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Mercredi
2 octobre 2002, à Brigetown, à la Barbade, les blancs ont
été officiellement exclus de la conférence contre le
racisme intitulée " Conférence mondiale des
Africains et des descendants dAfricains contre
le racisme".
Entre le 02
et 06 octobre 2002, , une conférence qui a réunis plusieurs
centaines de délégués noirs représentant lensemble
de la diaspora africaine sest tenue à La Barbade.
Cétait la "Conférence Mondiale des Africains
et des descendants dafricains contre le Racisme".
Lévénement avait été préparé par le Transafrica Forum,
une organisation présidée par le célèbre acteur Noir-Américain
Danny Glover et dirigée par le chanteur Harry Bellafonte
ainsi que par déminentes personnalités noires du monde
universitaire ou des milieux financiers. On comptait aussi
parmi ses sponsors, Russell Simmons, un des imprésarios
les plus connus du monde du Hip-Hop, qui sest notamment
occupé de la carrière de Public Enemy.
Prolongement
de la conférence de Durban, la conférence avait pour but,
dans le cadre de sa lutte contre le racisme, de discuter
de la mise en place de poursuites pour obtenir des nations
européennes des compensations financières pour leur participation
au commerce triangulaire. Les conférenciers devaient aussi
préparer des poursuites pour quHaïti soit dédommagée
des compensations financières quelle avait du payer
à la France pour son indépendance, lorsque les blancs et
les métisses avaient été soit chassés de lîle, soit
massacrés par les esclaves révoltés.
Officiellement,
la conférence était ouverte à tous. Le site Web du Transafrica
Forum déclarait que toutes les personnes qui se sentaient
concernées par le sujet de la conférence pouvaient sy
rendre .
Officieusement,
cependant, la plupart des délégués noirs présents à la conférence
estimaient que seuls les noirs devaient y participer. Pour
ceux là, la présence dune petite dizaine de Blancs
et de deux personnes originaires du sous continent indien
était insupportable. La délégation "Britannique",
composée dune soixantaine de personnes, sest
vite révélée la plus hostile à leur égard et elle a présenté
au vote des délégués une motion dexclusion des blancs,
afin quils leur soit interdit de participer à la conférence.
Garadina Gamba , une de ses membres, a déclaré publiquement
au sujet de la conférence et des blancs: "Cest
un événement pour la famille africaine donc ils ne devraient
pas être autorisés à sasseoir et à parler avec nous.
" Des propos auxquels Kwaku Bonzu, un immigré africain
qui réside à Londres, fera écho en évoquant les assurances
quavaient données les organisateurs de la conférence
mondiale des Africains et des descendants dAfricains
contre le racisme. " Nous leur avons dit
avec emphase que nous ne voulons pas nous asseoir avec
des européens ou des " hindous", ils nous
ont assurés que ce serait une réunion africaine et africaine
seulement, et cest pourquoi nous sommes venus. "
Il insistera sur le fait que, pour que quelque chose de
substantiel ressorte de la conférence, il fallait que les
Africains parlent aux africains sans la présence deuropéens.
Après un court
débat, les délégués africains ou descendants dafricains
ont procédé au premier vote de leur conférence contre
le racisme. 200 ont voté de façon démocratique que
les blancs présents à la conférence devaient être exclus
des débats et quils ne devaient plus y assister. 50
autres délégués ne se sont pas prononcés contre cette expulsion,
se contentant de sabstenir. A lannonce des
résultats du vote, la plupart des délégués ont poussé des
cris de joies ! Lily Golden, professeur d'étude africaines
à l'université de Chicago et membre de la délégation Russe
a décrit la façon dont s'est déroulé le vote:
"C'était
du racisme, le premier jour j'ai entendu des gens qui haient
les Blancs et qui insistaient pour que ceux qui ne veulent
pas des blancs aillent à droite et les autres à gauche (quand
ils ont voté pour savoir si les non-Africains devaient être
expulsés). Donc beaucoup sont allés à droite... Il y avait
dans la foule des gens qui les manipulaient et des Noirs
ignorants les suivaient."
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| Une journaliste blanche
de la presse locale, Karen Dear, est expulsée
par un "antiraciste" noir sous les yeux
de Trevor Prescod (au centre), un membre du parlement
des Barbades qui laisse faire... |
La motion ayant
été votée, les délégués noirs ont prié les blancs de partir,
ce que ceux-ci ont fait sans protester. Seules réactions :
Doug Norberg, un cameraman blanc dorigine américaine
a simplement déclaré
" Je pense que cétait une erreur." et
une femme a quitté la conférence en pleurant. Une anecdote
en dit long sur les grands "intellectuels" sauveurs
de la race noire qui ont voté lexclusion des Blancs :
Martine Pile, une interprète blanche mariée à un Barbadien
noir, était venue avec sa fille Shamkoe, qui est étudiante.
La jeune fille a raconté que "Les gens de la conférence
mont dit que jétais noire et que je pouvais
y assister, mais pas ma mère." On voit le niveau!
Parmi les conférenciers
noirs, la décision na pas fait lunanimité pour
autant. Ainsi Jean Violet Baptiste, la porte-parole de lassociation
africaine pour le développement et la culture, une organisation
basée en Guyane, sans remettre en cause lexclusion
des blancs, se désolait néanmoins du fait que les organisateurs
naient pas dit clairement que seuls les noirs étaient
les bienvenus à la conférence contre le racisme.
"Vous ne pouvez pas laisser les gens faire tout
ce chemin puis leur demander de partir. "
De son coté,
David Commissiong, le directeur des affaires panafricaines,
un membre haut placé du comité dorganisation de cette
conférence contre le racisme ne cachait pas son embarras
après cette décision inattendue des délégués. Il a ainsi
déclaré "Je nétais pas là lorsque la résolution
est passée, mais il semble que les choses se soient faîtes
de façon démocratique. " Néanmoins, il a ajouté
" Il arrive un moment où le peuple africain doit
se rassembler pour une réunion de famille pour soccuper
des affaires de famille. "
La directrice
de la conférence contre le racisme, Jewel Crawford,
une noire-américaine, a expliqué ce qui avait motivé la
décision des délégués de la conférence : le racisme des
blancs.
"Il
y a un certain nombre de noirs qui ont été traumatisés par
les blancs et ils ont souffert sur un plan psychologique
et émotionnel, et le résultat de ce traumatisme, cest
que certains ne voulaient pas évoquer ces problèmes devant
eux."
On s'émerveille
du courage de ces noirs traumatisés de la vie qui,
incapables de supporter la présence de dix blancs à la Barbade,
vivent néanmoins dans des endroits comme Londres où ils
ont immigré de leur propre volonté, et où ils sont contraints
de subir quotidiennement le contact des Européens ! Une
formidable et émouvante leçon de dignité sur laquelle de
nombreux racistes blancs devraient méditer!
Parmi les conférenciers,
seules quelques personnes se sont opposées avec vigueur
à la décision prise par la majorité des délégués. De vives
discussions ont éclaté entre les délégués francophones de
la Martinique, de la Guadeloupe, de Saint Martin et les
délégués anglophones de la Grande Bretagne et des Etats
Unis lorsquon a refusé que leur interprète, blanc,
soit présent à un atelier de travail. Un délégué britannique
a répondu aux francophones "Aucun européen nest
autorisé dans cette pièce. Cette conférence est pour
les personnes de descendance africaine. Nous vous demandons
de vous conformer au vote." Nos concitoyens antillais
ont alors spontanément décidé de quitter la salle et sont
allés se plaindre auprès des organisateurs.
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"Nous
regrettons que les travaux menés à la conférence
de la Barbade pour les réparations et contre linjustice
soient inaugurés par une motion en faveur de lexclusion."
Malsa Garcin, maire de Sainte Anne en Martinique |
Le jeudi 03
septembre 2002, les délégués de la Guadeloupe, de la Martinique,
dHaïti, de Saint Martin et de la Guyane française
ont menacé de quitter la conférence si une résolution nétait
pas passée pour annuler le vote du jour précédant. Ce jour
là également, les Martiniquais ont refusé de participer
à quelque atelier de travail que ce soit.
Malsa Garcin,
le maire de Sainte Anne, en Martinique, a présenté à la
presse une motion contre lexclusion, qui déclarait
:
"Nous
sommes attachés au combat contre le racisme, lexclusion,
la xénophobie et nous sommes attachés au combat pour des
réparations dans lesprit de la conférence de Durban.
Nous regrettons que les travaux menés à la conférence de
la Barbade pour les réparations et contre linjustice,
soit inauguré par une motion en faveur de lexclusion.
Nous réaffirmons
que nous ne nous reconnaissons pas dans cette prise de position
et des procédures qui sont contraires aux principes qui
motivent notre combat contre toutes formes dexclusions,
doù quelles viennent. "
Alors que,
le vendredi 04 octobre, le gouvernement de la Barbade, par
la voix de son ministre de lintérieur, Mia Mottley,
prenait ses distances avec la conférence en condamnant le
vote des délégués, la délégation des antilles françaises,
avec le soutien de la délégation Cubaine dont linterprète,
Margot Tuach, avait également été exclue, souhaitait présenter
au vote des délégués de la conférence contre le racisme
une contre résolution annulant lexclusion des
blancs. Sous les applaudissements, les sifflets et les cris
de joie de la quasi totalité délégués noirs, pour lessentiel
anglophones, Jewel Crawford refusera cette requête en réaffirmant
que "la motion d'exclusion était la volonté
de la majorité... Il y a des moments où nous voulons nous
rencontrer entre nous.." A ces mots, 5 délégations
vont quitter la conférence: celles de la Martinique, de
Cuba, de la Guyane Française, de la Russie et de la Colombie
Ce soir là,
une seule voix allait sélever parmi les délégués pour
signaler que les noirs avaient peut-être des problêmes plus
urgent que de régler leurs comptes avec les blancs. Monsieur
Bakary Tandia, le délégué de la Mauritanie a signalé que
pour lui, de telles conférences mettent trop laccent
sur les réparations exigées des blancs et "se concentrent
à peine sur ce qui se passe sur le continent, où lesclavage
est toujours vivant dans certains endroits.". Les
organisations humanitaires estiment en effet que plus de
100 000 personnes sont actuellement réduites en esclavage
en Mauritanie. Hélas pour la cause de Monsieur Tandia, délivrer
un esclave de sa servitude ne rapporte rien à ses libérateurs
Dimanche 06,
jour de clôture de la conférence, les délégués qui ont continué
à assister à la " Conférence Mondiale des Africains
et des descendants dAfricains contre le racisme"
ont décidé la création dune nouvelle organisation
Le Global AfriKan Congress. Dans la foulée, les délégués
ont voté une motion qu'ils ont nommée "Muhadhra Wa
Jami" ce qui signifie en KiSwahili "réunion en
famille", ceci afin qu'il soit clair dés le début que
la prochaine réunion des africains et des descendants d'Africains
contre le racisme, sous l'égide du "Global
AfriKan Congress" sera réservée aux seuls noirs.
Contacté
par téléphone, une employée de la mairie de Sainte Anne
a signalé que la délégation martiniquaise, y compris monsieur
Garçin, était rentré dès Samedi en Martinique. Elle
n'a donc pas participé à la création de cette nouvelle organisation.
Lorsque les
membres du Global Afrikan Condress viendront réclamer des
compensations pour la traite des Noirs aux seules nations
Européennes, alors que les peuples africains ont aussi tiré
profit des esclaves qu'ils vendaient aux blancs, on saura
pourquoi: parce que ces conférenciers sont des racistes
antiblancs.
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"C'était
du racisme... Pendant le premier jour (de
la conférence) j'ai entendu
des gens qui haient les blancs...
Je n'en ai pas dormi pendant deux jours. Ca m' a
fichu un coup."
Lily Golden, Membre de la délégation Russe |
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