20 mars 2004 - modifié le 28 avril 2006 (ajout photo)
 

Des mots de trop

 
 
 
 



source: racismeantiblanc.bizland.com

Il y a une semaine, mon père a eut un accident assez grave pour qu'il soit contraint de venir vivre chez moi. Aujourd'hui, je suis allé récupérer sa clef chez ses voisins et prendre quelques affaires chez lui puis, vers 16 heures, j'ai repris le bus pour Lille. (Pour ceux qui ne sont pas au courant, j'ai fini par quitter la région parisienne et "mon quartier sympa").

Le bus s'est engagé dans la rue royale et s'est immobilisé au niveau de l'église Saint André derrière un autre bus à l'arrêt lui aussi. La conductrice est descendue du bus, est allée s'enquérir de ce qui bloquait le passage avant de nous annoncer que, suite à une manifestation, nous étions bloqué pour une periode indéterminée.

Comme mon père ne peut plus ni se lever, ni se coucher tout seul, j'avais hâte de rentrer chez moi, je suis descendu du bus et, tant pis pour les 1 € 15 de mon ticket, j'ai poursuivi mon chemin à pied.

J'ai dépassé deux ou trois policiers qui barraient la route aux voitures, j'ai dépassé un barrage de grilles amovibles, j'ai dépassé d'autres flics en combinaison anti-émeute et je me suis retrouvé en queue de cortège, sur le trottoir, tandis que les manifestants occupaient la chaussée. C'était un défilé pour l'anniversaire de la guerre en Irak. Il y avait ici un drapeau des verts, là celui de la LCR, ailleurs encore celui du syndicat Sud.

Certains panneaux m'étaient familier, je les avais vu lors des manifestations pour la paix, il y a un an, et déjà, ils m'avaient mis mal à l'aise. C'étaient des photocopies de Kalashnikovs avec un slogan, "Vive la résistance Irakienne". j'avais déjà trouver bizarre, avant le début des hostilités, que des pacifistes se baladent avec ces panneaux quand on s'attend plutôt à voir un dessin de colombe, mais j'avais aussi le sentiment que ces barjots là brandissaient leurs armes de papiers faute de pouvoir en brandir des vraies, et qu'ils auraient bien aimer en tirer quelques rafales. Entre deux porteurs de Kalash' en papier, une espèce de hippy crasseux à l'air paumé trimbalait un drapeau arc-en-ciel avec le mot paix cousu dessus en je ne sais plus quelle langue. La scène avait quelque chose de Schizo.

Ce n'était pas le seul aspect bizarre du cortège. Toujours en queue de cortège, des hauts parleurs qu'une voiture portait sur son toit, une voix psalmodiait en braillant: "ils font la guer-reuh pour le pétro-leuh ! Ils font la guer-reuh, pour le pétro-leuh". A ce stade et à mesure que je remontait la petite foule, j'ai regardé un peu plus les panneaux et les banderoles que portaient les manifestants: il n'était nul part question de pétrole, à peine un peu de l'Irak, et beaucoup d'israël, de Sharon et de la Palestine. A vrai dire, ces gens pouvent défendre la cause qu'ils voulaient, personnellement je me fiche de l'Irak, d'Israël et de la Palestine; c'est surtout la différence entre les paroles et les mots, qui menaient comme des existences parallèles sans se rencontrer ni se faire écho, qui m'a marqué, tout comme le contraste entre les kalash et le drapeau pacifiste.

J'ai continué à marcher et, à mesure que je remontais vers l'avant du défilé, j'ai remarqué qu'il y avait de moins en moins de Blancs et de plus en plus d'Arabes. Pour les femmes, ce n'était pas tchador de rigueur mais presque. Une islamiste avait même mis des gants, les pudiques de la racine de cheveux abondaient. A mi-cortège, Quelques arabes trimbalaient un drapeau palestinien et à partir de là, l'Irak était oublié. Il n'était plus question que d'Israël et de la Palestine, avec un drapeau du syndicat sud ici et là pour mettre un peu de couleur.

Je suis arrivé au niveau du début du cortège a peu près entre la rue Négrier et la rue d'Angleterre et là, c'est devenu franchement gerbant.

Il y avait une foule d'islamistes en grande tenue qui tenaient une banderole tandis qu'un type tenait un micro et qu'un autre portait le haut parleur. Et voilà le meneur qui entonne:

- Justice en Palestine sinon..."

Et toutes les petites arabes en tchador, en Hijab, en je ne sais quoi qui se trouvaient à l'avant du cortège de répondre en coeur

- CA VA PETER !"

Je n'en croyais pas mes oreilles. A peine une semaine après les attentats de Madrid, c'était impensable qu'on puisse dire un truc pareil mais c'était bien ce que criaient les petites maghrébines et déjà, le meneur arabe reprennait:

- Justice en Palestine sinon..."

et les femelles islamistes de crier à nouveau

- CA VA PETER !"

J'avais la nausée et la rage. C'était vraiment le mot de trop, le mot immonde. Ces gens là sont intelligents. Ils et elles savent exactement ce qu'ils disent et dans le contexte actuel, ils ne pouvaient ignorer que le mot n'est pas neutre. C'était une allusion à peine voilée - si je puis dire - aux attentats, un cri d'approbation, une réjouissance.

- ... Sinon..."

- CA VA PETER!"

A mesure que le cortège approchait des commerces, elles continaient à hurler le slogan. Les gens s'arrêtaient, les regardaient incrédules. Un vieux couple de Français avait l'air consterné. Les jeunes Arabes, elles, exultaient, riaient, un sourire leur déchirait la gueule! Et vous auriez vu ces sourires, tandis qu'elles hurlaient pour la dix ou la quinzième fois

- ... Sinon..."

- CA VA PETER!"

O, elles savaient ce qu'elles criaient et elles s'en régalaient, elles nous disaient à tous "merde", elles nous crachaient à la gueule, elles nous chiaient à la tronche, elles étalaient sans complexe la joie que leur procurait ce qui s'était passé une semaine plus tôt à Madrid. C'était l'apologie, ouverte, du terrorisme. Elles le savaient et nous, les passants qui regardions, nous le comprenions bien. Le slogan n'était pas une revendication, c'était une menace. ouverte. De plus de gamins dechiquetés à la dynamite, de mères et de pères qui agonisent, de membres blessés, mutilés, arrachés, de corps qui saignent, de vies bousillées, de gens qui meurent, de sang qui coule et qui n'en finit pas de couler.

Madrid.

Et puis les victimes quand ça pétera. Qui? Je? tu? nous? vous? Le gosse qui entre dans la patisserie du coin? Le céramiste qui vend ses pots dans le magasin tout près de la rue Basse? Le branché sur le retour qui va boire une bière au Balatum? La nenette qui va faire un saut au café littéraire? Moi, le passant? toi le lecteur...

Ecoeuré, J'ai dépassé le groupe et je me suis éloigné le plus vite possible vers la place du général de gaulle tandis que dans mon dos, j'entendais l'arabe qui continuait à brailler dans son micro

- ...Sinon..."

- CA VA PETER!"

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
         
 
Télécharger le livre sur le racisme antiblanc