| La saisie
des terres par Mugabe laisse 140 000 personnes
dans l'embarras. 09-12-2000 par David Blair
à Chiwiti, Zimbabwe
Des
dizaines de milliers de villageois Zimbabwéens
se battent pour gagner leur vie dans les collines
accidentées du nord d'Harare après avoir
souffert de l'acquisition des terres dont le
président Robert Mugabe déclarait qu'il
transformerait leurs vies.
Au moins
40 000 employés noirs sont devenus des
réfugiés sans abris et 100 000 autres ont perdu
leurs emplois de puis que la saisie des terres
des fermiers blancs a commencé. Le programme de
repeuplement a été lancé en juillet et les
autorités déclarent avoir donné les terres à
50 000 personnes. Cependant, ce plan a créé
trois fois plus de perdants, et la cour suprême
a déclaré illégal ce programme, à cause
duquel plus de trois cent fermes ont été
saisies jusqu'ici. Des milliers de personnes sans
abris ont inondé les collines de la commune de
Makinde, à 160 kilomètres au nord ouest
d'Harare.
Mélusi
Bisenji, 27 ans perdu son travail d'employé à
l'irrigation lorsque la ferme appartenant à un
blanc a été saisie en octobre. Aucun des 300
employés de la ferme n'a obtenu de terre du
gouvernement. Monsieur Bisenji est retourné
vivre avec ses parents au village de Chitiwi, et
la famille gagne difficilement sa vie sur
quelques hectares de terre sèche. La ferme
appartenant à des blancs, prés de Rattingora, a
été sa maison pendant 21 ans, et il
fréquentait l'école fondée par son employeur.
Monsieur Bisenji a déclaré : "je
survie avec mes parents, mais il n'y a ni école,
ni clinique, peu de nourriture - rien."
Alors que
la saisie des terres de Mugabe s'accélère, plus
de 2 millions de personnes qui vivent dans des
fermes appartenant à des blancs courent
désormais un risque. Le gouvernement déclare
qu'on donnera des terres aux travailleurs
déplacés, mais le dirigeant de la "Farm
Workers Union" (N.D.T: Syndicat des
employés de ferme) dit que les promesses ne sont
pas tenues. "C'est une
situation désastreuse, ils ne créent que de la
pauvreté" un fermier cite
l'exemple d'une ferme près de Centenary où 600
employés ont perdu leur travail lorsque la
propriété a été saisie, et dont seulement
trois ont obtenu de la terre ailleurs.
"Ils
parlent de la façon dont l'homme blanc est venu,
a pris la terre et a viré les Noirs. Maintenant,
ils prennent la terre et virent les plus pauvres
des pauvres. Est-ce que c'est pas juste la même
chose?" Les plus pauvres
vont aussi porter le poids du coût de la
politique des terres de Monsieur Mugabe. Après
prés de dix mois d'un harcelement incessant par
les squatteurs, qui occupent encore 1 000
propriétés, les fermiers vont produire 40% de
maïs en moins l'an prochain.
La
commercial farmer's Union prévoit une chute de
la production à 600 000 tonnes l'an prochain,
comparée à plus d'un million de tonnes cette
année. La spirale de la crise économique a pour
effet que le Zimbabwe sera incapable de se payer
des importations pour couvrir ce déficit, et une
grande pénurie alimentaire est quasiment
inévitable...
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