01 avril 2005
 

Mon arrière grand-père et les Pahouins anthropophages

 
 
 
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Georges,
mon arrière Grand père

Un contemporain des Pahouins anthropophages.

Il y a quelques années, curieux de mes origines et ayant quelques photos d'eux, j'ai commencé à m'intéresser à la vie de mes ancêtres. Mon interêt n'était pas uniquement d'ordre généalogique, j'avais envie d'en savoir plus sur la façon dont ils vivaient et dont ils voyaient le Monde. C'est dans cet état d'esprit que je me suis fait un cadeau royal en achetant deux volumes reliés du magazine l'Illustration de l'année 1900. Je ne dirais pas ici combien cela m'a couté, si ce n'est que je n'ai jamais autant payé pour des livres, mais ce sont les deux joyaux de ma petit bibliothèque et les illustrations - justement - de l'exposition universelle sont un plaisir à regarder.

Lorsque j'ai ouvert pour la première fois ces grands volumes aux pages jaunies par le temps, j'ai songé à Georges, mon arrière grand père, qui avait 19 ans cette année là. C'était un jeune homme issue d'un milieu cossu qui devait parcourir de temps à autres, ou peut être toutes les semaines, cet hebdomadaire qui était le Géo, le Paris Match et l'Express de son temps. Les reportages qu'on y trouvait ont contribué, incontestablement, à façonner l'image que lui même et ses contemporains avaient des autres peuples. Peut être mon arrière grand-père, comme des dizaines de milliers d'autres Français, a-t-il lu dans le numéro du 10 février 1900 un long article consacré à "L'art et la Mode chez les Pahouins", un peuple africain qui vivait dans ce qui était à l'époque le Congo Français. Voici le début de l'article que l'Illustration consacrait aux Pahouins

"Le peuple M'Fan ou Pahouin est un peuple d'envahisseurs. Il n'a fait qu'en 1872 son apparition sur la côte occidentale d'Afrique, après avoir traversé le continent dans presque toute sa largeur, repoussant et absorbant, dans le sens littéral du mot, les différentes peuplades rencontrées sur sa route. Il occupe aujourd'hui le vaste territoire compris entre le Cameroun et Sette-Cama, c'est à dire plus de 250 kilomêtres de côte française.

[...] Au dire des étymologistes, "pahouins" vient de "m'pawin" et signifie "sauvage", opinion qui n'a rien de déraisonnable, encore que simplement hypothétique. Les Pahouins vivent toujours en véritables enfants de la brousse ; ils chassent, pêchent, [...] aiment ou battent leurs femmes et font la guerre. Ce sont à peu près leurs seules occupations. Un certain nombre d'entre eux continuent d'être ce que Mandat-Grancey appelle des "anthropophages convaincus et pratiquants".

Les Pahouins voient dans leur propre enveloppe charnelle un cadre admirablement propre à l'exécution de leurs conceptions artistiques. Ils travaillent leurs dents, leurs cheveux, leur peau. S'ils taillent en pointe leurs molaires et leurs incisives, ce n'est pas seulement pour consommer avec plus de facilité les mêts spéciaux de la cuisine nationale, mais surtout pour ne pas abandonner une mode plusieurs fois séculaire. D'ailleurs l'effet d'une opération de ce genre est assez heureux. Il flatte l'amateur de couleur locale, en ce qu'il s'harmonise à merveille avec le caractère général des peuples m'fans, tout en rappelant de pittoresque façon leur vieille réputation de cannibalisme."

Une petite recherche sur internet au sujet des Pahouins permet d'apprendre qu'ils vivaient du coté de l'actuel Gabon.

S'il a lu fréquemment l'Illustration en 1900, mon arrière grand père a eu d'autres occasions de s'instruire sur la vie des peuples d'Afrique. En dehors des Beaux Arts Pahouins et de la guerre Anglo-Boer, l'Illustration a publié, dans son numéro du 23 juin de cette année là, un reportage sur "La mission Woelffel dans le bassin du Cavally". Voici quelques extraits de l'article en question

"Au cours de l'expédition du commandant de Lartigue contre Samory, on avait pris contact avec les peuplades anthropophages de la forêt, la prise de notre vieil ennemi nous attira l'amitié de ces populations que plusieurs missions avaient, en vain, essayé de pénétrer. Le commandant de Lartigue eut l'idée de profiter de ces bonnes dispositions pour envoyer une mission destinée à relier nos colonies du Soudan et de la Côte d'Ivoire à travers la forêt vierge

Le lieutenant Woelffel, de l'infanterie de marine, fut désigné, sur sa demande, pour en prendre le commandement ; le lieutenant mangin et le sergeant Van cassel lui furent adjoints. La petite troupe, composée de 100 tirailleurs, emmenait avec elle 150 porteurs[...]

Le Lieutenant Mangin fut envoyé sur Man et le Lieutenant Woelffel avec le reste de son monde suivit les rives du Diougou ; le premier devait profiter de l'amitié momentannée des Dans anthropophages de Man pour tâcher d'obtenir d'eux du riz et des guides devant conduire la mission au marché de Guémanlé, que les dires des indigènes plaçaient sur les Bords du Diougou[...]

De là, la mission se porta sur Dainné, en pays Blolo. Les populations excessivement sauvages de cette contrée n'avaient pas encore vu d'Européens; poussées par leurs instincts pillards et par l'espoir d'un gain facile, elles reçurent fort bien le Lieutenant, dès les premiers jours. Leur but caché était de lui tendre, à Dainné même, une ambuscade. Leur plan fut heureusment déjoué, car s'il eut réussi, nous y aurions perdu la moitié de notre monde. Installé au sommet de la colline où le village est construit, il fallut subir, pendant deux jours, les assaults de 6000 à 7000 indigènes, tous armés de fusils à pierre, puis exécuter, durant cinq jours, de nombreuses reconnaissances offensives pour éloigner les anthropophages qui, épuisés par leurs attaques répétées, se contentaient d'investir la position dans l'espoir de prendre les défenseurs par la famine. Le huitième jour, une attaque générale ayant fait subir à l'ennemi de nombreuses pertes, il se décidait à abandonner la partie[...]"

Une recherche sur internet permet de situer le bassin du Cavally en Côte d'ivoire.

A ce point de mon article, il est probable que les lecteurs doivent avoir des réactions différentes selon leurs opinions politiques et leurs origines ethniques. Beaucoups doivent considérer qu'il est raciste de rappeler ces faits et d'évoquer le cannibalisme de certains Africains - car la majorité des Africains de l'époque n'étaient pas anthropophages. Manger de la chair humaine a cessé depuis longtemps d'être une norme culturelle en Afrique. La pratique, en fait, suscite aux africains le même dégout qu'elle inspire aux Blancs. S'il arrive encore qu'on mentionne des cas de cannibalisme sur le continent noir, comme en Iturie où des miliciens ont mangé leurs victimes dans le cadre de rituels magiques, ceux-ci sont des abbérations au même titre que l'épisode d'Armin Meiwes, "le Cannibale de rotenburg", en allemagne, qui a mangé un amant rencontré par petites annonces sur internet.

Les faits relatés dans les articles de l'Illustration font partie du passé. La page est tournée. Et je comprend parfaitement que des Noirs puissent en avoir plus qu'assez de se voir attribués le costume de cannibale de service. Posez leur la question, ils vous le diront tous: c'est raciste !

Evoquer le cannibalisme devant des Noirs est un sujet déplacé, soit !

Henri,
mon arrière arrière grand père

Contemporain des Pahouins anthropophages, il avait un an lors de l'abolition définitive de l'esclavage.

Nous ignorons quand le cannibalisme a cessé, officiellement, d'être une norme sociale et culturelle chez certains peuples d'Afrique comme les Pahouins du Gabon. Par contre, nous pouvons dater trés exactement à quand remonte l'abolition définitive de l'esclavage en France : C'était le 27 avril 1848, 33 ans avant la naissance de mon arrière grand-père Georges et un demi siècle avant que les Pahouins et les Dans, eux, ne commencent peut être à se poser questions sur leurs habitudes alimentaires. A l'époque, son père, Mon arrière-arrière grand père, Henri, avait un an, quant au père de sa future épouse, mon arrière-arrière-arrière grand-père Félix, il avait 22 ans, ne possédait pas d'esclave et n'avait pas pour passe temps de fouetter les Noirs.

Mais bizarrement, s'il est malvenu et raciste pour un Blanc d'évoquer devant un Noir des faits qui remonte à 105 ans, il n'y a pas de prescription pour qu'un Noir évoque l'esclavagisme, dont la pratique a officiellement cessé dans notre pays depuis 157 ans. On ne compte pas, dans la communauté noire, le nombre d'intellectuels et d'artistes qui se font une religion de parler à longueur d'année de l'esclavagisme des Blancs.

Et seulement cet esclavagisme là.

C'est ce qui les rend suspect à mes yeux.

Les ieudonné M'Bala M'bala, Christine Taubira et autres Kémi Séba nous rappellent constamment que le Blanc est esclavagiste, que cinq ou six générations après l'abolition de l'esclavage, nous sommes toujours censés être les débiteurs des Noirs et qu'il faut reconnaitre cette injustice passée. A vrai dire, les Zorros de la négritude n'ont jamais été les esclaves de quelque blanc que ce soit et la plupart ne sont pas les descendants des malheureux qui ont été victimes de la traite transatlantique; leurs ancêtres africains en ont même parfois été complices, mais qu'importe, n'y pensons pas trop.

L'esclavagisme, contrairement à ce que prétendent les intellectuels de la diaspora noire, n'a pas besoin d'être reconnu parce qu'il n'a jamais été occulté. Tout au plus y aurait-il urgence à en expliquer l'aspect multiforme, comme je l'avais fait en 2000.

Comme la plupart des jeunes européens de mon âge, j'en ai entendu parler dès l'enfance et on m'a toujours enseigné - à juste titre - qu'il s'agissait d'une grave injustice faîte à ceux qui en avaient été les victimes. Je n'ai jamais entendu quiquonque, autour de moi, défendre cette pratique. Aussi choquant que cela puisse paraitre à ces Noirs imbus d'eux-même qui prétendent nous faire la morale à ce sujet, nous n'avons attendu ni qu'ils émigrent en Europe par millions, ni leurs pédantes leçons de morale pour avoir une opinion sur le sujet.

Félix,
mon arrière arrière arrière grand père

Contemporain des Pahouins anthropophages, il avait 22 ans lors de l'abolition définitive de l'esclavage. Il n'a jamais possédé d'esclave ou fouetté les Noirs.

Si ces personnes étaient sincèrements convaincues de l'horreur de l'esclavagisme, pourquoi ne mettent-elles pas l'énergie qu'elles consacrent à évoquer un passé révolu au service de la sensibilisation du grand public sur l'esclavage moderne, au sort des esclaves soudanais, mauritaniens, à dénoncer la servitude pour dette dans certains pays d'asie ou la traite des Blanches dont sont victimes des centaines de milliers de femmes slaves ? Parce que cela ne permettrait pas aux Dieudonnés - et à tous les autres VRP du racisme noir - de casser du Blanc.

Comment expliquer autrement qu'alors qu'il y a des millions d'esclaves dans le monde Actuellement, ces personnes ne nous parlent que du passé. En vérité, la souffrance des esclaves d'aujourd'hui comme d'hier leur est parfaitement indifférente. Celle-ci n'est qu'un pretexte, un alibi pour laisser libre cours à leur haine des Blancs. Lutter contre l'esclavage au Soudan ou en Mauritanie ne leur fournit pas l'occasion de tenir un discours systématiquement dévalorisant à l'égard des Blancs. Et puis, l'avez vous remarqué, ces Noirs altruistes réclament des "compensations" sans qu'on sache ce qu'ils feraient de l'argent. C'est là aussi une partie du problême: pour libérer un esclave, il faut donner de son temps, de son argent, Cela ne rapporte rien ...

En 2002 s'est tenue à la Barbade la Conférence Mondiale des Africains et des descendants d'Africains contre le racisme. J'en ai parlé sur ce site. C'était édifiant et plein d'enseignements. Les conférenciers noirs venus de tous les pays de la diapora africaine - y compris d'Europe - devaient discuter des fameuses compensations à extorquer aux occidentaux pour la traite transatlantique. La première résolution qu'ils ont voté à la quasi unanimité a été l'expulsion des quelques blancs présents dans la salle.

Cela ne devrait-il pas nous ouvrir les yeux sur la sincérité du douteux combat d'arrière garde de ces abolitionnistes d'après l'abolition et sur la nature trés particulière de l'anti-racisme albophobe ?

Trop peu de gens comprennent que lorsque la plupart des Blancs et lorsque la plupart des Noirs parlent de l'esclavage ou du racisme, ils ne parlent pas de la même chose.

Pour les Blancs, l'esclavagisme est perçu comme une injustice portant atteinte aux droits et à la dignité de l'homme et de la femme. A la lutte contre cette pratique s'est superposée la lutte contre le racisme, parce que la plupart des esclaves du monde occidental ont été d'origine africaine. Nos peuples ont pratiqué, mais aussi lutté contre l'esclavagisme - non contre eux-même - Le but de cette lutte était une amélioration générale de nous même, en temps qu'êtres humains.

Dans le cas d'un grand nombre de Noirs, des Dieudonnés M'bala M'bala et autres Kémi Séba, il en va tout autrement. L'esclavagisme n'est pas considéré comme une injustice fondamentale, il est perçu comme une preuve de l'infériorité morale de l'homme Blanc. Leur discours sur l'esclavagisme est un discours fondamentalement raciste et albophobe. Le constant rappel de pratiques révolues depuis un siècle est un discours de dévalorisation des Blancs qui parade sous l'aspect de l'anti-racisme. Le constant rappel de l'esclavagisme n'a rien avoir avec un quelquonque désir de justice: c'est l'alibi de la haine anti-blanche, un discours purement raciste.

Les Noirs qui rabachent à longueur d'années l'histoire de leurs "ancêtres" esclaves sont des racistes anti-blancs. C'est aussi simple que ça. Et dès qu'ils partent sur ce sujet, nous devrions systématiquement le leur dire.

Cessons d'être les dupes de ces gardiens d'une douteuse mémoire: il y a actuellement des millions d'esclaves dans le monde ; leurs belles conscience noires s'en accomodent parfaitement. Cessons d'être les dupes, également, de cette gauche raciste qui fait écho à ces tristes sires dans l'espoir de récupérer leurs votes. Les vrais abolitionnistes, ceux que l'esclavagisme révulsent sincèrement n'ont pas de temps à perdre à casser du Blanc, ils sont trop occupés par l'esclavagisme au présent.

L'évocation de la traite transatlantique a cessé depuis longtemps d'être une noble cause. Il n'y a plus de ce côté là que la haine et la rancoeur d'un ramassi de revanchards noirs.


Sur le Site

L'esclavagisme d'aujourd'hui

 
 
 
 
 
         
 
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