| |
NB:
dans cet article, j'utilise le terme "pakistano - Bengali".
Je le met parce que je ne sais pas quel autre terme employer
pour désigner les communautés concernées. En effet, On ne
peut confondre, par exemple, les pakistanais et les bengalis,
qui sont musulmans, et les indiens, qui ne le sont pas.
Les anglais disent "Asians", mais en français
"asiatiques" décrit plutôt les personnes originaires
d'extrême orient. Si quelqu'un a un terme plus simple pour
désigner les personnes originaires du sous-continent indien,
merci de m'en faire part...
Oldham en Chiffre
|
Population d'Oldham
en % et en chiffres
|
| Population Totale |
|
219 000 habitants |
| Population
Pakistanaise |
6.39 % |
14 000 habitants |
| Population
Bengali |
4.11 % |
9 000 habitants |
| Population
Indienne |
0.73 % |
1 600 habitants |
| Total
Population immigrée |
11.23
% |
24 600 habitants |
|
% des agressions racistes
commises contre des blancs
|
| 1993 |
71 %* |
|
| 1997 |
72 %* |
|
| 1998 |
69 %* |
|
| 2000
|
60 %+ |
|
|
% des moins de 24 ans
dans chaque population
|
| Blancs |
34 % |
|
| Minorités
ethniques |
66 % |
|
Chronologie des événements depuis février 2001
Début
Février 2001 Mark Clayton, 23 ans, est poignardé
par un groupe dhommes dorigine pakistano-Bengali.
Début
Février 2001 Eric Hewitt, le chef de police dOldham,
dévoile les statistique sdincidents racistes pour
les 12 derniers mois : Sur 572 incident à caractère
racial, 60 % ont été commis par des pakistano-bengali contre
des blancs
09
avril 2001 peine de prison pour deux racistes pakistano-Bengali
pour le passage à tabac, en juillet 2000, de Richard Binns,
19 ans, par 10 hommes dorigine pakistano-bengali par
10 hommes qui lont traités de " sale blanc "
16
avril 2001 Des racistes dorigine pakistano-bengali
déclarent aux reporters de la BBC quils ont établis
à Oldham des " zones interdites aux blancs ".
19
avril 2001 Walter Chamberlain, 76 ans, est sauvagement
passé à tabac par 3 jeunes pakistano-bengali.
28
avril 2001 Première émeute raciale à la sortie dun
match de foot. Des pakistano-bengalis, insultés par des
supporters blancs, répliquent par des jets de briques et
de cocktails molotovs. 14 personnes arrêtées.
03
mai 2001 dans la ville voisine de Bradford, deux
pakistano-bengalis tentent de kidnapper une adolescente
blanche.
06
mai 2001 En dépit dune interdiction de défiler,
des skinheads du National Front font une manifestation.
Affrontements aux abords des " zones interdites
aux blancs ". 17 arrestations. Nombreux blessés
légers. Des passants blancs sont agressés par des pakistano-bengalis
06
mai 2001 Les violences sétendent à nouveau à
la ville voisine de Bradford.. Deux blancs sont agressés
par douze pakistano-bengali dans un centre commercial. Lun
deux souffre dune fracture du crâne et est hospitalisé.
23
mai 2001 Un blanc de dix neuf ans est agressé à coup
de bouteilles cassées par douze jeunes racistes dorigine
pakistano-bengali. Blessé au dos, il est conduit à lhôpital.
26
mai 2001 Dans une " zone interdite aux
blancs " une dispute entre un adolescent pakistano-bengali
et un adolescent blanc dégénère lorsque la mère de ce dernier
appelle par téléphone un groupe de blancs, qui attaquent
les maisons du quartier et blessent une femme enceinte dorigine
bengali. Plusieurs Pubs fréquentés par les blancs sont attaqués.
27
mai 2001 Nouvelle attaque contre un pub fréquenté
par des blancs. Bataille de rue pendant sept heures
28
mai 2001 Les locaux du Oldham Chronicle, le quotidien
local, sont incendiés par des pakistano-bengali. Nouvelles
bagarres de rues.
Emeutes raciales à Oldham, comment en est-on arrivé
là ?
Fin mai 2001, Oldham,
une ville anglaise de la banlieue de Manchester, a été secouée
par trois nuits démeutes raciales commises par les
membres des ethnies pakistanaise et bengali de la ville.
Ce qui a déclenché ces émeutes ? une simple dispute
entre adolescents, mais une dispute entre un adolescent
dorigine pakistano-bengali et un adolescent blanc,
dans une zone " interdite aux blancs ".
Par quel enchaînement de circonstances en est-on arrivé
là. A cause du racisme, bien sur, mais aussi le communautarisme
et la démission des politiciens. Cest quà Oldham,
le racisme est dune nature bien particulière. En lan
2000, sur 572 agressions racistes, 60 % ont été le fait
dindividus dorigine pakistano-bengali contre
des blancs. Après avoir été en but à la haine dune
minorité qui ne compte que pour 11 % de la population totale
dOldham, les blancs ont finis par perdre patience
Il serait difficile
de dire quand exactement les tensions raciales ont commencé
à monter à Oldham, mais cest peut être à partir de
début février 2001 que celles-ci sont devenues manifestes.
Cest à cette époque, en effet, que le chef de Police
dOldham, Eric Hewitt, tire la sonnette dalarme.
La semaine qui précède son intervention, Mark Clayton, un
jeune blanc de 23 ans a été sauvagement attaqué par des racistes pakistano-bengali. Poignardé
deux fois aux jambes, il a eu une artère sectionnée, a perdu
deux litres de sangs et a manqué de passer de vie à trépas.
Monsieur Hewitt réclame alors une rencontre durgence
avec les dirigeants des communautés dOldham et dévoile
les statistiques sur les crimes racistes dans la ville :
572 incidents à
caractère racial, 60 % commis contre des blancs.
La réaction des dirigeants
de la communauté pakistano-bengali est rapide :
Un conseiller dOldham, Abdul Quayum, exprime sa sympathie
pour Mark Clayton mais, surtout, prend à parti le chef de
police en ayant recours à linversion des culpabilités. Puisque Monsieur Hewitt, qui est blanc,
met en cause le comportement de certains membres de la communauté
pakistano-bengali, cest lui qui est raciste, et le conseiller de laccuser de porter
trop dattention aux membres de sa communauté. Il va
jusquà déclarer publiquement :
" Ce
nest pas la première fois quil a fait de telles
déclarations. Il est connu pour naccuser quune
partie de la communauté ".
Eric Hewitt a, en effet,
pu faire des déclarations similaires dans le passé :
en 1993, les blancs comptaient pour 71% des victimes du
racisme à Oldham; en 1997, pour 72% et en 1998, pour
69%. Lannée 2000 na donc rien dexceptionnel,
avec seulement 60% de crime racistes dirigés contre les
blancs, elle serait même plutôt calme. Néanmoins, une chose
est sure: le racisme anti-blanc est une norme à Oldham.
Le 9 avril 2001, le
racisme antiblanc revient à lactualité dOldham.
Deux jeunes pakistano-bengali sont condamnés à des peines
de prisons pour lagression, quelques mois plus tôt,
dun Adolescent blanc. Le 17 juillet 2000, Richard
Binns, 19 ans, revient du travail lorsquil est attaqué
par une dizaine de racistes qui lui trouvent la peau trop blanche.
Ils commencent à le traiter de "sale blanc", puis lun deux lui décroche
un premier coup de poing. Lorsque Richard commence à se
défendre, il est mis en garde " Fais gaffe, sale blanc,
ne viens pas dans le secteur, ici ça nous appartient ". Deux racistes frappent ladolescent
au poitrail, façon Kung-Fu, puis à lil
droit. La victime tente de fuir mais un des assaillants
lui bloque le passage. Les pakistano-bengalis poussent leur
victime dans un petit parc et commencent à le frapper sur
tout le corps et à la tête à coups de pieds en le traitant
de "sale blanc". Le jeune homme sera finalement
secouru par un automobiliste. Cet incident souligne la réalité
du racisme anti-blanc à Oldham et lantériorité de
celui-ci aux emeutes du 26 mai 2001.
Comme rien nest
fait pour arranger la situation, le climat dOldham
continue à se dégrader. Dans la ville, les racistes de la
communauté pakistano-bengali ne prennent même plus la peine
de se cacher. Mi-avril 2001, des jeunes pakistano-bengali
déclarent ouvertement aux reporters de la BBC quils
ont créé des zones interdites aux blancs. Vague démotion
dans le pays : les anglais se réveillent et découvrent
que, de la même façon quil y a un siècle, les colons
européens, mais aussi japonais
(on a tendance à oublier ces derniers), avaient imposé en
Chine des quartiers " interdits aux chinois et
aux chiens ", ce sont désormais les pakistanais
et les Bengalis qui leur imposent des interdits racistes
à la population anglaise. Immédiatement, la police et les
représentants de la communauté pakistano-bengali démentent
les propos tenus à la radio.
Ces efforts pour nier
la vérité sont réduit à néant le 21 avril 2001. Ce jour
là, après avoir assisté à un match de rugby, un vieil homme
de soixante quinze ans, vétéran du jour J, regagne son domicile
en prenant un raccourci. Mal lui en prend car il se trouve
précisément dans une de ces zones " interdites
aux blancs ". 3 Jeunes pakistano-bengalis laccostent
et lui ordonnent de quitter ce quils appellent " notre
territoire ". langlais, qui en a vu dautres,
refuse de sexécuter. Il est immédiatement bousculé
par les trois jeunes racistes qui le passent à tabac. Il
souffrira de plusieurs fractures faciales, du nez, et nécessitera
une intervention chirurgicale. Un témoin décrira ainsi son
état aux reporters de Channel 4.
" Il
avait lair de sêtre fait passer dessus par un
train. Ses deux yeux saignaient, sa tête saignait. Il était
malade de ce sang, vraiment quelque chose dont on ne rêverait
pas ".
Dès cet instant, les
choses saccélèrent. les blancs, qui subissent depuis
des années la haine des pakistano-bengalis commencent à
répliquer. Le 28 avril 2001, un match de football oppose
léquipe dOldham à léquipe de Stroke city.
A la fin du match, les supporters blancs de Stroke prennent
à parti les supporters pakistano-Bengali dOldham en
les arrosant dune bordée dinsultes racistes.
Une centaine de ces derniers se regroupent et, avec une
brutalité dont semblent coutumières leurs communautés, répliquent
aux mots par des jets de briques et par des cocktails molotovs.
La police devra intervenir pour mettre un terme aux affrontements.
14 personnes seront arrêtées.
Le 6 mai, Malgré une
interdiction de manifester émise par les autorités dOldham,
des membres du National Front décident de marcher à travers
Oldham. Ce jour là, la tension est particulièrement grande
en ville. La police est présente en force pour empêcher
tout incident : Face à elle: les militants du National
Front, décidés à en découdre avec les " paks ",
les militants "antifascistes", et les "jeunes"
pakistano-bengalis qui se rassemblent dans les zones " interdites
aux blancs ", dont tout le monde se doute quelles
seront lobjet des frictions à venir. Malgré la présence
policière, des combats éclatent entre Blancs et pakistano-bengalis.
Les premiers hurlent des insultes racistes en vandalisant
les façades des maisons environnantes ; les seconds
lancent briques, cocktails molotovs, et sattaquent
à tous les blancs sur lesquels ils peuvent mettre la main.
Lorsquun jeune blanc de dix sept ans est pris à parti
par des racistes pakistano-bengali, un couple de blancs
qui tentent de lui prêter secours sont, à leur tour, attaqués
par la petite bande de sauvages qui, armes de battes de
Baseball, fracassent le pare-brise arrière de leur voiture.
17 personnes seront arrêtés et plusieurs légèrement blessées.
Fait nouveau, ce jour là, la violence sest étendue
à la ville voisine de Bradford. Au centre commercial de
Arndale, du quartier de Westgate, Une bande de douze pakistano-Bengalis
prend pour cible deux blancs , qui sont si brutalement passés
à tabac que lun deux souffrira dune fracture
du crâne et nécessitera une hospitalisation. Trois jours
plus tôt dailleurs, dans la même ville, une adolescente
blanche avait faillit être kidnappée par deux pakistano-bengali.
Les événements du 26
au 28
Les choses se calment
alors pendant plusieurs jours, avec cependant des tensions
permanentes, jusquau 26 mai 2001. Ce soir là, vers
20 h 30, dans le secteur de Glockwick, une des " zones
interdites aux blancs ", une dispute éclate entre
deux adolescents âgés dà peine treize ou quatorze
ans. Trois jours plus tôt, le 23 mai, un nouveau passage
à tabac a eut lieu : un blanc de 19 ans a été attaqué
par 12 racistes pakistano-bengalis qui lont frappé
à coup de bouteilles cassées. Ayant cet événement en tête,
la mère du jeune blanc prend-elle peur ? Veut elle
simplement se venger par racisme ou par ras le bol ?
Selon Mohammad Sharif, un témoin de la scène, la femme passe
un coup de fil et cinq minutes plus tard, deux taxis déposent
plusieurs passagers; un groupe de vingt cinq hommes blancs
se forme. Plusieurs se mettent à crier des insultes racistes
et attaquent une maison à coup de briques. Lun de
ces projectiles blesse une femme enceinte.
Très vite, les pakistanais
et les bengalis se regroupent et commencent à mener une
série de raids contre des pubs connus pour être fréquentés
par des blancs. Vers 21 h 10, un gang de pakistano-bengali
attaquent un premier pub, le " live and let live ".
les vitres de huit millimètres installées au rez-de-chaussée
par le propriétaire - suite à de attaques similaires et
antérieures contre dautres commerces - résistent aux
chocs causés par divers objets, mais celles des étages volent
en éclats. Un cocktail molotov est lancé au travers des
fenêtres béantes, mettant le feu aux rideaux, tandis quune
quarantaine de clients partent se cacher.
Kenneth Berry, 59 ans
raconte cette première attaque : " il y
avait des dames de la soixantaine, hystériques car elles
ne savaient pas ce qui allait se passer
. Prés de 100
à 150 pakistano-bengali sont sortis de derrière les arbres "
Paul Barrow, le propriétaire
du pub continue : " Les
[pakistano-bengali] attaquaient les clients avec tout ce
sur quoi ils pouvaient mettre la main, bouteilles, tabourets
et verres. ". Il ajoute " ils ont chargé
en fracassant toutes les voitures. Nous avons essayé de
les empêcher dentrer dans le pub mais nous ne pouvions
pas. Ils frappaient tout le monde, cétait horrible. "
Suite à cette première
attaque, 4 clients seront emmené à lhôpital. Vers
11 heures du soir, le Pub est attaqué une seconde fois,
les voitures sont incendiées et une bataille de rue oppose
les émeutiers et la police.
Quelques minutes plus
tard, un deuxième pub, le Owd Kitts, est attaqué. Ses vitres
sont défoncées à coup de briques et, par miracle, un cocktail
molotov ne senflamme pas. Vers 3 heures du matin,
le dimanche 27 mai, le Owd kitts est à nouveau attaqué et
cette fois, le cocktail molotov qui lui est destiné prendra
feu. Enfin, vers 4 h 30 du matin, après 7 heures de
bataille de rue, la police parvient à restaurer le calme
dans la ville.
La trêve dure jusquà
16 heure 45 et les batailles de rue reprennent lorsquune
quarantaine de racistes pakistano-bengali se mettent à lancer
des briques sur le Jolly Carter. Il semble que les émeutiers
pakistano-bengalis soient décidés à chasser les derniers
commerces où des blancs peuvent se rencontrer dans le quartier
de Glockwick, qui est déjà le centre de la communauté Bengali.
Zoe Williamson, 21
ans, présente dans le pub, raconte :
" Le
pub était bien affairé, avec des enfants à lintérieur,
comme cest toujours le cas les dimanche après-midis.
Il y avait des pakistano-bengalis dehors qui ont commencé
à lancer des briques. Quelques personnes ont été touchés
par des éclats de verre mais personne na été sérieusement
blessé. Nous avons entendu que des pakistano-bengalis ont
dit quils reviendront plus tard et finiront le travail.
Cest
trop effrayant de rester ici ce soir et quoique le pub soit
ouvert, mon compagnon, moi et les deux bébés iront ailleurs ".
Les affrontements se
poursuivront jusque tard dans la nuit, pour mieux reprendre
le Lundi 28 mai. Ce jour là, vers deux heures du matin,
les locaux du journal local, le Oldham chronicle, seront
attaqués, ses vitrines, défoncées, puis un incendiaire y
lancera un cocktail molotov. Le motif de ces attaques serait
le mécontentement des pakistano-bengali sur la façon dont
le Oldham Chronicle les présente. Le journal a eu le tort
de rendre compte de la réalité dOldham dans ses colonnes ;
une réalité peu flatteuse pour les communautés pakistanaise
et bengali.
Alors comment en est-on
arrivé là ? En Février 2001, le chef de la police dOldham,
Eric Hewitt avait tiré la sonnette dalarme, mais qui
la écouté ? Que se serait-il passé si les représentants
des communautés pakistanaise et bengali, au lieu de ne privilégier
que les intérêts de leur groupe ethnique, avaient daigné
admettre que les membres de leurs communautés faisait preuve
dun racisme beaucoup trop virulent, et depuis beaucoup
trop longtemps, pour que le chômage ou le racisme des blancs soient les
seuls explications de ce comportement haineux ?
Walter Chamberlain aurait-il été passé à tabac ? Il
est un peu tard pour accuser les skinheads dêtre responsables
des événements dOldham. Le déchaînement de haine raciale
dont Oldham a été le théâtre est surtout le résultat du
refus dune minorité de quitter sa posture de victime
pour se remettre en question. Quand à la colère des blancs,
il faut en chercher la raison dans ces simples chiffres :
En 1993, les blancs
comptaient pour 71 % des victimes du racisme à Oldham ;
en 1997, pour 72 % ; en 1998, pour 69 % et en 2000,
pour 60 % dentre elles. Cela, ce sont des faits, le
reste, ce ne sont que des explications fumeuses
Les émeutes dOldham dans les médias français.
Contrairement à mon
habitude, où je procède par recoupements pour essayer de
connaître la vérité sur un événement, dans le cas des émeutes
dOldham, ayant suivit lactualité de cette ville
pendant plus dun mois, javais déjà les cartes
en main avant que les journalistes fassent paraître leurs
articles, ce qui ma permis de prendre la mesure de
ce qui a été dit, et de ce qui na pas été dit. Je
passerais sur les contradictions des premières heures, tout
à fait normales puisque même la presse anglaise narrivait
pas à se mettre daccord. Néanmoins, à partir du 28
mai, les faits était connus, et les journalistes français
avaient eu deux jours pour faire des recherches sur Internet
ou sur place. Le mensonge délibéré était donc impardonnable.
La couverture médiatique
a été égale à elle-même et toutes les grosses ficelles du
racisme antiblanc ont été utilisées, silence sélectif, inversions des culpabilité, la diabolisation et les attaques descriptives. Néanmoins, trois articles, deux du journal
" Le Monde " en ligne, et un article
parut dans la version papier et sur le site de " Libération "
ont retenus mon attention.
La grille de lecture idéologique
Cest "Le
Monde" en ligne qui a ouvert le feu de lactualité
en mettant en ligne un article le 27 mai à 20 heures . Ce
qui est particulièrement frappant, lorsquon le lit,
cest quavant même que les faits soient connus,
le journal avait déjà une analyse politique à leur sujet.
Sur les cinquante huit lignes de larticle, 23 sont
consacrés aux émeutes, 35 à des considérations dordre
politique.
Concernant les événements,
la responsabilité en est attribuée aux blancs, ce
qui est vrai pour ce soir là, mais sans que soit abordé
la génèse des émeutes.
Le monde indique en
caractère gras " Racisme
et utilisation du racisme ". Il sagit bien sur du racisme
des blancs. Ce qui est intéressant, cest quun
seul point de vue sexprime, celui de la gauche. Cest
dabord Simon Hugues, un libéral démocrate (en Angleterre,
libéral na pas le même sens quen France et désigne
des personnes de gauche), qui condamne les discours du conservateur
William Hague (critique concernant limmigration),
de pousser au crime raciste : ces discours peuvent
" Encourager
les gens à penser quils peuvent se laisser aller à
des paroles et parfois à des actes- dintolérance ".
Le monde donne ensuite
la parole à une star du cricket dorigine pakistanaise,
Imran Khan, qui déclare : " Il y
a deux problèmes ici. Lun est quil y a encore
du racisme en Grande Bretagne. Et lautre, cest
que certains hommes politiques se servent du racisme, de
la peur des immigrés comme dun outil politique ". Alors que toutes les personnes
citées dans Le Monde font lobjet dun paragraphe
séparé, le rédacteur de larticle fait suivre, dans
le même paragraphe, les propos de William Hague, qui se
trouve ainsi désigné comme un des politiciens évoqués par
Imran Khan.
Le travailliste Jack
Straw, ministre de lintérieur, est également cité,
qui " déclare quil est "incroyable
quon puisse reprocher à William Hague ce qui est arrivé
à Oldham", mais on ajoute quand même cette
citation " la question
de lasile est une question très très compliquée ".
Avec cet article, cest
toute la grille idéologique de lecture des événements dOldham
qui est posée, et une grille typique de la gauche raciste.
Silence Sélectif
Lorsque les faits antérieurs
aux émeutes ont été mieux connus, la presse a commencé à
nuancer le propos sur les événements dOldham, en signalant
unanimement lagression dont avait été victime Walter
Chamberlain le 21 avril 2001. Néanmoins, larticle
mis en ligne et diffusé sur papier par Libération le 21
décembre 2001 fait une inversion fâcheuse, et qui nest
pas innocente, en décrivant les faits ainsi : " Le 21
février 2001, un vétéran de la Seconde Guerre Mondiale,
âgé de 75 ans, Walter Chamberlain, avait été roué de coups
à deux pas de chez lui par trois adolescents asiatiques
[En fait des pakistano-bengalis]
" Fiche
le camps de notre coin ! " lui avait lancé
un agresseur. Lincident avait provoqué un grand émoi
en période électorale. La presse conservatrice avait aussitôt
fait ses gros titres sur lexistence dune " zone
fermée " aux anglais de souche. ". Clairement, le journaliste présente les
faits de façon déformée.
Limpression que
le journaliste cherche à créer dans lesprit du lecteur
mal informé est quutilisant cette agression, les journaux
conservateurs avaient inventé le concept dune "zone
fermée" par sensationnalisme. Cest parfaitement
faux puisque ce sont les jeunes pakistanais eux-mêmes qui
ont affirmés ce fait à la radio quelques jours plus tôt
[ ecouter ]et que cette information avait
été diffusée par la BBC à peu prés trois jours avant lagression
de Walter Chamberlain. Lopinion anglaise avait été
extrêmement émue par ces déclarations ; lagression
de Walter Chamberlain était arrivée, dans ce contexte, comme
une confirmation des propos tenus dans le reportage. En
loccurrence, cest Le Figaro qui publie les faits
dans le bon ordre le 29 mai 2001 : " Le racisme
vaut dans les deux sens, dailleurs. La communauté
anglaise et blanche dOldham est encore révoltée par
lagression dune rare violence, le 24 avril dernier,
dun septuagénaire par trois jeunes asiatiques [pakistano-bengalis].
Son seul tort, apparemment, était dêtre un blanc sur
ce quils considèrent comme leur territoire. Peu avant,
un adolescent affirmait sur les ondes de la BBC que les
blancs nétaient plus tolérés dans certains quartiers.
Une manière, selon lui, de " répondre aux attaques "
contre les communautés asiatiques." Larticle du Figaro est celui qui a
donné la version la plus complète et la plus honnête des
événements.
Des stéréotypes douteux
Néanmoins, on peut
déplorer que Le Figaro, comme lensemble de la presse
française, ait fait limpasse quasi complète sur les
chiffres du racisme à Oldham. En effet, le fait que 60 %
des agressions racistes y soient commises au détriment des
blancs ne sera mentionné nul - part, quoiquils soient
connus, puisque Libération les mentionnait dans un petit
article de 48 mots, dans son édition du 25 avril 2001. Comment
expliquer, alors, que Libération nait pas repris cette
information dans son article du lundi 28 mai ?
L'article de 28 mai
évoque, en effet, les tensions communautaires comme suit :
" Ces
dernières années, les relations intercommunautaires nont
cessé de se dégrader. La police a recensé lan dernier
572 incidents à caractère racial. ". Chacun connaît la force du grand préjugé, il est donc clair quici,
en nentrant pas dans le détail des statistiques sur
le racisme à Oldham, le journaliste veut donner limpression
que les incidents dOldham sont majoritairement le
fait des blancs et des skinheads, alors que ces
derniers nont fait leur apparition sur la scène dOldham
que tardivement, et constituent plus le symbole du pourrissement
avancé du climat racial à Oldham quils nen sont
la cause. Le racisme des blancs est
facile à identifier, le skinhead en constitue limage
dEpinal, et les immigrés ont pour eux lavantage
que leurs racismes soient mal identifiés par des populations
blanches qui commencent seulement à réaliser la virulence
du racisme antiblanc au sein des communautés dimmigrés.
Médiatiquement, cest un avantage, qui permet aux membres
de ces communautés de passer constamment pour des victimes,
même lorsque des faits et des chiffres prouvent le contraire.
Si les racistes pakistano-bengalis ne peuvent être identifiés
par un mot ou une expression, il ne reste plus en scène
que les très visibles " skinheads " :
et les blancs davoir unilatéralement tort. De ce point
de vue, dans laffaire dOldham, les blancs ont
été victime dun véritable refus de parole médiatique
Autre stéréotype trop
beau pour être vrai: Larticle publié le 28 mai 2001
par " Libération " signale lattaque
contre le " Live and Let Live " en ces
termes : " Des
jeunes originaires du sous continent indien se sont répandus
dans les rues, ont mis le feu à des voitures et bombardés
dobjets divers un pub qui par le passé refusait la
clientèle de couleur ".
Pour ma part, jai
lu en long, en large et en travers la presse anglaise et
je nai lu nulle part cette information. Par contre,
Je sais par linterview du patron du bar publiée dans
le Oldham Chronicle du 28 mai 2001 que des pakistano-bengali
étaient présent dans le pub comme clients - ce soir
là. Jai lu aussi quau moins deux autres pubs
ont été pris pour cibles par les émeutiers le 27:
le Owd Kitts et le Jolly Carter. Il semble donc que le " Live
and Let Live " nait pas été pris spécifiquement
pour cible pour la raison évoquée, même sil a pu être
pris pour cible parce que cest un lieu où les membres
de la communauté blanche se réunissaient, comme les deux
autres pubs attaqués. Le journaliste de libération avait
eu 24 heures pour prendre connaissance de ces faits ;
lexplication quil avance est trop belle, trop
stéréotypée, pour être honnête.
Un autre fait vient
jeter le doute sur la crédibilité de larticle :
le journaliste prétend qu "en fin de journée, vingt supporters
blancs dune équipe de football venue disputer un match
dans cette ancienne cité cotonnière proche de Manchester
ont attaqué un foyer asiatique " Cette version est fausse et le
28 mai, la vérité était déjà connue, plusieurs journaux
anglais, dont le Times et lindépendant avaient eu
le temps de boucler leurs articles en exposant les faits
tels quils sétaient déroulés : laltercation
entre adolescents, le coup de fil de la mère blanche, larrivé
dun groupe de blancs qui ont blessé une femme enceinte
dorigine bengali et malmenés plusieurs enfants pakistano-bengali.
la diabolisation
des blancs
Publié en ligne le
29 mai 2001, un article du monde vient clore la série darticles
publiés sur Oldham par la presse française.
Dans cet article, un
paragraphe est particulièrement interressant car il met
en constrate deux habitants dOldham. cest une
véritable attaque descriptive.
Dun coté, Il
y a " Abdul Basit
Shah, membre du Glockwick (quartier " asiatique ")
ainsi que le Clarkfield (quartier " blanc ")
Community forum, une institution de dialogue entre les communautés
de la ville. " Il est chauve, moustachu et vit
dans le " quartier pakistanais ". On
la compris, cest un pakistano-bengali ouvert
au dialogue. Il évoque les problèmes de chômage de jeunes
pakistano-bengalis.
De lautre, il
y a " madame X ",
qui " refuse de dire son
nom ". On la compris, puisquelle
nest pas nommée, ce pourrait être nimporte quelle
anglaise, et cest bien lidée
que le journaliste veut faire passer. Comme
par hasard, cest une blanche très typée : Elle
est blonde. Elle habite à " Town Square,
la place piétonnière principale de la ville, au pied du
coquet shopping center dOldham ". Elle est pharmacienne, jolie,
distinguée. Elle dit des pakistanais : " Si jai
jamais mis les pieds dans leur quartier. mais vous êtes
fous ! ", elle ajoute quelle pourrait
voter pour le British National, désigné comme un parti raciste
par le journal. En évoquant la communauté pakistanaise,
" madame
X. a la voix qui tremble et sa main se serre sur son joli
sac "
Ce que le journaliste
veut faire passer, cest lidée que le pakistanais
est ouvert au dialogue, quil est franc, puisquil
dit son nom, tandis que langlaise est une raciste,
une lâche qui ne veut pas dire son nom.
Le journaliste veut
aussi faire passer un autre stéréotype. Madame X est une
blanche " nantie ", et lon retrouve
la rhétorique dans laquelle la lutte des classe est devenue
lutte des races, typique de la gauche raciste.
Autre présentation
raciste encore. Madame X, cette blanche qui pourrait être
nimporte quelle anglaise, est présentée comme irrationnelle.
Elle ne connaît pas les pakistano-Bengalis et se met à trembler
rien quà les évoquer. Ne sachant même pas de quoi
elle parle, puisqu'elle n'a pas été dans le quartier pakistanais,
ses appréhensions ne seraient fondées sur rien.
Que son attitude contraste
avec louverture au dialogue dAbdul Basit Shah,
mais aussi avec le discours réfléchi dAshid Ali dont
on nous dit quil est instituteur ( ce qui est synonyme
de réflexion, de savoir et de sagesse) ou le pragmatisme
de Yasmina Alibhai-Brown, qui admet " que
les statistiques policières montrent que les attaques perpétrées
par eux [les jeunes pakistano-bengali] lan dernier
ont, pour la première fois, dépassé celles des agressions
de blancs racistes contre la minorité ".
(on a vu dans le tableau situé en haut de page que
ce n'est pas la première fois que le nombre d'agressions
racistes commises par des pakistanais dépasse celui
commis par les Anglais).
Quils sont dignes,
ces pakistano-bengalis, et quils sont ridicules et
irrationnels, les blancs que Le Monde nous présente, car
il faut bien sur évoquer, en plus de Madame X, Nick Griffin,
le dirigeant du National Front, qualifié " dapprenti
sorcier", qui déclare quil faut créer " des
quartiers séparés " à Oldham. Il nest en
fait quun seul blanc à qui le journal accorde un peu
de dignité : cest Eric Hewitt. Dans les déclarations
quon lui prete, il condamne sans appel sur le comportement
des membres du British National Parti et du National Front,
sans mettre en cause, comme en février, le comportement
des Pakistano-Bengalis
En vérité, si le journaliste
lavait voulu, il aurait très bien pu interroger dautres
blancs que Madame X et rapporter leur propos. Il a préféré
délibérément salir les blancs en mettant en scène une véritable
caricature de ceux ci, afin de valoriser par contraste les
pakistano-bengalis. Et cest comme par hasard une blonde
très typé quil a mise en scène.
Que faisait ce journaliste
dans le quartier chic de Town Square, alors que les émeutes
ont eut lieu dans le quartier de Glockwick ? Naurait-il
pas été plus logique que le journaliste interrogent des
blancs qui vivent dans les quartiers pakistano-bengalis ?
Et pourquoi ne la t-il pas fait ?
|
|