| 17 Lieu :
Sur mon
lieu de travail
Type
dagression :
Harcèlement
raciste
Méthode :
Chantage
racial, inversion des culpabilité
Jallais prendre mes
fonctions dans une nouvelle direction. Avec dautres
nouveaux, nous visitions, lun après lautre,
les différents services et faisions connaissance avec
nos nouveaux collègues. Enfin nous sommes arrivés à la
porte dun des bureaux. Trois blacks sy tenaient,
dont jallais apprendre quon les surnommait,
"le gang des antillaises". Elles avaient réussi
à manuvrer pour se retrouver entre elles.
Dès la
porte de leur service, un petit poème
punaisé sur un tableau de liège
souhaitait la bienvenue aux blancs :
"Cher
Ami Blanc
Quand
je suis né, jétais noir
Quand jai grandi, jétais
noir
Quand je vais au soleil, je suis noir
Quand jai peur, je suis noir
Quand je suis malade, je suis noir
Quand je mourrais, je serais noir
Tandis
que toi, homme blanc
Quand
tu es né, tu étais rose
Quand tu as grandi, tu es devenu blanc
Quand tu vas au soleil, tu es rouge
Quand tu as peur, tu es vert
Quand tu mourras, tu seras gris
Et
après ça !!!
Tu as le toupet de mappeler
"homme de couleur".
Aimée
de Ribaut "
Charmante ambiance !
Trois "personnes de couleur", complètement imbues
delles-mêmes, affichaient ouvertement leur racisme
dès la porte dentrée. En temps que blancs, en lisant
cela, on se sentait tout de suite à laise. Le poème
fixait les rôles : Les blancs étaient supposés être
des racistes et les noirs être des victimes. Dans ce contexte,
qui établissait une discrète forme de chantage racial,
tout blanc amené à travailler avec ces personnes allait
devoir se montrer docile sous peine dêtre taxé de
"racisme".
Par chance, on ne maffecta
pas à ce service mais par la suite, jeus loccasion
de constater que dautres noirs de la direction avaient,
eux aussi, affiché ce poème dans leurs bureaux. Si on
était blanc, on navait pas commencé à travailler
avec ces noirs quon était déjà taxé de racisme.
Si le gang
des antillaises avait eu un problème
avec un collègue blanc, rien ne les
empêchait de lui glisser le poème dans
un tiroir. En affichant ce poème, au
contraire, cest leur racisme
antiblanc quelles manifestaient
ouvertement.
Pour comprendre la nature
de ce racisme, il faut comprendre de quelle façon fonctionne
le racisme des noirs. Jai eu loccasion de
le comprendre aux Etats-Unis lors dune discussion
sur le sujet avec un collègue noir qui ma dit :
"nous les noirs, nous sommes peut être racistes,
mais nous sommes de meilleurs racistes que les blancs,
car nous ne nous croyons pas supérieurs aux autres".
Ce qui avait échappé à ce collègue, cest que meilleur
est un superlatif.
Les noirs,
et la plupart des membres dautres
groupes ethniques, lorsquils sont
en minorité, ne se croient pas
physiquement ou intellectuellement
supérieurs aux autres. Ils croient que
leur statut de "victimes" leur
confère une supériorité MORALE sur les
autres. Cest précisément ce
sentiment que trahit le poème. C'est
précisement au nom de cette
supériorité qu'on faisait la morale aux
blancs dès la porte d'entrée...
Aucun blanc moi pas
plus quun autre à lépoque - navait envie
de faire un scandale mais lorsque nous avons échangé nos
impressions "entre blancs", le poème est revenu
spontanément à lesprit. Cest la future chef
de service du gang des antillaises qui a le mieux résumé
notre sentiment commun :
-
Quand tas vu ce quil y a à
la porte, tu sais à qui tu as
affaire
"
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