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Ch
5 : Norvège, Des statistiques alarmantes
Après
le choc ressenti par les Suédois suite au meurtre
d'Anna Lindh, leur ministre des affaires étrangères,
c'est au tour des Norvégiens d'être inquiets
par la vie d'Ema Solberg, leur ministre de la ville qui
a - entre autre - la charge de la politique d'immigration
du pays. En Norvège, c'est un immigré iraquien
qui préoccupe la police. L'homme a eu un comportement
violent vis à vis de la police et surtout, mécontent
de ne pas avoir obtenu l'asile politique, il a proféré
dès le 9 septembre 2003 des menaces envers la ministre
norvégienne, menaces qui n'auraient peut être
pas été prises trés au sérieux
dans un autre contexte et surtout, si on ne s'était
pas aperçu qu'il avait sa photo dans son portefeuille.
Connu pour avoir de nombreux troubles mentaux, le demandeur
d'asile iraquien a été interné depuis.
L'incident, comme celui qui s'est produit en Suède,
illustre la montée des tensions raciales au sein
des sociétés scandinaves qui sont confrontées,
avec retard par rapport aux autres pays de l'Union Européenne,
à une pression migratoire de plus en plus accrue
qui y crée les mêmes problèmes de société.
En
2000, la Norvège enregistrait une hausse record du
nombre de demandeurs d'asile politique, soit 10 % de plus
que l'année précédente et quatre fois
plus qu'en 1997. En 2001, le pays était devenue la
troisième destination d'immigration en Europe après
le Luxembourg et l'Irlande: prés de 300 000 immigrés
habitaient en Norvège qui découvrait que 6.6%
de sa population était désormais d'origine
immigrée. Les plus grands groupes d'immigrés
sont les Pakistanais, suivis des Suédois, des Danois,
puis viennent les Vietnamiens, les ressortissants de l'ex-Yougoslavie
(des Kosovars, musulmans), les Iraquiens et les Iraniens.
En 10 ans, le nombre d'immigrés a doublé en
Norvège. A Oslo, où se concentre près
de 20 % de la population immigrée (dont 68% à
ses origines hors d'Europe) un enfant sur quatre est d'origine
étrangère. La Norvège change: imaginer
une grande blonde aux yeux bleus à l'évocation
de la Norvège n'est plus un des clichés amusants
comme Pierre Daninos aimait en énumérer, c'est
désormais un préjugé raciste.
L'arrivée
massive des immigrés n'est pas allée sans
générer de sérieux problèmes.
Comme le modèle d'intégration communautaire
anglais et le modèle d'intégration républicain
français, le modèle d'intégration social
norvégien, à l'image de celui du voisin danois,
est en échec. Le sujet est discuté depuis
plusieurs années et inquiète de plus en plus
les habitants du pays. En 2001, un Norvégien sur
trois considérait que trop d'immigrés recevaient
un visa d'installation et le nombre de personnes en faveur
de la poursuite de la politique d'immigration norvégienne
avait chuté de 71 à% à 64 %.
Pour endiguer la massification du flux migratoire et sa
brutalité démographique, dans laquelle l'exaspération
des norvégiens trouve son origine, le gouvernement
de Kjell Magne Bondovik a pris des mesures visant à
réduire le droit d'asile pour en limiter les abus.
Il a aussi adopté une politique plus dure en matière
d'immigration et plus souple pour l'expulsion des délinquants
étrangers. Ces décisions ont été
accompagnées, parallèlement, de mesures qui
doivent faciliter l'embauche des immigrés. Ce changement
de cap en matière de politique migratoire s'accompagne
d'un discours volontariste de la ministre qui n'hésite
pas à dire que les immigrés doivent faire
plus pour s'intégrer à la société
norvégienne. Elle considère, en effet, que
certains immigrés qui s'installent dans le pays se
retranchent délibérément de la société
norvégienne, ce qui serait à l'origine d'une
hausse de la criminalité. Autant de propos qui ne
peuvent que rendre Ema Solberg impopulaire auprès
de certains d'entre eux.
La
réticence croissante des Norvégiens vis à
vis des populations immigrées, on s'en doute, ne
vient pas de nul part. Le racisme de certains immigrés,
souvent originaires du monde musulman, y est pour quelque
chose. Au début de l'année 2002, les propos
tenus publiquement par Solhail Ahmed vont même provoquer
l'intervention personnelle de Kjell Magne Bondovik, le premier
ministre norvégien. Lors d'un passage à NRK
TV, l'imam de la mosquée d'Oslo a affiché
sans complexe le peu d'estime dans lequel il tient les Norvégiens.
Pour lui, la société Norvégienne se
caractérise par son absence de valeurs et il cite
comme autant de preuves de cette vision dévalorisante
de la Norvège les troubles mentaux de certains enfants,
la dépression, le divorce ou le problème du
Sida.
- Cette vision à sens unique de la société
norvégienne ," déclarera le ministre,
"et le fait qu'ils n'intègrent ni n'apprécient
des valeurs [norvégiennes] comme la liberté
et le respect du choix fait par un individu me provoquent.
Il est important pour un processus d'intégration
positif qu'ils apprennent plus au sujet des valeurs sur
lesquelles est basée notre société.
Alors les deux côtés pourront contribuer à
une compréhension commune, plutôt que de finir,
peut être, par une confrontation difficile."

source
: Aftenposten |
| En
2004, Hedda Karterud-seter a été violée
et assassinée par Hassan Samriye Hashin, un immigré
somalien |
Si
le ministre répond sans complexe à l'imam
de la mosquée d'Oslo, c'est parce que les communautés
immigrées ne sont pas sans tâches. Comme dans
beaucoup d'autres pays occidentaux, l'après 11 septembre
2001 a révélé la présence de
cellules islamistes dans le pays. Le 5 octobre 2001, les
services spécialisés dans la délinquance
économique ont arrêtés 7 somaliens dont
2 avaient des connections avec "El Barakaat exchange
compagny", compagnie réputée proche
de la mouvance Ben Laden. Les arrestations de la police
ont été motivées par des transferts
d'argent suspects sur le compte de cette société,
transferts portant sur des dizaines de millions de couronnes
norvégiennes. 8 400 immigrés somaliens vivent
actuellement en Norvège dont seuls 1 400 ont un emploi
régulier, pour des raisons sans doute proches de
celles de leurs compatriotes installés au Danemark.
Le premier ministre norvégien pourrait aussi avoir
d'autres arguments :
Année
record en matière d'immigration, l'année 2000
l'est aussi en matière de délinquance. Lorsqu'il
présente les statistiques sur la criminalité,
Anstein Gjengedal, le chef de la police, signale une forte
hausse des crimes à Oslo, dont la moitié sont
commis par des étrangers. Ces crimes souvent commis
en bandes. La plupart des délits sont souvent des
agressions contre les personnes : les viols et les tentatives
de viols sont à leurs plus haut niveaux jamais atteints.
Cette hausse de la criminalité n'est pas surprenante
puisqu'en 1999, les recherches du bureau central des statistiques
de Norvège avaient révélé que
le taux de criminalité des étrangers issus
de l'immigration extra-occidentale était deux fois
plus élevé que celui des Norvégiens,
se montant respectivement à 55 pour 1000 et à
27 pour 1000.
Fait inquiétant pour l'avenir, en 2000, une étude
montrait que la violence est un problème en augmentation
constante au sein des immigrés de seconde génération
: un jeune sur quatre âgé d'entre 14 et 17
ans a été impliqué dans des bagarres
à l'arme blanche ou a menacé d'autres jeunes.
Tormod Oeia, un des chercheurs à l'origine de cette
étude signale aussi que plus un jeune immigré
se sent Norvégien, moins il a de chance de se tourner
vers la criminalité. La criminalité des jeunes
immigrés pourrait donc être comprise comme
un mode d'expression d'hostilité vis à vis
de la société norvégienne.
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En 2001,
une étude de la police révèle que dans
la capitale de la Norvège, deux personnes accusées
de viol sur trois ne sont pas originaires d'Europe de l'ouest.
Elle précise, comme l'année précédente,
la hausse de ce type de criminalité: plus 40 % en
2000 par rapport à l'année 1999 et plus 13
% en septembre 2001 par rapport à l'année
2000. Pour Gunnar Larsen, un inspecteur de la brigade des
moeurs d'Oslo, le lien entre la hausse du nombre de viol
et l'origine ethnique est un phénomène évident.
"Notre expérience générale
est que c'est une tendance à la hausse. Nous le remarquons
par le nombre de fois que nous avons besoin d'interprètes
au cours de l'enquête." Si les statistiques
de la police d'Oslo montrent que 65 % des personnes accusées
d'agressions sexuelles sont d'origine non-occidentale, elles
montrent aussi que 80 % des victimes sont norvégiennes,
avec 20 % de femmes ayant des origines étrangères.
Cette
hausse des viols en Norvège s'explique dans la mesure
où la culture des populations issues de l'Afrique
sub-saharienne (en Norvège, principalement des somaliens)
et la culture du monde musulman véhiculent une vision
particulière dévalorisée de la femme.
Parallèlement aux viols, les autorités Norvégiennes
doivent en place un programme de sensibilisation dans les
écoles pour lutter contre la pratique de l'excision:
les immigrés africains ont en effet apportés
dans leurs valises cette pratique archaïque de mutilation
génitale des fillettes.
D'autre part, L'islam, qui institutionnalise des pratiques
discriminatoires en matière religieuse, interdit
le mariage entre une femme musulmane et un homme appartenant
à une autre religion mais autorise le mariage entre
un homme musulman et une femme appartenant à une
autre religion. Cette vision dévalorisée de
la femme non-musulmane vient se superposer à la différence
d'origine ethnique qui, contrairement aux immigrés
Danois et Suédois, sépare les immigrés
de confession musulmane et des Norvégiens. Une Norvégienne,
en tant que femme, en tant que blanche souvent très
typée et en tant que non musulmane immédiatement
identifiable a un statut particulièrement dévalorisé
qui favorise le comportement de prédation sexuelle
de certains immigrés musulmans.
D'autres
moeurs choquent aussi la sensibilité scandinave:
les mariages forcés. En effet, avec l'arrivée
des populations musulmanes, le mariage forcé est
devenu un phénomène récurrent dans
la société norvégienne. Selon l'association
Human Right Service, basée à Oslo, entre 1996
et 2001, 82 % des jeunes marocaines détenant la nationalité
Norvégienne ont été mariées
à des citoyens marocains. Dans le cas des jeunes
pakistanaises détenant la nationalité norvégienne,
76 % d'entre elles épousent des citoyens pakistanais.
Pour Hege Storhaug, l'auteur d'un livre basé sur
le rapport d'Human Right Service au parlement suédois
concernant l'intégration des femmes, les jeunes musulmanes
sont "des visas vivants pour une nouvelle forme
de commerce", les lois sur le regroupement familial
ayant tendance à favoriser cette pratique.
C'est
dans ce contexte que survient, en 2002, un fait divers qui
va choquer l'Europe du nord, du Danemark à la Finlande:
Le cas de Fadime Sahindal. En 1998, poursuivi en justice
par sa fille Fadime et son petit ami Patrick Lindesjos,
Un immigré kurde, Rahmi Sahindal, avait été
condamné pour les avoir menacés de mort s'ils
ne se séparaient pas. Malgré cette victoire,
l'affaire avait connue une fin tragique lorsque le jeune
homme était mort, un mois plus tard, dans un accident
de voiture au moment où le couple devait commencer
à vivre ensemble. Trois ans plus tard, Rahmi Sahindal,
abattait sa fille à coups de revolver. Cette mort
avait d'ailleurs suscité une polémique concernant
les circonstances de l'accident de voiture de son fiancé.
Ne manifestant aucun remord concernant le meurtre, Rahmi
Sahindral allait déclarer qu'il considérait
le meurtre justifié parce que sa fille avait salit
l'honneur de la famille en sortant avec un Suédois,
ce qui en dit long sur ses sentiments racistes.
L'affaire se trouvait au croisement de plusieurs débats:
d'une part, celui de l'augmentation du nombre de mariage
forcés dans les pays scandinaves. D'autre part, l'utilisation
des lois sur le regroupement familial pour forcer la porte
des sociétés scandinaves. Enfin, celui de
l'incapacité manifeste des immigrés venant
de cultures trop différentes aux cultures nordiques
à s'intégrer: Rahmi Sahindral vivait en Suède
depuis 1981 mais 21 ans plus tard, il ne maîtrisait
toujours pas la langue du pays...
Le
16 septembre 2003, Le parti du progrès, une formation
politique qui aborde sans complexe le problème de
l'immigration, a émergé en troisième
position des élections municipales qui se sont tenues
dans le pays. Il totalisait 16,5 % des suffrages, un score
en hausse de 4.4% par rapport aux élections précédentes.
En Juin 2003, dans une enquête d'opinion du Aftenposten,
66 % des Norvégiens interrogés déclaraient
avoir une opinion plus négative des étrangers
qu'auparavant. Après l'assassinat d'une personne
âgée et une fusillade au Gardermoen, l'aéroport
d'Oslo, par des immigrés, 60 % des sondés
déclaraient aussi avoir un plus grand scepticisme
vis à vis des immigrés en tant que groupe.
Incapacité ou refus de s'intégrer, mépris
culturel affiché, délinquance prédatrice,
islamisme, viols, excisions, mariages forcés, racisme
envers la population scandinave. On peut voir dans les résultats
des élections et des sondages d'opinion en Norvège
une manifestation du "racisme" des populations
européennes ou on peut simplement constater qu'aux
mêmes causes, les mêmes effets.
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