| Hier,
en surfant sur le web anglophone, mon attention a été
attirée par quelques articles dont les titres m'ont
aussitôt inquiété.
"Un
scan du cerveau permet l'identification
de préjugés racistes chez les Blancs"
ou
"Les
préjugés racistes rendent stupide - une nouvelle
recherche découvre que les blancs réussissent
moins bien des test cognitifs après des rencontres
avec une autre race"
déclarait-on en caractères gras sur le site
du Scotsman, un journal écossais grand public et
sur celui du San Francisco Chronicle. Depuis, des articles
sur cette étude ont fait leur apparition comme des
champignons sur un nombre sans cesse croissant de sites,
y compris ceux de la respectable BBC. ils expliquent tous
de quelle façon on peut détecter l'impact
du racisme des Blancs sur leur comportement. De quoi s'agit-il
?
Des
recherches ont été menées par des scientifiques
américaines de l'Université de Darmouth, dans
le New Hampshire, sur une trentaine de personnes formant
un groupe "test"d'évaluation de comportement
racistes. Toutes les personnes sélectionnées
pour ce groupe test de "racistes" étaient
des Blancs - et seulement des Blancs. Les chercheurs
ont ainsi pu déterminer qu'il y aurait une corrélation
entre les préjugés racistes des Blancs -lorsque
ceux ci doivent inter-agir avec des Noirs-, entre l'activité
cérébrale dans certaines parties du cerveau
et la difficulté, par la suite, d'effectuer certains
travaux intellectuels. Le Docteur Jennifer Richeson, qui
a mené ces expériences, explique que :
"Nous
avons découvert que les Blancs qui ont les plus hauts
scores lors de mesures de préjugés racistes
ont une plus grande activité neuronale en réponse
à des photographies d'hommes noirs ...
De
plus, ces individus réussissaient moins bien des
tests cognitifs après une inter-action avec un homme
noir, suggérant qu'ils avaient épuisé
leur potentiel nécessaire pour accomplir la tâche"
Les
résultats de cette étude ont trouvé
un certain écho dans la presse Anglo-Saxonne conformiste
et soucieuse de lutter "contre le racisme" [des
Blancs] . Le Guardian suggère, par exemple, que cette
découverte pourrait être utilisée pour
tester les policiers avant de les embaucher. Si les conclusions
des expériences sont simplement présentés
comme un fait, sans la moindre remise en cause, par certains
médias, d'autres -plus sérieux- font écho
aux propos de scientifiques qui émettent quelques
réserves. Le Guardian cite Bob Turner, un professeur
du University College London, qui pense qu'on peut tout
autant avoir des problêmes d'objectivité lorsqu'on
est en face d'une belle blonde et qu'il conviendrait donc
de reprendre cette étude dans un contexte moins chargé
socialement. Sur le site de la BBC, un expert en Neuropsychologie
à Oxford, Alick Elithorn, s'inquiète de la
possibilité que la recherche ne soit mal interprétée
par certains, qui en tireraient la conclusion que "fréquenter
des Noirs est mauvais pour soi."
Le
fait que seuls des Blancs aient été
inclus au groupe des racistes potentiels, que seuls
des blancs soient désignés comme racistes
et que Jennifer Richeson mentionne systématiquement
l'origine ethnique des sujets potentiellement racistes n'a,
par contre soulevé aucune objection... Car de quoi
parle cette étude? Du racisme? du racisme des blancs?
Seuls
les Blancs peuvent-ils être racistes?
Sans
doute parce que j'anime depuis trois ans ce site internet,
cette étude et la façon dont elle a été
accueilli dans les médias m'a immédiatement
rendu suspicieux. Une fois de plus, sous couvert d'antiracisme,
c'est le racisme anti-blanc qui s'exprime et c'est le racisme
des Blancs qui est seul désigné. La façon
dont cette étude est présentée ne peut
qu'être interprétée comme la preuve
"scientifique" que les Blancs sont racistes et
faire passer l'idée que s'ils ont été
choisis pour une telle expérience, c'est parce qu'ils
sont plus racistes que les autres êtres humains. J'ai
donc immédiatement considéré cette
étude non pas comme une avancée dans la lutte
"contre toutes les formes de racisme"
mais uniquement dans celle contre "le racisme",
c'est à dire contre "le racisme des Blancs".
Je pense que cette étude est profondement raciste.
Explication:
On
pourrait croire qu'une telle étude ne peut que renforcer
le grand préjugé qui veut que les Blancs sont
toujours les racistes, et les Noirs, toujours les victimes
du racisme. On peut aussi craindre, à juste titre,
qu'elle ne renforce le préjugé selon lequel
seuls les Blancs sont tous racistes, où qu'ils sont
plus racistes que les personnes appartenant à d'autres
groupes ethniques. En fait, cette étude ne renforce
pas seulement ces préjugés racistes: elle
révèle ceux des personnes qui l'ont menée.
Trouvant
pour le moins malsain et étrange que seuls des Blancs
aient été choisis pour le groupe "témoin"
d'individus racistes, j'ai mené une petite enquête
en ligne. il ne m'a pas fallut longtemps pour avoir confirmation
de ce que je soupçonnais: l'étude sur laquelle
sont basés les articles publiés par la presse
anglo-saxonne s'appelle "When prejudice does not
pay: Effects of interracial contact on executive function",
elle a été dirigée par Jennifer
Richeson, qui est d'origine Afro-Américaine.
Dans
les jours qui ont suivis la parution des premiers articles,
dans un souci évident de désamorcer des accusations
de racisme anti-blanc, l'université de Darmouth a
publié un article sur lequel l'université
précise, à postériori de la diffusion
de l'étude dans les médias, que quelques
chercheurs blancs y ont participé. Cependant, sur
le
CV en ligne de Jennifer Richeson, on découvre
que la chercheuse n'a mentionné aucun nom des collègues
Blancs qui lui ont servit de caution morale lorsque des
accusation de racisme ont du commencer à pleuvoir,
citant comme co-auteur de l'étude que Nicole
Shelton, l'autre Afro-Américaine de
l'équipe. Le choix des cobaye apparaît alors
sous un jour nouveau et on comprend qu'il n'est pas fortuit.
Les
chercheuses ayant trouvé des Noirs pour le groupe
témoin de "victimes" avec lesquels les
"racistes" Blancs devaient inter-agir, elles auraient
facilement pu, si elles l'avaient souhaité, incorporer
des membres de leur groupe ethnique au groupe de personnes
testées pour la détection de réactions
racistes. Faut-il le préciser: les deux chercheuses
se sont bien gardé de révéler la nature
de leur recherches aux Blancs qui servaient de sujets tests
et le fait que leur couleur de peau était le critère
principal qui déterminait leur rôle dans les
expériences qu'elles menaient. Il est clair qu'il
y a une intention derrière les choix effectués.
En
ce sens, la façon trés particulière
dont ces deux femmes ont mené leurs recherches à
l'Université de Darmouth révèlent moins
une corrélation entre préjugés racistes
et facultés cognitives qu'elle n'illustre une réalité
dont peu d'entre nous, aveuglés d'altruisme et de
générosité que nous sommes, réalisent:
que le discours anti-raciste dominant actuellement dans
les sociétés occidentales, des Etats-Unis
à l'Europe, est déterminé par l'ethnocentrisme
et le seul intéret des minorités. Nous
ne réalisons pas que ce discours peut être
déliberemment raciste et préjudiciables aux
Blancs.
En
effet, historiquement, le discours de l'anti-racisme a été
totalement façonné par les interets des minorités
ethniques, pour qui lutter contre "le racisme"
signifiait lutter contre le seul "racisme des Blancs",
tout en minimisant le plus possible le leur. Cette dénonciation
du seul racisme des Blancs a peu à peu donné
naissance au sentiment que seuls les Blancs sont racistes
ou qu'ils seraient plus racistes que les autres groupes
ethniques. Dans l'esprit des personnes appartenant à
des minorités ethniques, elle a répandu la
croyance que les Blancs étaient moralement inférieurs
aux autres groupes ethniques, et ces personnes ont trouvé
dans leur statut de victimes du racisme des blancs un sentiment
de supériorité morale.
Actuellement,
"le racisme" sous-entend systématiquement
"le racisme des Blancs", et exclut implicitement
la possibilité que nous soyons parfois victimes de
racisme. Pour cette raison, nous ne devrions tolérer
que la dénonciation de "toutes les formes de
racisme" ou "des racismes". Le racisme dont
nous sommes l'objet devrait clairement être identifié
comme le "racisme anti-blanc" car pour qu'il y
est prise de conscience de ce phénomène, il
doit être spécifiquement nommé, comme
l'est l'antisémitisme pour les Juifs.
La
leçon de l'étude menée par Jennifer
Richeson et Nicole
Shelton, est que le discours anti-raciste qui domine
actuellement dans les pays occidentaux, loin d'être
généreux, est profondement interessé,
qu'il est déterminé par l'ethnocentrisme des
personnes qui le pratique et qu'il s'apparente le plus souvent
à une inquisition des seuls Blancs. La prise de conscience
de cet ethnocentrisme est nécessaire, tant pour comprendre
les positions -qui autrement peuvent parfois nous sembler
contradictoires- des représentants des communautés
ethniques et que pour lutter efficacement contre la propagation
des préjugés typiques du racisme anti-blanc.
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