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Quelques
jours après les attentats du 11 septembre, les Français
ont découvert lexistence dun drôle de concitoyen,
dont le nom et le visage allaient leur devenir familié :
Zacharia Moussaoui, Le 20ème membre
du commando dAl Quaeda responsable du massacre à grande
échelle de milliers de personnes. Quelques semaines plus
tard cétait au tour dun autre islamiste, Richard
Reid, de nationalité anglaise, dêtre neutralisé au
moment où , dans un avion, il sapprêtait à mettre
le feu à ses semelles bourrées dexplosif. Les
deux hommes se connaissaient et sétaient rencontrés
dans une mosquée de Brixton, en Grande Bretagne.
Aujourdhui, Zacharia Moussaoui, dont le
procès va se dérouler aux états unis risque la peine de
mort pour "Conspiration avec Oussama
Ben Laden et Al Quaida afin dassassiner des milliers
de victimes innocentes". Tandis qu'en France, un collectif dassociations
de défense des droits de lhomme commence à se mobiliser,
les propos de proches de Zacharia Moussaoui, mais aussi
les commentaires parus dans la presse au sujet de Richard
Reid laissent craindre tous les dérapages typiques du racisme
antiblanc. Inversions des culpabilités, chantage racial, propagation du mythe de la toute puissance blanche
ont commencé à apparaître, et ce nest sans doute quun
début. Pourquoi ? Parce que Zacharia Moussaoui est un maghrébin
et que Richard Reid est un métisse né de père jamaïcain
et de mère Blanche, et quà ce titre, ils ne sauraient
être responsables dune haine dont on prétend tous
les jours quelle est le monopole des blancs.
Commençons par le cas de
Zacharia Moussaoui, puisque cest de lui quil
a le plus été question dans la presse française. La famille
de Zacharia Moussaoui a été présentée, autant que possible,
comme une famille bien intégrée et sans histoire. Selon
Libération, le terroriste a été élevé, comme ses frères
et surs, "à la française". Pour la mère de Zacharia Moussaoui, tous les
problèmes auraient commencé lorsquune cousine de Zacharia
Moussaoui, venue du Maghreb, a fait entrer le "mauvais esprit
à la maison" : dans ses bagages, elle aurait
apporté des livres sur lIslam et aurait conseillé
à ses cousins darrêter de faire la vaisselle parce
quun "vrai musulman" ne devrait pas sabaisser
à des tâches ménagères.
Cette version est peut être
vraie, mais la "cousine" naura pas eu à
forcer les choses car, en vérité, Zacharia Moussaoui nest
pas le seul islamiste de la famille. Le quotidien
Le Figaro présente son frère aîné, Abd Samad, comme un proche
des "frères musulmans". Mais qui sont
donc ces frères musulmans? Selon Xavier Ternisien, journaliste
au Monde, il s'agit d' "un mouvement fondé
en Egypte en 1928, par hassan Al-Banna, il est devenu la
matrice de tous les groupes se réclamant dune lecture
politique de lIslam.
Reprenant
la formule "Le Coran est
notre constitution" -
Les frères affirment que la réponse à tous les problèmes
du monde musulman se trouvent dans lIslam. Faute de
pouvoir instaurer un état islamiste, ils uvrent à
une islamisation "par le bas"
de la société, par léducation et le travail social
Une partie des frères musulmans sest radicalisé sous
leffet sous leffet de la répression Nasserienne.
Cest ainsi que Sayyid Qoth a rédigé en prison "Signe
de Piste", devenu le bréviaire de lislamisme."
Les propos d'Abd Samad Moussaoui,
cités par le Journal donnent une version assez différente
de celle de sa mère : pour lui, Zacharia Moussaoui
a subi "Un lavage de cerveau" et surtout, il a été victime
du racisme des français.
"Mon
frère croyait quil nétait pas reconnu à sa juste
valeur, il se plaignait du racisme,
il était fragile, bref, cétait la cible idéale pour
les fondamentalistes". Le Figaro, qui cite ces propos dans
son édition du 02 janvier 2002, pour les répéter le 29 mars
de la même année, continue ce jour là dans cette direction :
"Le
racisme, Moussaoui en a souffert. "Pas
trop mauvais pour un arabe" aurait dit un
professeur, qui la orienté vers un BTS technique. " Il fallait bien que les blancs soient,
dune façon ou dune autre, responsable des attentats
du World Trade Center : Si Zacharia Moussaoui navait
pas été victime de leur "racisme", rien ne serait
jamais arrivé. Cest "La bonne excuse" et
surtout une excuse raciste qui joue sur le mythe de "la toute puissance blanche".
Le cas de Richard Reid nest
guère différent de celui de Zacharia Moussaoui. Ce terroriste,
converti à lislam en Angleterre, est lui aussi est
décrit comme une victime du racisme des blancs. Selon le
journal du Dimanche du 30 décembre 2001, "Cest dans la prison de Feltham
que Richard Reid sest converti à lIslam. Cocktail
détonnant, cet établissement connu pour le racisme
de certains gardiens, alors quil regroupe
plus de 700 délinquants de 15 à 21 ans, dont la moitié sont
dorigine indienne ou Afro-Caribéenne. Du coup,
pour le recteur de la mosquée de Brixton, Abdoul Haqq Baker,
les jeunes "juste sortis de prison et qui se tournent
avec espoir vers lislam sont "des candidats parfaits
pour les extrémistes islamistes" "
Ce court paragraphe vaut
à lui seul quon sy attarde car il illustre parfaitement
la façon dont se transmet le
stéréotype de l'irrationalité des blancs.
Bien sur, on y évoque le racisme des gardiens de prison
comme le fait qui explique que les jeunes délinquants se
tournent plein despoir vers lIslam. Mais la
formulation de la phrase vaut-elle aussi son pesant dor.
Ainsi, certains gardiens de prison seraient racistes "alors
que" plus de la moitié des délinquants
de la prison sont des étrangers, comme si cette disproportion
rendait dautant plus inexcusables les sentiments "racistes"
des gardiens. Ne serait-ce pas plutôt "Parce
que", dans un pays européen, plus
de la moitié des délinquants dune prison anglaise
sont dorigine étrangère que ces gardiens
de cette prison ont des sentiments racistes ? Et ces délinquants
dorigine étrangère, sans doute nont-ils jamais
de sentiments racistes envers leurs gardiens
Un autre passage de larticle
du journal du Dimanche vient renforcer cette explication
par le racisme des blancs du comportement de Richard Reid :
Le père de Richard Reid a, lui aussi, été victime du racisme
des blancs : " "Personnellement,
je me suis converti à cause de la discrimination
raciale que je ressentais en Angleterre"
raconte John Colvin Reid, dorigine Jamaïcaine et dont
le père était méthodiste. "Quand jai
vu mon fils, voici dix ans, je lui ai suggéré de faire de
même. Je ne le regrette pas. Mon Islam à moi na rien
à voir avec lexplosion davions, mais avec lamour
du prochain" "
Lautre partie de lhistoire
du père de Richard Reid, le JDD ne lévoque pas, mais
on peut la découvrir dans le Time du 25 février 2002:
"Richard
est né à Londres en 1973, alors que son père, connu sous
le nom de Robin, était en prison pour vol de voiture. En
tout, Robin a passé 20 ans derrière les barreaux.
"Jai vu lintérieur de la plupart
des prisons de Londres" dit-il "Je
nai pas été un fameux exemple pour mon fils". Voilà pour la victime de la "Discrimination
raciale", sans doute coupable de "délit de Sale
Gueule".
Puis Robin, sil a
bien voulu reconnaître une part de responsabilité dans le
destin de son fils, a recours aux mêmes arguments que le
Frère de Zacharia Moussaoui. " "Il
était né en Grande Bretagne, comme moi "
dit Robin "cétait déprimant de sentendre
dire des choses comme " Rentre dans ton pays,
sale nègre" ". On sen doute, les nombreux délits
commis par "Robin", qui lont amené à cumuler
20 ans de prison, ont "largement" contribué à
rendre les Anglais moins racistes envers les noirs
Le comportement de Richard Reid aussi, dailleurs,
car lagression dune personne âgée qui lui vaut,
à 17 ans, sa première condamnation; Pendant plusieurs années,
il fera régulièrement des séjours en prisons pour dautres
délits qui, eux aussi, vont largement contribuer à remonter
les métis ou les noirs dans lestime de la population
britannique...
De la prison aussi, larticle
du Times nous donne une autre description que celle
du JDD: "Les autorités pénitentiaires
ont autorisé les imams a apporté de la littérature dans
les prisons de tout, depuis des copies du Coran à
des prospectus anti-américains soulignant limportance
du Djihad". Ne serait-ce pas plutôt dans cette
atmosphère de démission face à lIslam et de prosélytisme
haineux des imams quil faut trouver les racines de
lengagement terroriste de Richard Reid , plutôt que
dans le "racisme des gardiens" ?
***
Etonnant paradoxe, donc,
que celui que révèlent le cas de Zacharia Moussaoui et de
Richard Reid : Par une étonnante alchimie du verbe
où se mêlent le mythe de la toute puissance blanche et linversion
des culpabilités, leurs actions terroristes nous révèlent
que les blancs sont racistes. Etrange logique : Plus
les crimes commis par un maghrébin, un métisse ou un noir
sont atroces, plus ils prouvent et sexpliquent
par - le racisme des blancs. La culpabilité de Moussaoui
et de Richard Reid, cest en fait celle des blancs
Ce discour vise, en fait,
à nous désarmer moralement et constitue une forme subtile
de chantage racial: Plus les membres de minorités ethniques
se montrent violents, intolérants et haineux, plus cest
de la faute des blancs et donc, plus il faut faire preuve
d "antiracisme". Plus il nous faut
être conciliants. Plus il faut que nous cédions à toutes
les revendications raciales et identitaires de ces minorités
ethniques qui rejettent tout autant nos lois que nos coutumes
(comme ces frères musulmans pour qui lislam doit être
la constitution des communautés et des pays où ils se trouvent).
Plus il nous faut faire "d'aménagements". Plus
il faut que nous battions notre coulpe. Plus il nous faut
témoigner de sympathie pour ces bourreaux devenus "nos
victimes". Plus nous devons rester dans le cercle vicieux
d'une "tolérance" frelatée qui ne fait quaboutir
à de nouvelles violences dont nous-même, nos proches et
nos sociétés, sommes de plus en plus les cibles, parce que
nous sommes trop blancs et notre culture trop occidentale
aux yeux de ceux qui nous haient
MàJ - 10 octobre 2002
Suite à la parution
d'un livre dans lequel il évoque la dérive de son frère
et met en accusation les réseaux Saoudiens qui recrutent
en France, Abd Samad Moussaoui s'est à nouveau confié au
Journal Le Figaro. Au cours de l'entretien, publié le 24
septembre 2002, le frère d'Abd Samad s'est exprimé plus
en longueur sur ses rapports avec son frère. Il a ainsi
pu nuancer ses propos et préciser de façon claire sa pensée,
une précision qui répond à la question posée en titre de
cet article:

Une précision importante
aux yeux de beaucoup de monde... En effet, Mohamed
Atta, le chef du commando de terroriste qui a précipité
des avions sur les tours du WTC, a grandi en Egypte, ce
qui ne l'a pas empéché de devenir un terroriste,
on ne voit donc pas pourquoi "le racisme" servirait
d'excuse à Zacharia Moussaoui parce qu'il est né
en France.
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