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Depuis
la fin de mois d'Août 2003, une controverse liée
au racisme a secoué le monde du Rugby Sud-Africain.
Parce que les springboks sont l'équipe nationale
de l'Afrique du Sud et parce que le joueur accusé
de racisme est un blanc, le fait divers a aussitôt
été largement relayé et amplifié
et la controverse a trouvé un écho sur toute
la planète ainsi qu'en France.
Geo
Cronje, un joueur d'origine afrikaner, a en effet été
accusé de racisme pour avoir refusé de partager
une chambre et ses facilités avec Quinton Davids,
un coéquipier noir. Alors que le jeune afrikaner
a precedemment partagé sans problême sa chambre
pendant plusieurs jours avec d'autres joueurs noirs, la
possibilité d'une mésentente personnelle entre
les deux joueurs soit à l'origine du comportement
de Geo Cronje n'a été évoquée
par personne.
En
conséquence du cirque médiatique qui a suivi,
on a vu entrer en scène Nelson Mandela, puis on a
prononcé l'exclusion de Geo Cronje de l'équipe
nationale Sud-Africaine, bien qu'une enquête interne
de la fédération Sud-Africaine de Rugby l'ait
éxonéré des accusations dont il était
la cible.
Tandis
que la polémique sur le racisme réel ou supposé
de Geo Cronje, de celui des Blancs de la fédération
de Rugby rebondie de jour en jour, un autre élément
important dans la vie politique et sociale de l'Afrique
du Sud semble être passé inaperçu :
la remise d'un rapport de la commission des droits de l'Homme
sud africaine sur la violence dans les
fermes et surtout les bizarres aléas qui ont
précédé sa parution.
De
1991 à 2001, 1 254 personnes sont mortes au cours
d'attaques contre les fermes. En 2001, 147 personnes sont
mortes pour 1 011 attaques contre les fermes. En 2002, 112
personnes sont mortes pour 1 000 attaques. La fréquence
des attaques, le mode opératoire des agresseurs,
des documents découverts par AGRI-SA, l'attitude
ambigue de Thabo Mbéki vis à vis du voisin
Zimbabwéen ont donné corps à la certitude,
au sein de la communauté fermière, que les
autorités de l'afrique du Sud mettaient en place,
de façon officieuse, un génocide Boer afin
d'accélérer un programme de réforme
agraire.
la
controverse concernant le rapport est née de deux
éléments conjugués. D'une part, les
décisions de Penuell Maduna, le ministre de la justice
et de Charles Nqakula, le ministre de l'intérieur
de différer la publication du rapport, prévue
pour le mercredi 20 août 2003 et déjà
reportée depuis 2001, et de renvoyer le dit rapport
devant le comité chargé de sa rédaction
parce qu'ils n'étaient pas satisfaits de son contenu.
Les Xingwa, le porte parole de Charles Nqakula a refusé
de commenter les raisons pour lesquels les ministres n'étaient
pas satisfaits du rapport. Une telle réaction avait
aussitôt provoqué de vives réactions
des partis d'oppositions et des syndicats de fermiers, qui
avaient questionné l'indépendance de ce comité.
Le
22 Août 2003, suite à ce délai, Beeld,
un journal de Johannesburg rédigé en Afrikaner,
a publié un article basé sur une copie du
rapport que le journal avait pu obtenir. Cet article signalait
que la grande majorité des attaques étaient
motivées par l'intention de voler. Néanmoins,
il signalait aussi que, selon le rapport (qui a été
modifié depuis) certaines attaques étaient
apparemment motivées par la haine raciale, sans pour
autant que ces attaques soient de nature politique et qu'il
y avait parfois une corrélation entre certaines occupations
de fermes par des squatteurs et les attaques, notamment
au Kwazulu-Natal. Dans une étude menée de
1998 à 2001, un des comité avait ainsi découvert
que sur 45 attaques contre des fermes, 32 meurtres n'avaient
aucun motif rationel. Le rapport signalait également
que les attaques contre les fermes étaient en général
plus violentes que les agressions classiques.
Lorsque
le rapport officiel a enfin été publié
et rédigé selon les souhaits des ministres
Sud-Africains, on n'y trouvait plus mention de liens possibles
entre les attaques et des motivations racistes ou politique;
En fait, il déclarait que des crimes comme "les
attaques contre les fermes" n'existaient pas. Seules
étaient mentionnées les maltraitances des
fermiers blancs envers leurs employés Noirs. Bref,
le rapport de la commission était devenu un rapport
entièrement à charge contre les fermiers blancs.
Ainsi remarquait Christian Van Zyl, le manager de la sécurité
des fermiers du Tranvaal, si la commission réclamait
une prompte intervention de la police concernant les expulsions
illégales d'employés agricoles, "pas
un mot n'a été prononcé concernant
une réaction similaire dans le cas des attaques contre
les fermes." De même, aucun élément
d'explication n'était donné pour expliquer
le recours systématique à la torture contre
les occupants des fermes.
De
leur côté, au sein des Jeunesses de l'ANC,
on était plutôt satisfait par le rapport de
la commission des droits de l'hommes, revu et corrigé
selon les désirs de Messieurs Maduna et Nqakula.
Khulenaki Ntshangase, le porte parole du mouvement a ainsi
déclaré que "nous avons affirmé
depuis longtemps que les incidents de meurtres de fermiers
ne peuvent jamais être motivés par la haine
raciale dans ce pays parce que l'immense majorité
des propriétaire de fermes sont blancs, alors que
les criminels sont Noirs. La science affirme que les Noirs
n'ont pas la capacité de se livrer au racsime car
une relation basée sur le pouvoir économique
determine le racisme et le facisme."
En
dépit des propos rassurants (?) de Khulenaki Ntshangase,
la situation des fermiers blancs d'Afrique du Sud devraient
faire l'objet de beaucoup plus d'attention en Europe, que
celle de l'équipe des Springboks. De nombreux voyants
sont au rouge en Afrique du Sud, qui indiquent qu'une situation
"à la Mugabe" pourrait se devellopper dans
ce pays dans les années à venir.
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La passivité des autorités face à
la violence dans les fermes.
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Le refus, voir le déni du problême, dont
les conditions dans lesquelles le rapport de la commission
des droits de l'homme Sud-Africaine a vu le jour est le
dernier exemple en date.
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Le mode opératoire des agression
dans les fermes, pendant lesquels le viol et la torture
sont utilisés de façon systématique,
visiblement dans le but de terroriser
-
Le peu d'empressement à condamner, voir le soutien
de Thabo Mbéki, le président de l'Afrique
du Sud, pour la politique de réforme agraire et
la politique de nettoyage
ethnique de Robert Mugabe au Zimbabwe, qui a chassé
de son pays en deux ans 250 000 des 300 000 Blancs qui
y vivaient.
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Le racisme à peine dissimulé de Thabo Méki
qui, depuis son arrivé au pouvoir, s'est fait largement
le relais de thèses anti-blanches comme le soit-disant
complot de la CIA, qui aurait créé le SIDA
pour mener à bien un génocide contre les
Noirs.
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La manie de ce même président d'accuser les
"médias Blancs" chaque fois que les informations
lui sont défavorables.
Enfin,
un dernier fait: Dans sa dernière publication, l'Institut
des relations raciales d'Afrique du Sud a signalé
que le taux de pauvreté progresse en Afrique du Sud.
De 41 % en 1996, il atteint aujourd'hui 49 %. Il a aussi
montré que, dans la province du Gauteng, 80 % des
projets d'aide à la pauvreté ont été
fermés pour cause de corruption généralisée
du système.
Pour
les dirigeants noirs sud-africains confrontés à
des difficultés économiques croissantes, incapables
d'endiguer une hausse fulgurante de la criminalité
depuis 1994 et responsables d'une gestion calamiteuse de
l'épidémie du SIDA (Pendant des années,
Thabo Mbéki a nié le lien entre HIV et SIDA
et a refusé de déclarer un état d'urgence
sanitaire), la tentation va être de plus en plus grande
de trouver un bouc émissaire pour expliquer leur
incompétence. Tout laisse craindre le recours à
la vieille ficelle du populisme noir: la mise en accusation
des Blancs et de leur supposé racisme.
Il
est grand temps de se débarrasser des préjugés
idéologiques et albophobes lorsqu'on regarde la situation
en Afrique du Sud, comme on aurait du le faire dans le cadre
du Zimbabwe. L'intégration de joueurs noirs dans
l'équipe de Baseball Zimbabwéenne semble aujourd'hui
un évènement bien futil en regard de la famine
et des pénuries alimentaires qui touchent des millions
de personnes dans ce pays. Ceci devrait nous rappeler que
l'affaire trés médiatisée des Springboks
ne doit pas occulter des enjeux autrement plus importants
pour l'avenir de la société Sud-Africaine.
Quoiqu'il en soit, pour le pouvoir Sud-Africain, l'affaire
Cronje est arrivée juste au bon moment...
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