LE RACISME ANTIBLANC
Persécution au Zimbabwe

accueil 06 Août 2002
Persécutions au Zimbabwe

L'échéance approche pour les Fermiers

L'échéance approche pour les fermiers blancs du Zimbabwe.

Par Basildon Peta

Ils se sont réunis autour de la table de cuisine de Cathy Buckle pour se dire au revoir. Mme Buckle et un autre fermier blanc, Thomas Martin, sa femme ainsi que les deux derniers employés noirs de Monsieur Martin

"Les yeux de toutes les personnes réunies autour de la table étaient remplis de larmes tandis qu'ils [Monsieur et Madame Martin] payaient leurs deux derniers employés," disait, hier, Madame Buckle. "Ils avaient tant partagé et je pouvais à peine supporter de regarder leurs dernières poignées de mains et leurs adieux."

Alors que l'échéance du 8 août approche pour que près de 3000 fermiers blancs du Zimbabwe quittent leurs fermes et les abandonnent aux partisans de Robert Mugabe, Monsieur Martin n'avait pas grand chose emporter pour son expulsion imminente à part ,peut-être, quelques vêtements.

Il a perdu tout espoir et toute envie de continuer à se battre pour sa terre. Ce samedi, lui et sa femme partent en Nouvelle-Zélande pour commencer une nouvelle vie.

La ferme de Monsieur Martin, près de Marondera, dans le Mashonaland-est, dont il est propriétaire depuis 23 ans, a été occupée par les militants du président Robert Mugabe l'an dernier et ils ont pillé tout ce qui leur tombait sous la main.

Monsieur Martin, âgé de 67 ans, a perdu tout ce pour quoi il a travaillé: sa ferme, les clôtures, sa plantation d'arbre, les bâtiments de ferme, les barrages, les vaches, les réservoirs, les tracteurs, les labours, le fuel et les outils. Il a perdu toutes ses canes pondeuses, leur nourriture et les équipements par la même occasion. Pour Madame Buckle: "Il n'y a pas eut la moindre indication que le gouvernement va changer d'avis et arrêter cette situation catastrophique. Même le fait que 6 millions de personnes affamées ont déjà besoin de nourriture ne le découragera pas."

Les fermiers commerciaux ont reçu l'ordre de cesser toute activité agricole le 10 mai. On leur a donné 45 jours à compter de cette date pour évacuer leur propriété ou risquer deux ans de prison. L'échéance arrive à son terme le 8 août et les expulsions devraient commencer le 10 août.

Contrairement aux Martins, Cathy Buckle, Cathy Buckle attend Les huissiers avec défi. "Je n'irais nul part jusqu'à ce qu'ils me jettent dehors," a-t-elle déclaré hier.

Le Mozambique, un pays voisin, a offert aux fermiers blancs qui fuient des lots de terres à louer net d'impôt. Une vingtaine a accepté cette offre. Pas le fermier Collin Shandy. Recommencer n'est pas pour lui, dit-il. "Où puis-je aller? Je suis Zimbabwéen et la seule différence est que je ne suis pas noir…"

"J'ai cultivé la terre pendant 40 ans. Ma ferme est ma seule retraite et ma seule assurance. Je ne suis pas propriétaire d'une autre maison que ma ferme."

Jenni Williams, la porte-parole de Justice pour l'Agriculture (JAG) un organisme qui se bât pour le droit des fermiers, déclare qu'au moins 60 pour cent des fermiers blancs qui sont encore là sont prêt à défier l'ordre de quitter leurs propriétés samedi.

"Il n'y a aucune indication que les fermiers seront autorisés à rester sur leurs fermes," a déclaré Madame Williams, "Il y a des signes que la force de la loi s'abattra sur tous les fermiers qui restent dans leurs maisons après samedi."

On ne sait pas avec certitude de quelle façon le gouvernement de Robert Mugabe va s'occuper des fermiers qui ne respectent pas l'échéance. Un porte-parole de la police, Wayne Bvudzijena, a récemment été cité déclarant que la police se mobilisait pour des expulsions de masse.

La politique de réforme agraire de Robert Mugabe, qui s'est traduite par la saisie des fermes des blancs par les membres de sa famille, ses amis ou ses hommes de main au dépend des noirs sans terre, a exacerbé la crise alimentaire au Zimbabwe, qui empire de jour en jour.

Madame Buckle et Monsieur Shandy sont d'accord sur le besoin d'une redistribution des terres au Zimbabwe, où les blancs contrôlent plus de 65 % des 10 millions d'acres de terres agricoles de premier choix.

Mais ils veulent une politique de réforme agraire faite dans la transparence et viable, qui n'appauvrissent pas encore plus le Zimbabwe. Si on leur avait offert une juste compensation pour leurs terres, ils disent qu'ils l'auraient probablement donné sans discussion. Mais pas de la façon dont Mugabe veut les choses…

"Seul un miracle va empêcher l'expulsion en masse des fermiers le 10 août" déclare madame Buckle, "si vous êtes croyant, je vous demande humblement de prier pour nous, pour les milliers d'employés agricoles et leurs familles."

 

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Références
  • 06 Août 2002 - The Independent - "Deadline looms for Zimbabwe's White Farmer's" par Basildon Peta 
  • 07 août 2002 - Business day - "Farm eviction deadline looms"
  • 07 août 2002 - New Zealand Herald - "Zimbabwe farmers say goodbyes before eviction"
  • 07 août 2002 - SwissInfo - "Zimbabwe farmers say goodbyes before eviction" By Stella Mapenzauswa

Autres sites


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