Mis à jour le 01 juin 2001
 

Racisme Antiblanc à Oldham

 
 
 
 
 

NB: dans cet article, j'utilise le terme "pakistano - Bengali". Je le met parce que je ne sais pas quel autre terme employer pour désigner les communautés concernées. En effet, On ne peut confondre, par exemple, les pakistanais et les bengalis, qui sont musulmans, et les indiens, qui ne le sont pas. Les anglais disent "Asians", mais en français "asiatiques" décrit plutôt les personnes originaires d'extrême orient. Si quelqu'un a un terme plus simple pour désigner les personnes originaires du sous-continent indien, merci de m'en faire part...

Oldham en Chiffre

Population d'Oldham en % et en chiffres

Population Totale   219 000 habitants
Population Pakistanaise 6.39 % 14 000 habitants
Population Bengali 4.11 % 9 000 habitants
Population Indienne 0.73 % 1 600 habitants
Total Population immigrée 11.23 % 24 600 habitants

% des agressions racistes commises contre des blancs

1993 71 %*  
1997 72 %*  
1998 69 %*  
2000 60 %+  

% des moins de 24 ans dans chaque population

Blancs 34 %  
Minorités ethniques 66 %  

Chronologie des événements depuis février 2001

Début Février 2001 Mark Clayton, 23 ans, est poignardé par un groupe d’hommes d’origine pakistano-Bengali.

Début Février 2001 Eric Hewitt, le chef de police d’Oldham, dévoile les statistique sd’incidents racistes pour les 12 derniers mois : Sur 572 incident à caractère racial, 60 % ont été commis par des pakistano-bengali contre des blancs

09 avril 2001 peine de prison pour deux racistes pakistano-Bengali pour le passage à tabac, en juillet 2000, de Richard Binns, 19 ans, par 10 hommes d’origine pakistano-bengali par 10 hommes qui l’ont traités de " sale blanc "

16 avril 2001 Des racistes d’origine pakistano-bengali déclarent aux reporters de la BBC qu’ils ont établis à Oldham des " zones interdites aux blancs ".

19 avril 2001 Walter Chamberlain, 76 ans, est sauvagement passé à tabac par 3 jeunes pakistano-bengali.

28 avril 2001 Première émeute raciale à la sortie d’un match de foot. Des pakistano-bengalis, insultés par des supporters blancs, répliquent par des jets de briques et de cocktails molotovs. 14 personnes arrêtées.

03 mai 2001 dans la ville voisine de Bradford, deux pakistano-bengalis tentent de kidnapper une adolescente blanche.

06 mai 2001 En dépit d’une interdiction de défiler, des skinheads du National Front font une manifestation. Affrontements aux abords des " zones interdites aux blancs ". 17 arrestations. Nombreux blessés légers. Des passants blancs sont agressés par des pakistano-bengalis

06 mai 2001 Les violences s’étendent à nouveau à la ville voisine de Bradford.. Deux blancs sont agressés par douze pakistano-bengali dans un centre commercial. L’un d’eux souffre d’une fracture du crâne et est hospitalisé.

23 mai 2001 Un blanc de dix neuf ans est agressé à coup de bouteilles cassées par douze jeunes racistes d’origine pakistano-bengali. Blessé au dos, il est conduit à l’hôpital.

26 mai 2001 Dans une " zone interdite aux blancs " une dispute entre un adolescent pakistano-bengali et un adolescent blanc dégénère lorsque la mère de ce dernier appelle par téléphone un groupe de blancs, qui attaquent les maisons du quartier et blessent une femme enceinte d’origine bengali. Plusieurs Pubs fréquentés par les blancs sont attaqués.

27 mai 2001 Nouvelle attaque contre un pub fréquenté par des blancs. Bataille de rue pendant sept heures

28 mai 2001 Les locaux du Oldham Chronicle, le quotidien local, sont incendiés par des pakistano-bengali. Nouvelles bagarres de rues.

Emeutes raciales à Oldham, comment en est-on arrivé là ?

Fin mai 2001, Oldham, une ville anglaise de la banlieue de Manchester, a été secouée par trois nuits d’émeutes raciales commises par les membres des ethnies pakistanaise et bengali de la ville. Ce qui a déclenché ces émeutes ? une simple dispute entre adolescents, mais une dispute entre un adolescent d’origine pakistano-bengali et un adolescent blanc, dans une zone " interdite aux blancs ". Par quel enchaînement de circonstances en est-on arrivé là. A cause du racisme, bien sur, mais aussi le communautarisme et la démission des politiciens. C’est qu’à Oldham, le racisme est d’une nature bien particulière. En l’an 2000, sur 572 agressions racistes, 60 % ont été le fait d’individus d’origine pakistano-bengali contre des blancs. Après avoir été en but à la haine d’une minorité qui ne compte que pour 11 % de la population totale d’Oldham, les blancs ont finis par perdre patience…

Il serait difficile de dire quand exactement les tensions raciales ont commencé à monter à Oldham, mais c’est peut être à partir de début février 2001 que celles-ci sont devenues manifestes. C’est à cette époque, en effet, que le chef de Police d’Oldham, Eric Hewitt, tire la sonnette d’alarme. La semaine qui précède son intervention, Mark Clayton, un jeune blanc de 23 ans a été sauvagement attaqué par des racistes pakistano-bengali. Poignardé deux fois aux jambes, il a eu une artère sectionnée, a perdu deux litres de sangs et a manqué de passer de vie à trépas. Monsieur Hewitt réclame alors une rencontre d’urgence avec les dirigeants des communautés d’Oldham et dévoile les statistiques sur les crimes racistes dans la ville : 572 incidents à caractère racial, 60 % commis contre des blancs.

La réaction des dirigeants de la communauté pakistano-bengali est rapide : Un conseiller d’Oldham, Abdul Quayum, exprime sa sympathie pour Mark Clayton mais, surtout, prend à parti le chef de police en ayant recours à l’inversion des culpabilités. Puisque Monsieur Hewitt, qui est blanc, met en cause le comportement de certains membres de la communauté pakistano-bengali, c’est lui qui est raciste, et le conseiller de l’accuser de porter trop d’attention aux membres de sa communauté. Il va jusqu’à déclarer publiquement :

" Ce n’est pas la première fois qu’il a fait de telles déclarations. Il est connu pour n’accuser qu’une partie de la communauté ".

Eric Hewitt a, en effet, pu faire des déclarations similaires dans le passé : en 1993, les blancs comptaient pour 71% des victimes du racisme à Oldham; en 1997, pour 72% et en 1998, pour 69%. L’année 2000 n’a donc rien d’exceptionnel, avec seulement 60% de crime racistes dirigés contre les blancs, elle serait même plutôt calme. Néanmoins, une chose est sure: le racisme anti-blanc est une norme à Oldham.

Le 9 avril 2001, le racisme antiblanc revient à l’actualité d’Oldham. Deux jeunes pakistano-bengali sont condamnés à des peines de prisons pour l’agression, quelques mois plus tôt, d’un Adolescent blanc. Le 17 juillet 2000, Richard Binns, 19 ans, revient du travail lorsqu’il est attaqué par une dizaine de racistes qui lui trouvent la peau trop blanche. Ils commencent à le traiter de "sale blanc", puis l’un d’eux lui décroche un premier coup de poing. Lorsque Richard commence à se défendre, il est mis en garde " Fais gaffe, sale blanc, ne viens pas dans le secteur, ici ça nous appartient ". Deux racistes frappent l’adolescent au poitrail, façon Kung-Fu, puis à l’œil droit. La victime tente de fuir mais un des assaillants lui bloque le passage. Les pakistano-bengalis poussent leur victime dans un petit parc et commencent à le frapper sur tout le corps et à la tête à coups de pieds en le traitant de "sale blanc". Le jeune homme sera finalement secouru par un automobiliste. Cet incident souligne la réalité du racisme anti-blanc à Oldham et l’antériorité de celui-ci aux emeutes du 26 mai 2001.

Comme rien n’est fait pour arranger la situation, le climat d’Oldham continue à se dégrader. Dans la ville, les racistes de la communauté pakistano-bengali ne prennent même plus la peine de se cacher. Mi-avril 2001, des jeunes pakistano-bengali déclarent ouvertement aux reporters de la BBC qu’ils ont créé des zones interdites aux blancs. Vague d’émotion dans le pays : les anglais se réveillent et découvrent que, de la même façon qu’il y a un siècle, les colons européens, mais aussi japonais (on a tendance à oublier ces derniers), avaient imposé en Chine des quartiers " interdits aux chinois et aux chiens ", ce sont désormais les pakistanais et les Bengalis qui leur imposent des interdits racistes à la population anglaise. Immédiatement, la police et les représentants de la communauté pakistano-bengali démentent les propos tenus à la radio.

Ces efforts pour nier la vérité sont réduit à néant le 21 avril 2001. Ce jour là, après avoir assisté à un match de rugby, un vieil homme de soixante quinze ans, vétéran du jour J, regagne son domicile en prenant un raccourci. Mal lui en prend car il se trouve précisément dans une de ces zones " interdites aux blancs ". 3 Jeunes pakistano-bengalis l’accostent et lui ordonnent de quitter ce qu’ils appellent " notre territoire ". l’anglais, qui en a vu d’autres, refuse de s’exécuter. Il est immédiatement bousculé par les trois jeunes racistes qui le passent à tabac. Il souffrira de plusieurs fractures faciales, du nez, et nécessitera une intervention chirurgicale. Un témoin décrira ainsi son état aux reporters de Channel 4.

" Il avait l’air de s’être fait passer dessus par un train. Ses deux yeux saignaient, sa tête saignait. Il était malade de ce sang, vraiment quelque chose dont on ne rêverait pas ".

Dès cet instant, les choses s’accélèrent. les blancs, qui subissent depuis des années la haine des pakistano-bengalis commencent à répliquer. Le 28 avril 2001, un match de football oppose l’équipe d’Oldham à l’équipe de Stroke city. A la fin du match, les supporters blancs de Stroke prennent à parti les supporters pakistano-Bengali d’Oldham en les arrosant d’une bordée d’insultes racistes. Une centaine de ces derniers se regroupent et, avec une brutalité dont semblent coutumières leurs communautés, répliquent aux mots par des jets de briques et par des cocktails molotovs. La police devra intervenir pour mettre un terme aux affrontements. 14 personnes seront arrêtées.

Le 6 mai, Malgré une interdiction de manifester émise par les autorités d’Oldham, des membres du National Front décident de marcher à travers Oldham. Ce jour là, la tension est particulièrement grande en ville. La police est présente en force pour empêcher tout incident : Face à elle: les militants du National Front, décidés à en découdre avec les " paks ", les militants "antifascistes", et les "jeunes" pakistano-bengalis qui se rassemblent dans les zones " interdites aux blancs ", dont tout le monde se doute qu’elles seront l’objet des frictions à venir. Malgré la présence policière, des combats éclatent entre Blancs et pakistano-bengalis. Les premiers hurlent des insultes racistes en vandalisant les façades des maisons environnantes ; les seconds lancent briques, cocktails molotovs, et s’attaquent à tous les blancs sur lesquels ils peuvent mettre la main. Lorsqu’un jeune blanc de dix sept ans est pris à parti par des racistes pakistano-bengali, un couple de blancs qui tentent de lui prêter secours sont, à leur tour, attaqués par la petite bande de sauvages qui, armes de battes de Baseball, fracassent le pare-brise arrière de leur voiture. 17 personnes seront arrêtés et plusieurs légèrement blessées. Fait nouveau, ce jour là, la violence s’est étendue à la ville voisine de Bradford. Au centre commercial de Arndale, du quartier de Westgate, Une bande de douze pakistano-Bengalis prend pour cible deux blancs , qui sont si brutalement passés à tabac que l’un d’eux souffrira d’une fracture du crâne et nécessitera une hospitalisation. Trois jours plus tôt d’ailleurs, dans la même ville, une adolescente blanche avait faillit être kidnappée par deux pakistano-bengali.

Les événements du 26 au 28

Les choses se calment alors pendant plusieurs jours, avec cependant des tensions permanentes, jusqu’au 26 mai 2001. Ce soir là, vers 20 h 30, dans le secteur de Glockwick, une des " zones interdites aux blancs ", une dispute éclate entre deux adolescents âgés d’à peine treize ou quatorze ans. Trois jours plus tôt, le 23 mai, un nouveau passage à tabac a eut lieu : un blanc de 19 ans a été attaqué par 12 racistes pakistano-bengalis qui l’ont frappé à coup de bouteilles cassées. Ayant cet événement en tête, la mère du jeune blanc prend-elle peur ? Veut –elle simplement se venger par racisme ou par ras le bol ? Selon Mohammad Sharif, un témoin de la scène, la femme passe un coup de fil et cinq minutes plus tard, deux taxis déposent plusieurs passagers; un groupe de vingt cinq hommes blancs se forme. Plusieurs se mettent à crier des insultes racistes et attaquent une maison à coup de briques. L’un de ces projectiles blesse une femme enceinte.

Très vite, les pakistanais et les bengalis se regroupent et commencent à mener une série de raids contre des pubs connus pour être fréquentés par des blancs. Vers 21 h 10, un gang de pakistano-bengali attaquent un premier pub, le " live and let live ". les vitres de huit millimètres installées au rez-de-chaussée par le propriétaire - suite à de attaques similaires et antérieures contre d’autres commerces - résistent aux chocs causés par divers objets, mais celles des étages volent en éclats. Un cocktail molotov est lancé au travers des fenêtres béantes, mettant le feu aux rideaux, tandis qu’une quarantaine de clients partent se cacher.

Kenneth Berry, 59 ans raconte cette première attaque : " il y avait des dames de la soixantaine, hystériques car elles ne savaient pas ce qui allait se passer…. Prés de 100 à 150 pakistano-bengali sont sortis de derrière les arbres "

Paul Barrow, le propriétaire du pub continue : " Les [pakistano-bengali] attaquaient les clients avec tout ce sur quoi ils pouvaient mettre la main, bouteilles, tabourets et verres. ". Il ajoute " ils ont chargé en fracassant toutes les voitures. Nous avons essayé de les empêcher d’entrer dans le pub mais nous ne pouvions pas. Ils frappaient tout le monde, c’était horrible. "

Suite à cette première attaque, 4 clients seront emmené à l’hôpital. Vers 11 heures du soir, le Pub est attaqué une seconde fois, les voitures sont incendiées et une bataille de rue oppose les émeutiers et la police.

Quelques minutes plus tard, un deuxième pub, le Owd Kitts, est attaqué. Ses vitres sont défoncées à coup de briques et, par miracle, un cocktail molotov ne s’enflamme pas. Vers 3 heures du matin, le dimanche 27 mai, le Owd kitts est à nouveau attaqué et cette fois, le cocktail molotov qui lui est destiné prendra feu.  Enfin, vers 4 h 30 du matin, après 7 heures de bataille de rue, la police parvient à restaurer le calme dans la ville.

La trêve dure jusqu’à 16 heure 45 et les batailles de rue reprennent lorsqu’une quarantaine de racistes pakistano-bengali se mettent à lancer des briques sur le Jolly Carter. Il semble que les émeutiers pakistano-bengalis soient décidés à chasser les derniers commerces où des blancs peuvent se rencontrer dans le quartier de Glockwick, qui est déjà le centre de la communauté Bengali.

Zoe Williamson, 21 ans, présente dans le pub, raconte :

" Le pub était bien affairé, avec des enfants à l’intérieur, comme c’est toujours le cas les dimanche après-midis. Il y avait des pakistano-bengalis dehors qui ont commencé à lancer des briques. Quelques personnes ont été touchés par des éclats de verre mais personne n’a été sérieusement blessé. Nous avons entendu que des pakistano-bengalis ont dit qu’ils reviendront plus tard et finiront le travail.

C’est trop effrayant de rester ici ce soir et quoique le pub soit ouvert, mon compagnon, moi et les deux bébés iront ailleurs ".

Les affrontements se poursuivront jusque tard dans la nuit, pour mieux reprendre le Lundi 28 mai. Ce jour là, vers deux heures du matin, les locaux du journal local, le Oldham chronicle, seront attaqués, ses vitrines, défoncées, puis un incendiaire y lancera un cocktail molotov. Le motif de ces attaques serait le mécontentement des pakistano-bengali sur la façon dont le Oldham Chronicle les présente. Le journal a eu le tort de rendre compte de la réalité d’Oldham dans ses colonnes ; une réalité peu flatteuse pour les communautés pakistanaise et bengali.

Alors comment en est-on arrivé là ? En Février 2001, le chef de la police d’Oldham, Eric Hewitt avait tiré la sonnette d’alarme, mais qui l’a écouté ? Que se serait-il passé si les représentants des communautés pakistanaise et bengali, au lieu de ne privilégier que les intérêts de leur groupe ethnique, avaient daigné admettre que les membres de leurs communautés faisait preuve d’un racisme beaucoup trop virulent, et depuis beaucoup trop longtemps, pour que le chômage ou le racisme des blancs soient les seuls explications de ce comportement haineux ? Walter Chamberlain aurait-il été passé à tabac ? Il est un peu tard pour accuser les skinheads d’être responsables des événements d’Oldham. Le déchaînement de haine raciale dont Oldham a été le théâtre est surtout le résultat du refus d’une minorité de quitter sa posture de victime pour se remettre en question. Quand à la colère des blancs, il faut en chercher la raison dans ces simples chiffres :

En 1993, les blancs comptaient pour 71 % des victimes du racisme à Oldham ; en 1997, pour 72 % ; en 1998, pour 69 % et en 2000, pour 60 % d‘entre elles. Cela, ce sont des faits, le reste, ce ne sont que des explications fumeuses…

Les émeutes d’Oldham dans les médias français.

Contrairement à mon habitude, où je procède par recoupements pour essayer de connaître la vérité sur un événement, dans le cas des émeutes d’Oldham, ayant suivit l’actualité de cette ville pendant plus d’un mois, j’avais déjà les cartes en main avant que les journalistes fassent paraître leurs articles, ce qui m’a permis de prendre la mesure de ce qui a été dit, et de ce qui n’a pas été dit. Je passerais sur les contradictions des premières heures, tout à fait normales puisque même la presse anglaise n’arrivait pas à se mettre d’accord. Néanmoins, à partir du 28 mai, les faits était connus, et les journalistes français avaient eu deux jours pour faire des recherches sur Internet ou sur place. Le mensonge délibéré était donc impardonnable.

La couverture médiatique a été égale à elle-même et toutes les grosses ficelles du racisme antiblanc ont été utilisées, silence sélectif, inversions des culpabilité, la diabolisation et les attaques descriptives. Néanmoins, trois articles, deux du journal " Le Monde " en ligne, et un article parut dans la version papier et sur le site de " Libération " ont retenus mon attention.

La grille de lecture idéologique

C’est "Le Monde" en ligne qui a ouvert le feu de l’actualité en mettant en ligne un article le 27 mai à 20 heures . Ce qui est particulièrement frappant, lorsqu’on le lit, c’est qu’avant même que les faits soient connus, le journal avait déjà une analyse politique à leur sujet. Sur les cinquante huit lignes de l’article, 23 sont consacrés aux émeutes, 35 à des considérations d’ordre politique.

Concernant les événements, la responsabilité en est attribuée aux blancs, ce qui est vrai pour ce soir là, mais sans que soit abordé la génèse des émeutes.

Le monde indique en caractère gras " Racisme et utilisation du racisme ". Il s’agit bien sur du racisme des blancs. Ce qui est intéressant, c’est qu’un seul point de vue s’exprime, celui de la gauche. C’est d’abord Simon Hugues, un libéral démocrate (en Angleterre, libéral n’a pas le même sens qu’en France et désigne des personnes de gauche), qui condamne les discours du conservateur William Hague (critique concernant l’immigration), de pousser au crime raciste : ces discours peuvent " Encourager les gens à penser qu’ils peuvent se laisser aller à des paroles –et parfois à des actes- d’intolérance ".

Le monde donne ensuite la parole à une star du cricket d’origine pakistanaise, Imran Khan, qui déclare : " Il y a deux problèmes ici. L’un est qu’il y a encore du racisme en Grande Bretagne. Et l’autre, c’est que certains hommes politiques se servent du racisme, de la peur des immigrés comme d’un outil politique ". Alors que toutes les personnes citées dans Le Monde font l’objet d’un paragraphe séparé, le rédacteur de l’article fait suivre, dans le même paragraphe, les propos de William Hague, qui se trouve ainsi désigné comme un des politiciens évoqués par Imran Khan.

Le travailliste Jack Straw, ministre de l’intérieur, est également cité, qui " déclare qu’il est "incroyable qu’on puisse reprocher à William Hague ce qui est arrivé à Oldham", mais on ajoute quand même cette citation " la question de l’asile est une question très très compliquée ".

Avec cet article, c’est toute la grille idéologique de lecture des événements d’Oldham qui est posée, et une grille typique de la gauche raciste.

Silence Sélectif

Lorsque les faits antérieurs aux émeutes ont été mieux connus, la presse a commencé à nuancer le propos sur les événements d’Oldham, en signalant unanimement l’agression dont avait été victime Walter Chamberlain le 21 avril 2001. Néanmoins, l’article mis en ligne et diffusé sur papier par Libération le 21 décembre 2001 fait une inversion fâcheuse, et qui n’est pas innocente, en décrivant les faits ainsi : " Le 21 février 2001, un vétéran de la Seconde Guerre Mondiale, âgé de 75 ans, Walter Chamberlain, avait été roué de coups à deux pas de chez lui par trois adolescents asiatiques [En fait des pakistano-bengalis] " Fiche le camps de notre coin ! " lui avait lancé un agresseur. L’incident avait provoqué un grand émoi en période électorale. La presse conservatrice avait aussitôt fait ses gros titres sur l’existence d’une " zone fermée " aux anglais de souche. ". Clairement, le journaliste présente les faits de façon déformée.

L’impression que le journaliste cherche à créer dans l’esprit du lecteur mal informé est qu’utilisant cette agression, les journaux conservateurs avaient inventé le concept d’une "zone fermée" par sensationnalisme. C’est parfaitement faux puisque ce sont les jeunes pakistanais eux-mêmes qui ont affirmés ce fait à la radio quelques jours plus tôt [ ecouter ]et que cette information avait été diffusée par la BBC à peu prés trois jours avant l’agression de Walter Chamberlain. L’opinion anglaise avait été extrêmement émue par ces déclarations ; l’agression de Walter Chamberlain était arrivée, dans ce contexte, comme une confirmation des propos tenus dans le reportage. En l’occurrence, c’est Le Figaro qui publie les faits dans le bon ordre le 29 mai 2001 : " Le racisme vaut dans les deux sens, d’ailleurs. La communauté anglaise et blanche d’Oldham est encore révoltée par l’agression d’une rare violence, le 24 avril dernier, d’un septuagénaire par trois jeunes asiatiques [pakistano-bengalis]. Son seul tort, apparemment, était d’être un blanc sur ce qu’ils considèrent comme leur territoire. Peu avant, un adolescent affirmait sur les ondes de la BBC que les blancs n’étaient plus tolérés dans certains quartiers. Une manière, selon lui, de " répondre aux attaques " contre les communautés asiatiques." L’article du Figaro est celui qui a donné la version la plus complète et la plus honnête des événements.

Des stéréotypes douteux

Néanmoins, on peut déplorer que Le Figaro, comme l’ensemble de la presse française, ait fait l’impasse quasi complète sur les chiffres du racisme à Oldham. En effet, le fait que 60 % des agressions racistes y soient commises au détriment des blancs ne sera mentionné nul - part, quoiqu’ils soient connus, puisque Libération les mentionnait dans un petit article de 48 mots, dans son édition du 25 avril 2001. Comment expliquer, alors, que Libération n’ait pas repris cette information dans son article du lundi 28 mai ?

L'article de 28 mai évoque, en effet, les tensions communautaires comme suit : " Ces dernières années, les relations intercommunautaires n’ont cessé de se dégrader. La police a recensé l’an dernier 572 incidents à caractère racial. ". Chacun connaît la force du grand préjugé, il est donc clair qu’ici, en n’entrant pas dans le détail des statistiques sur le racisme à Oldham, le journaliste veut donner l’impression que les incidents d’Oldham sont majoritairement le fait des blancs et des skinheads, alors que ces derniers n’ont fait leur apparition sur la scène d’Oldham que tardivement, et constituent plus le symbole du pourrissement avancé du climat racial à Oldham qu’ils n’en sont la cause. Le racisme des blancs est facile à identifier, le skinhead en constitue l’image d’Epinal, et les immigrés ont pour eux l’avantage que leurs racismes soient mal identifiés par des populations blanches qui commencent seulement à réaliser la virulence du racisme antiblanc au sein des communautés d’immigrés. Médiatiquement, c’est un avantage, qui permet aux membres de ces communautés de passer constamment pour des victimes, même lorsque des faits et des chiffres prouvent le contraire. Si les racistes pakistano-bengalis ne peuvent être identifiés par un mot ou une expression, il ne reste plus en scène que les très visibles " skinheads " : et les blancs d’avoir unilatéralement tort. De ce point de vue, dans l’affaire d’Oldham, les blancs ont été victime d’un véritable refus de parole médiatique

Autre stéréotype trop beau pour être vrai: L’article publié le 28 mai 2001 par " Libération " signale l’attaque contre le " Live and Let Live " en ces termes : " Des jeunes originaires du sous continent indien se sont répandus dans les rues, ont mis le feu à des voitures et bombardés d’objets divers un pub qui par le passé refusait la clientèle de couleur ".

Pour ma part, j’ai lu en long, en large et en travers la presse anglaise et je n’ai lu nulle part cette information. Par contre, Je sais par l’interview du patron du bar publiée dans le Oldham Chronicle du 28 mai 2001 que des pakistano-bengali étaient présent dans le pub –comme clients - ce soir là. J’ai lu aussi qu’au moins deux autres pubs ont été pris pour cibles par les émeutiers le 27:  le Owd Kitts et le Jolly Carter. Il semble donc que le " Live and Let Live " n’ait pas été pris spécifiquement pour cible pour la raison évoquée, même s’il a pu être pris pour cible parce que c’est un lieu où les membres de la communauté blanche se réunissaient, comme les deux autres pubs attaqués. Le journaliste de libération avait eu 24 heures pour prendre connaissance de ces faits ; l’explication qu’il avance est trop belle, trop stéréotypée, pour être honnête.

Un autre fait vient jeter le doute sur la crédibilité de l’article : le journaliste prétend qu’ "en fin de journée, vingt supporters blancs d’une équipe de football venue disputer un match dans cette ancienne cité cotonnière proche de Manchester ont attaqué un foyer asiatique " Cette version est fausse et le 28 mai, la vérité était déjà connue, plusieurs journaux anglais, dont le Times et l’indépendant avaient eu le temps de boucler leurs articles en exposant les faits tels qu’ils s’étaient déroulés : l’altercation entre adolescents, le coup de fil de la mère blanche, l’arrivé d’un groupe de blancs qui ont blessé une femme enceinte d’origine bengali et malmenés plusieurs enfants pakistano-bengali.

la diabolisation des blancs

Publié en ligne le 29 mai 2001, un article du monde vient clore la série d’articles publiés sur Oldham par la presse française.

Dans cet article, un paragraphe est particulièrement interressant car il met en constrate deux habitants d’Oldham. c’est une véritable attaque descriptive.

D’un coté, Il y a " Abdul Basit Shah, membre du Glockwick (quartier " asiatique ") ainsi que le Clarkfield (quartier " blanc ") Community forum, une institution de dialogue entre les communautés de la ville. " Il est chauve, moustachu et vit dans le " quartier pakistanais ". On l’a compris, c’est un pakistano-bengali ouvert au dialogue. Il évoque les problèmes de chômage de jeunes pakistano-bengalis.

De l’autre, il y a " madame X ", qui " refuse de dire son nom ". On l’a compris, puisqu’elle n’est pas nommée, ce pourrait être n’importe quelle anglaise, et c’est bien l’idée que le journaliste veut faire passer. Comme par hasard, c’est une blanche très typée : Elle est blonde. Elle habite à " Town Square, la place piétonnière principale de la ville, au pied du coquet  shopping center d’Oldham ". Elle est pharmacienne, jolie, distinguée. Elle dit des pakistanais : " Si j’ai jamais mis les pieds dans leur quartier. mais vous êtes fous ! ", elle ajoute qu’elle pourrait voter pour le British National, désigné comme un parti raciste par le journal. En évoquant la communauté pakistanaise, " madame X. a la voix qui tremble et sa main se serre sur son joli sac "

Ce que le journaliste veut faire passer, c’est l’idée que le pakistanais est ouvert au dialogue, qu’il est franc, puisqu’il dit son nom, tandis que l’anglaise est une raciste, une lâche qui ne veut pas dire son nom.

Le journaliste veut aussi faire passer un autre stéréotype. Madame X est une blanche " nantie ", et l’on retrouve la rhétorique dans laquelle la lutte des classe est devenue lutte des races, typique de la gauche raciste.

Autre présentation raciste encore. Madame X, cette blanche qui pourrait être n’importe quelle anglaise, est présentée comme irrationnelle. Elle ne connaît pas les pakistano-Bengalis et se met à trembler rien qu’à les évoquer. Ne sachant même pas de quoi elle parle, puisqu'elle n'a pas été dans le quartier pakistanais, ses appréhensions ne seraient fondées sur rien.

Que son attitude contraste avec l’ouverture au dialogue d’Abdul Basit Shah, mais aussi avec le discours réfléchi d’Ashid Ali dont on nous dit qu’il est instituteur ( ce qui est synonyme de réflexion, de savoir et de sagesse) ou le pragmatisme de Yasmina Alibhai-Brown, qui admet " que les statistiques policières montrent que les attaques perpétrées par eux [les jeunes pakistano-bengali] l’an dernier ont, pour la première fois, dépassé celles des agressions de blancs racistes contre la minorité ". (on a vu dans le tableau situé en haut de page que ce n'est pas la première fois que le nombre d'agressions racistes commises par des pakistanais dépasse celui commis par les Anglais).

Qu’ils sont dignes, ces pakistano-bengalis, et qu’ils sont ridicules et irrationnels, les blancs que Le Monde nous présente, car il faut bien sur évoquer, en plus de Madame X, Nick Griffin, le dirigeant du National Front, qualifié " d’apprenti sorcier", qui déclare qu’il faut créer " des quartiers séparés " à Oldham. Il n’est en fait qu’un seul blanc à qui le journal accorde un peu de dignité : c’est Eric Hewitt. Dans les déclarations qu’on lui prete, il condamne sans appel sur le comportement des membres du British National Parti et du National Front, sans mettre en cause, comme en février, le comportement des Pakistano-Bengalis…

En vérité, si le journaliste l’avait voulu, il aurait très bien pu interroger d’autres blancs que Madame X et rapporter leur propos. Il a préféré délibérément salir les blancs en mettant en scène une véritable caricature de ceux ci, afin de valoriser par contraste les pakistano-bengalis. Et c’est comme par hasard une blonde très typé qu’il a mise en scène.

Que faisait ce journaliste dans le quartier chic de Town Square, alors que les émeutes ont eut lieu dans le quartier de Glockwick ? N’aurait-il pas été plus logique que le journaliste interrogent des blancs qui vivent dans les quartiers pakistano-bengalis ? Et pourquoi ne l’a t-il pas fait ?

 
 
 
 
         
 
 
  • 9 février 2001 + - BBC news - Asians "Behing most racial violence" - Affirmation de Eric Ewitt et réaction de Abdul Quayum - source des statistiques sur les crimes racistes pour 2000
  • 8 avril 2001 - the Oldham Chronicle - "Racists detained"- par Ken Fraser - Sur Richard Binns, agressé en juillet 2000 - lien mort
  • Audio, Son real, en anglais sur la BBC, les pakistanais affirment vouloir créer des Zones interdites aux blancs.
  • 24 avril 2001 - Channel 4 news - "Fear and Loathing in Oldham" par Justin Rowlatt - sur l'agression de Walter Chamberlain
  • 24 avril 2001 - BBC News - War veteran in "racist" attack - sur l'agression de Walter Chamberlain -
  • 24 avril 2001 - Channel four - Vidéo Real - attaque contre Walter chamberlain
  • 25 avril 2001 - Libération - "Grande Bretagne: racisme anti-blancs" - 47 Mots - l'expression racisme antiblanc est mentionnée.
  • 28 avril 2001 - The Guardian Unlimited - "The five words that baffle Oldham Asians" par Jeevan Vasagar et David Ward - Article trés complet, plus objectif que le mien puisque j'ai tendance, comme les habitués du site le savent, à ne voir les choses que d'un seul point de vue :-)
  • 29 avril 2001 - The Guardian Unlimited - "14 arrestd after Petrol Bomb hooligan violence"
  • 29 avril 2001 - The Times of india - "petrol bomb thrown in racially-motivated football riot "
  • 30 avril 2001 - Le Oldham Chronicle - "Police to blame for clashes, say asian leaders" -
  • 3 Mai 2001 - this is bradford and district - " Men tried to bundle girl into their car" par Charles Heslett
  • 06 mai 2001 - Ananova.com - Asian Gang Kick white man Unconscious
  • 07 mai 2001 - The independant.co.UK - Emeutes raciales à Oldham.
  • 24 mai 2001 - BBC news Online - agression raciste à Oldham
  • 24 mai 2001 - Ananova.com - "Asian gang targets white youth in 'racist beating' "
  • 27 mai 2001 - IOL News - "British race riot leaves at least 20 injured"
  • 27 mai 2001 - BBC news - photos - article - Emeutes raciales à Oldham
  • 27 mai 2001 - Le monde - "Grande bretagne: une nuit d'émeutes raciales à Oldham" Récit de la première nuit d'émeute basé sur les dépêches de Reuters et de l'AFP.
  • 27 mai 2001 - Ananova.com - "Another pub in Oldham attacked -
  • Channel 5 - Vidéo Real - résumé des émeutes de fin mai 2001
  • Journal de 20 Heures - TFI- Vidéo Real - reportage sur les émeutes raciales de fin mai 2001
  • 28 mai 2001 *- The independent.co.uk - "In Oldham "no-go" zone, all it took was a scufle to set off a terrible night of rioting" par Ian Hebert and Cahal Milmo - sources des statistiques sur les crimes racistes pour 1993, 1997 et 1998
  • 28 mai 2001 - BBC news - "Oldham's tarnished name"
  • 28 mai 2001 - The Times - Ce qui a déclenché les émeutes, description détaillée des actions du gang blanc aprés le coup de fil de la mère, du point de vue des pakistano-bengalis
  • 28 mai 2001 - The Guardian - "When frustration erupts" - cet article mentionne les difficultés d'intégration des pakistanais et des bengalis spécifiquement liées à l'Islam
  • 28 mai 2001 - the OLdham Chronicle - "Timetable of key moments in weekend mayhem" Chronologie des nuits d'émeutes
  • 28 mai 2001 - Libération papier - "Emeute raciale en Angleterre" par Christophe Boltanski
  • 28 mai 2001 - Libération en ligne - "Emeute raciale en Angleterre" par Christophe Noltanski
  • 29 mai 2001 - Le figaro - "violence raciale à Oldham" par Jacques Duplouich - résumé des émeutes raciales de fin mai
  • 29 mai 2001 - BBC news - "Oldham abused appeared in court" - 17 blancs jugés suite aux émeutes raciales commises par 500 pakistanais...
  • 29 mai 2001 - Libération - "Vives tensions interraciales à Oldham"
  • 29 mai 2001 - Le Monde - "Troisième nuit de tension à Oldham" par patrice claude
  • 30 mai 2001 - Le figaro- Suite à la publication d'un courrier de votre serviteur, l'expression RACISME ANTI-BLANC est mentionnée dans la rubrique "courrier des lecteurs" Merci Monsieur Max Clos
  • 01 juin 2001 - CNN - L'attitude des pakistanais vis à vis de l'angleterre. - Video - Cliquez sur préférence pour choisir une connection adaptée à votre bande passante.
  • 02 juin 2001 - The Oldham Chrinocle- "Yobs firebomb Chronicle office"
  • 17 juin 2001 - The independent - "Oldham not alone. Other communities are retreating into a form of apartheid" par Raymond Whitaker . A LIRE
 
 
   
         
 
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Sur le site: Emeutes raciales et chasses aux Blancs
  - Seattle: 1 morts, plusieurs blessés
    - Cincinatti: Plusieurs blessés
    - Paris: Un groupe scolaire de touristes attaqué à la Goutte d'Or
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