
à converger vers l'hôtel ivoire pour y livrer
la "bataille finale" et y former un bouclier
humain pour la protection de Gbagbo. Il s'agissait en fait
d'une habile manipulation car le mouvement des troupes françaises
dans le quartier du président Gbagbo avait en effet
pour but de protéger l'ambassadeur de France, dont
la résidence avait un mur mitoyen avec celle
du président de la Côte d'Ivoire. Ces résidences
étaient, en fait, distantes d'un kilomêtre
de l'hôtel Ivoire.
Cette
annonce eu un effet immédiat et bientôt, les
forces française étaient confrontées
à une foule d'une centaine de milliers de personnes
hurlantes et vociférantes. Les soldats français
étaient alors contraints de procéder à
des tirs de sommation, puis à balles réelles,
pour obliger une foule de plus en plus agressive à
reculer. A la mi-journée, les abords de l'hôtel
ivoire étaient à nouveau calmes.
Si,
le 06 Novembre, Catherine Alliot-Marie, la ministre de la
défense française avait déclaré
que la France n'envisageait pas de rapatrier ses ressortissants,
les violences racistes allaient amener la France à
infléchir sa position, de nombreux expatrié
ayant décidé, en dépit d'appel à
rester du président Gbagbo, de quitter définitivement
le pays, ou du moins à rapatrier leurs femmes et
leurs enfants pour les mettre à l'abri.
3 avions
de 250 places chacuns étaient affectés à
l'évacuation des français tandis que d'autres
pays mettaient eux aussi en place des mesures d'évacuations
de leurs ressortissants. Entre le 10 et le 17 Novembre,
le Ministère des affaires étrangères
allait organiser 14 vols pour évacuer ceux qui le
souhaitaient.
"Au
total" signalait le ministère dans un communiqué
de presse du 19 septembre 2004, "ce sont donc 5434
Français, dont 1560 enfants qui ont été
rapatriés par les 14 vols qu'avait affrétés
le ministère des Affaires étrangères.
Il y a eu, également, 2 898 Français qui ont
été rapatriés par d'autres moyens aériens,
soit des vols privés affrétés notamment
par des entreprises dont ils étaient les employés,
soit des vols militaires organisés par nos partenaires
européens. Donc, si on totalise, le nombre total
de Français qui ont quitté la Côte d'Ivoire
entre le 10 et le 18 novembre s'établit à
8 332."
"Cette
nuit, j'ai rêvé. Abidjan en état
de siège. Les camions militaires, les coups
de feu, la peur.... Nos dernières heures en
côte d'Ivoire ont été terribles.
Nous avons passé la nuit avec les voisins,
qui étaient venus se réfugier chez nous
parce que leur maison était en train de se
faire piller. Les femmes et les enfants étaient
en haut, et les papas en bas, montant la garde. Dehors,
les "patriotes" criaient: "Où
sont les Blancs? Où sont les Blancs?"
Denis, un rapatrié de Côte
d'Ivoire (Source: la
croix )
|
|
|