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Lieu : Sur mon lieu de travail
Type d’agression :
Harcèlement raciste
Méthode :
Chantage racial, inversion des culpabilité

J’allais prendre mes fonctions dans une nouvelle direction. Avec d’autres nouveaux, nous visitions, l’un après l’autre, les différents services et faisions connaissance avec nos nouveaux collègues. Enfin nous sommes arrivés à la porte d’un des bureaux. Trois blacks s’y tenaient, dont j’allais apprendre qu’on les surnommait, "le gang des antillaises". Elles avaient réussi à manœuvrer pour se retrouver entre elles.

Dès la porte de leur service, un petit poème punaisé sur un tableau de liège souhaitait la bienvenue aux blancs :

"Cher Ami Blanc

Quand je suis né, j’étais noir
Quand j’ai grandi, j’étais noir
Quand je vais au soleil, je suis noir
Quand j’ai peur, je suis noir
Quand je suis malade, je suis noir
Quand je mourrais, je serais noir

Tandis que toi, homme blanc

Quand tu es né, tu étais rose
Quand tu as grandi, tu es devenu blanc
Quand tu vas au soleil, tu es rouge
Quand tu as peur, tu es vert
Quand tu mourras, tu seras gris

Et après ça !!!
Tu as le toupet de m’appeler "homme de couleur".

Aimée de Ribaut "

Charmante ambiance ! Trois "personnes de couleur", complètement imbues d’elles-mêmes, affichaient ouvertement leur racisme dès la porte d’entrée. En temps que blancs, en lisant cela, on se sentait tout de suite à l’aise. Le poème fixait les rôles : Les blancs étaient supposés être des racistes et les noirs être des victimes. Dans ce contexte, qui établissait une discrète forme de chantage racial, tout blanc amené à travailler avec ces personnes allait devoir se montrer docile sous peine d’être taxé de "racisme".

Par chance, on ne m’affecta pas à ce service mais par la suite, j’eus l’occasion de constater que d’autres noirs de la direction avaient, eux aussi, affiché ce poème dans leurs bureaux. Si on était blanc, on n’avait pas commencé à travailler avec ces noirs qu’on était déjà taxé de racisme.

Si le gang des antillaises avait eu un problème avec un collègue blanc, rien ne les empêchait de lui glisser le poème dans un tiroir. En affichant ce poème, au contraire, c’est leur racisme antiblanc qu’elles manifestaient ouvertement.

Pour comprendre la nature de ce racisme, il faut comprendre de quelle façon fonctionne le racisme des noirs. J’ai eu l’occasion de le comprendre aux Etats-Unis lors d’une discussion sur le sujet avec un collègue noir qui m’a dit : "nous les noirs, nous sommes peut être racistes, mais nous sommes de meilleurs racistes que les blancs, car nous ne nous croyons pas supérieurs aux autres". Ce qui avait échappé à ce collègue, c’est que meilleur est un superlatif.

Les noirs, et la plupart des membres d’autres groupes ethniques, lorsqu’ils sont en minorité, ne se croient pas physiquement ou intellectuellement supérieurs aux autres. Ils croient que leur statut de "victimes" leur confère une supériorité MORALE sur les autres. C’est précisément ce sentiment que trahit le poème. C'est précisement au nom de cette supériorité qu'on faisait la morale aux blancs dès la porte d'entrée...

Aucun blanc – moi pas plus qu’un autre à l’époque - n’avait envie de faire un scandale mais lorsque nous avons échangé nos impressions "entre blancs", le poème est revenu spontanément à l’esprit. C’est la future chef de service du gang des antillaises qui a le mieux résumé notre sentiment commun :

- Quand t’as vu ce qu’il y a à la porte, tu sais à qui tu as affaire…"

 
 
   
 
 
 

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