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Depuis
plusieurs semaines, Sef Gonzales a décidé
de tuer sa famille. Le jeune homme, qui mène une
vie dissolue, a eu de mauvaises notes en classe préparatoire
à une école de Droit. Son père l'a
menacé de supprimer son argent de poche et de lui
confisquer sa voiture s'il ne rectifie pas le tir et ne
remet pas de l'ordre dans ses affaires. La remontrance est
ressentie comme une humiliation insupportable pour Sef,
personnage autement narcissique qui ferait tout et n'importe
quoi pour se rendre interessant. L'étudiant a même
créé sur internet un site web, "Seffie
Thingies", qui serait tenue par une admiratrice
imaginaire et lui vourrait un culte.
Sef
a aussi une autre raison : le million et demi de dollars
australiens que possède son père, Teddy Gonzales.
L'homme, un philippin âgé de 46 ans, est venu
s'installer en Australie après le tremblement de
terre qui a secoué son pays en 1990. Devenu avocat
spécialisé dans les procédures d'immigration
- un domaine en pleine expension avec l'arrivée massive
des asiatiques sur le continent austral - il a rapidement
prospéré. La famille Gonzales - qui compte,
outre Teddy et Sef, Mary Loiva, 43 ans et Clodine, 18 ans
- s'est installée dans une villa de North Ryde, une
banlieue verte de Sydney. Il suffirait à Sef de "pas
grand chose" pour qu'il puisse jouir à sa guise
de cette fortune : simplement de liquider de ses proches...
C'est
sur internet que Sef commence à se mettre en quête
d'une méthode pour se débarasser d'eux. Ses
recherches s'orientent bientôt vers l'empoisonnement.
Consultant la documentation disponible en ligne pour fabriquer
du poison, son choix se porte sur des ingrédients
particuliers : deux graines contenant des substances toxiques.
Il en passe commande en Australie et aux USA. Une fois en
possession de celles-ci, il rédige de fausse lettre
de menace qu'il adresse à une entreprise d'agro-alimentaire.
Il s'y présente comme un employé mécontent
qui aurait trafiqué trois produits pour se venger
de son employeur. Quelques jours plus tard, Mary Loiva est
admise à l'hôpital pour une intoxication alimentaire,
mais les médeçins parviennent à la
sauver.
Devant l'inéfficacité
de sa méthode, Sef perd patience. Il veut l'argent.
le plus vite possible. Alors il décide de tuer son
père, sa mère et sa soeur de ses propres mains.
Le 10
juillet 2001, vers 16h30, il entre discrètement dans
le domicile familiale et attaque sa soeur Clodine. Il commence
par la massacrer à coups de batte de baseball, puis
tente de l'étrangler. Ne parvenant pas à ses
fins, il la poignardeà la poitrine et finit par lui
trancher la gorge. Il attend ensuite l'arrivée de
sa mère et la poignarde à son tour. Enfin,
Sef agresse son père dans le garage de la maison
lorsque celui-ci revient du travail. Teddy Gonzales, la
colonne vertébrale tranchée par un coup de
couteau, tombe à terre et incapable de se relever,
voit le garçon qu'il avait sauvé, lorsque
ses jambes était coincée sous les décombre
du tremblement de terre, le mettre à mort en lui
assénant de nouveaux coups de couteau. Ne sachant
exactement comment tuer, Sef s'est acharné sur chacun
des membres de sa familles, leur infligeant de terribles
souffrances.
Son
oeuvre achevée, Sef doit passer à la seconde
partie de son plan: créer une mise en scène
qui détourne les soupçons de lui et le rende
intouchable. Alors il prend une bombe de peinture et trace
une grande inscription sur le mur: "Fuck Off Asians.
KKK".
C'est
bien connu :Les Blancs sont d'éternels racistes.
Qui remettra en doute la parole d'un pauvre philippin dont
la famille a été massacrée au nom de
la haine raciale ? L'utilisation de l'accronyme du Ku Klux
Klan par Sef dans un contexte australien peut sembler incongrue
mais cela permet de désigner facilement des coupables.
Il est probable que Sef a été influençé
par le Rap américain qu'il écoute : une musique
violente qui fait l'apologie du gangstérisme, du
meurtre, du viol et du deal de drogue, entre deux récriminations
sur le racisme des Blancs. Bon élève, Sef
a d'ailleurs créé son propre groupe : "Definite
Vibez."
Une
fois l'inscription tracée sur un mur, il téléphone
aux urgences, prétendant avoir trouvé son
père dans le garage, et déclarant "ils
sont tous en train de saigner sur le sol." Il
affirme ensuite aux policiers que, fils courageux, il a
aperçu deux hommes s'enfuir et les a poursuivi sans
parvenir à les attraper.
L'affaire vaut
immédiatement de la sympathie à la victime
du racisme, mais pas assez à son goût. Une
semaine après le meurtre, Sef Gonzales donne une
nouvelle dimension à ses calomnies racistes en donnant
une conférence de presse au cour de laquelle il réprimende
publiquement la population australienne et l'accuse d'être
trop indifférente aux meurtres sanglants dont ont
été victimes les membres d'une famille d'origine
asiatique.
La police
n'est pas dupe longtemps. Lorsque des témoins affirment
avoir vu la voiture de Sef garée dans l'allée
des Gonzales, le jour du meurtre, Sef s'invente un second
alibi : il aurait passé la journée dans une
maison close. La tenancière de "la petite Aroma"
ne confirme pas cet alibi, déclarant aux enquêteurs
que la prostituée dont Sef dit avoir utilisé
les services ne travaillait pas ce jour là. D'autres
incohérences mettent la puce à l'oreille des
policiers: l'argent que Teddy et Maria Gonzales portaient
sur eux n'a pas été volé. De plus,
Sef avait téléphoné en disant qu'il
n'avait vu que le corps de son père, mais sous-entendait
déjà que les trois étaient morts. Enfin,
un expert en graphologie trouve des similitudes entre l'écriture
de Sef et celle avec laquelle l'inscription raciste a été
peinte sur le mur.
Sef
Gonzales a été arrêté le 13 juin
2002. le 20 mai 2004, un jury l'a déclaré
coupable de meurtre et le 17 septembre de la même
année, la cour suprême de Nouvelle Galle du
Sud l'a condamné à la prison à perpétuité,
sans possibilité de parole. Ses actes de diffamation
raciale envers la population blanche -eux- n'ont jamais
été sanctionnés. |
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