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Racisme
à la police
(21/09/2004)
Le comité P a recensé 153 plaintes en 4 ans.
Malgré une augmentation annuelle, l'organe de contrôle
se veut rassurant
BRUXELLES
Le comité P est chargé de surveiller le bon
fonctionnement des services de police. Mais l'organe de
contrôle ne se contente pas seulement d'acter et de
traiter les plaintes de citoyens mécontents. Il fait
aussi un travail d'analyse sur le travail de nos pandores
en abordant des problématiques souvent épineuses,
comme par exemple le suicide des policiers.
Un
rapport publié sur le site Internet du Comité
P s'attache aujourd'hui à la problématique
du racisme au sein des forces de police. Monstre du Loch
Ness pour les uns, problème endémique pour
les autres, force est de constater qu'en la matière,
tout le monde a un avis. Le comité P a voulu en avoir
le coeur net.
Une
analyse des dossiers concernant les années 2000 à
2003 a été réalisée. En tout,
ce sont 153 plaintes pour des faits assimilables à
du racisme qui ont été identifiées
pour ce travail particulièrement délicat.
En effet, le racisme est forcément une notion subjective
faite d'insultes ou de propos discriminatoires mais aussi
d'action vexatoire comme: «refuser systématiquement
d'acter une plainte d'un Belge d'origine étrangère
ou d'un étranger, s'abstenir de venir en aide aux
personnes d'origine étrangère, n'arrêter
administrativement que des allochtones dans un groupe de
manifestants se comportant de la même manière,
etc.», indique le rapport.
Une
analyse très pointue a donc été réalisée
sur base de ces 153 dossiers (22 en 2000, 32 en 2001, 41
en 2002, 58 en 2004). Analyse concernant le plaignant, les
faits, mais aussi les auteurs des faits supposés
de racisme. On constate ainsi que sur les 153 plaintes introduites,
une fois retirées celles classées sans suite,
le comité estime que seules 21 plaintes pour racisme
sont fondées, soit seulement 13,7% du total de dossiers
analysés. La majorité des plaignants déposant
ce type de plaintes sont des hommes mais dans 18% des cas,
ce sont des femmes qui se sentent victimes d'un racisme
policier. En ce qui concerne les corps de police visés
par ces plaintes, ce sont les polices locales qui se taillent
la part du lion.
Le Comité
P ne se montre pourtant pas très alarmé par
le problème car même si l'on constate une légère
hausse de ces plaintes chaque année, le phénomène
- 153 plaintes en quatre ans pour un total de 40.000 personnes
- semble assez circonscrit logiquement aux zones de police
ayant une grande population d'origine étrangère
comme Bruxelles, Schaerbeek ou Anvers. Une analyse qui fait
dire au Comité P que son attention doit se centrer
sur ces zones car même si les plaintes sont peu nombreuses,
tout le monde est d'accord pour dire que c'est déjà
trop.
M. Ka.
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